Sonatrach renforce sa présence en Allemagne à travers trois engagements portant sur le gaz naturel, l’hydrogène vert et les technologies énergétiques. Le groupe public algérien a signé deux protocoles d’accord avec Siemens Energy Global GmbH & Co. KG et Robert Bosch (Pty) Ltd, ainsi qu’un contrat d’approvisionnement en gaz naturel avec la compagnie allemande VNG.
Ces signatures sont intervenues dans le cadre de la visite officielle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en Allemagne. Elles traduisent la volonté des deux pays d’élargir leur coopération énergétique au-delà des échanges traditionnels de gaz, en intégrant progressivement la transition énergétique, la décarbonation industrielle et le développement de nouvelles chaînes de valeur.
Sonatrach et Siemens Energy explorent de nouvelles coopérations industrielles
Le premier protocole d’accord conclu par Sonatrach porte sur une coopération avec Siemens Energy dans plusieurs domaines industriels et technologiques. Les deux groupes souhaitent notamment examiner les possibilités de collaboration dans la maintenance et la réparation des équipements, la formation, les solutions de compression et le développement de l’hydrogène vert.
Les parties prévoient également de mobiliser conjointement leurs experts afin de concevoir des solutions technologiques destinées à améliorer la performance des installations. La digitalisation et la maintenance prédictive figurent parmi les principaux domaines étudiés.
La maintenance prédictive repose sur l’analyse des données provenant des équipements industriels afin d’anticiper les pannes et de planifier plus efficacement les interventions. Pour Sonatrach, le développement de ces solutions pourrait contribuer à optimiser la disponibilité des installations, à réduire les arrêts imprévus et à renforcer la maîtrise technologique de ses activités.
Le protocole prévoit également d’explorer le développement local de chaînes de valeur liées à l’acier vert et à l’ammoniac vert. Ces deux filières occupent une place croissante dans les stratégies internationales de décarbonation des industries lourdes. L’accord reste toutefois un cadre destiné à identifier des projets potentiels et ne constitue pas encore l’annonce d’investissements industriels définitivement engagés.
Un protocole avec Bosch consacré à l’hydrogène vert
Sonatrach a également signé un protocole d’accord avec Bosch afin d’étudier les possibilités de coopération dans le domaine de l’hydrogène vert.
Les discussions porteront notamment sur la production d’hydrogène en Algérie, ainsi que sur la fabrication d’électrolyseurs. Ces équipements permettent de produire de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité. Lorsque l’électricité utilisée provient de sources renouvelables, l’hydrogène produit est qualifié de vert.
La fabrication locale d’électrolyseurs représenterait un enjeu industriel important pour l’Algérie. Elle pourrait permettre au pays de ne pas limiter son positionnement à la production et à l’exportation d’hydrogène, mais aussi de développer des compétences et des capacités industrielles sur une partie stratégique de la chaîne de valeur.
Le protocole prévoit par ailleurs un échange d’expertise et de connaissances techniques entre les deux entreprises. À ce stade, il s’agit néanmoins d’examiner les opportunités de partenariat. Le document signé ne doit donc pas être présenté comme un contrat de construction d’usine ou comme le lancement immédiat d’une unité de production.
Sonatrach Allemagne : davantage de gaz livré à VNG dès 2027
En parallèle des deux protocoles d’accord, Sonatrach et VNG ont signé un véritable contrat d’approvisionnement en gaz naturel. Celui-ci prévoit une augmentation des livraisons destinées au marché allemand à partir du 1er janvier 2027.
Cette distinction est importante : contrairement aux textes conclus avec Siemens Energy et Bosch, qui fixent des perspectives de coopération, l’engagement avec VNG concerne directement la fourniture de gaz naturel.
Ce contrat permet à Sonatrach de renforcer sa relation commerciale avec un acteur important du marché énergétique allemand. Il confirme également la place que l’Algérie cherche à occuper dans la diversification des approvisionnements européens.
Sonatrach avait par ailleurs livré, au début du mois de juillet 2026, une première cargaison de gaz naturel liquéfié à destination de l’Allemagne, selon les informations répertoriées par l’APS. Le nouveau contrat avec VNG s’inscrit ainsi dans une relation énergétique qui prend progressivement de l’ampleur.
Une coopération qui dépasse les hydrocarbures traditionnels
Sonatrach et VNG collaborent déjà dans le cadre de plusieurs initiatives liées à l’hydrogène. Les deux entreprises sont partenaires des projets Algeria to Europe Hydrogen Alliance, également appelé ALTEH2A, et SoutH2 Corridor.
Ces projets visent à accompagner la production d’hydrogène en Algérie et son acheminement vers les marchés européens. Les deux groupes sont aussi liés par un mémorandum d’entente portant notamment sur l’hydrogène vert et la réduction des émissions de méthane.
La relation entre Sonatrach et ses partenaires allemands se développe donc sur deux horizons complémentaires. À court terme, le gaz naturel demeure un pilier des échanges énergétiques. À plus long terme, l’hydrogène vert, l’ammoniac vert, l’acier bas carbone et les technologies de décarbonation pourraient ouvrir de nouvelles perspectives industrielles.
Des opportunités pour l’industrie et les compétences locales
Les protocoles conclus avec Siemens Energy et Bosch présentent un intérêt particulier pour l’économie algérienne, car ils abordent non seulement la production énergétique, mais aussi la formation, la maintenance, la fabrication d’équipements et le transfert de connaissances.
Leur portée économique dépendra cependant des projets concrets qui seront définis par les différentes parties. La transformation de ces protocoles en contrats, en investissements ou en unités industrielles constituera la prochaine étape à suivre.
En réunissant des acteurs comme Siemens Energy, Bosch et VNG, Sonatrach cherche à consolider ses débouchés commerciaux tout en préparant son positionnement dans les nouvelles filières énergétiques. Cette stratégie pourrait également favoriser l’émergence de partenariats industriels capables de créer davantage de valeur localement.
Un partenariat énergétique algéro-allemand en pleine évolution
Les trois signatures montrent que la coopération entre l’Algérie et l’Allemagne ne se limite plus à la vente de gaz naturel. Elle s’étend désormais aux technologies industrielles, à la digitalisation des installations, à la formation et au développement de l’hydrogène vert.
Le contrat avec VNG apporte une dimension commerciale immédiate, avec l’augmentation programmée des livraisons de gaz en 2027. Les protocoles avec Siemens Energy et Bosch ouvrent, quant à eux, des perspectives à plus long terme dans la transition énergétique et la création de chaînes de valeur industrielles.
Pour Sonatrach, l’enjeu consiste désormais à transformer ces cadres de coopération en projets concrets, capables de renforcer les capacités technologiques du groupe et de soutenir le développement d’une industrie énergétique plus diversifiée en Algérie.
Sources : APS / Algérie Eco / Sonatrach
Algerian Business suit de près les partenariats énergétiques, les investissements industriels et les projets de transition énergétique qui renforcent la place de l’Algérie sur les marchés internationaux.



