La préqualification OMS en Algérie devient un nouvel axe de développement pour l’industrie pharmaceutique nationale. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a appelé les entreprises du secteur à s’engager davantage dans ce programme afin de renforcer la présence des produits algériens sur les marchés extérieurs.
Cette orientation a été mise en avant lors d’une session de formation organisée à Alger pour accompagner les opérateurs économiques dans leurs démarches auprès de l’Organisation mondiale de la Santé. L’objectif est notamment de mieux préparer les fabricants aux exigences techniques et réglementaires associées à cette procédure.
La préqualification de l’OMS comme levier pour l’industrie pharmaceutique algérienne
Pour les autorités, la préqualification ne constitue pas uniquement une procédure réglementaire. Elle doit également devenir un argument commercial pour les entreprises algériennes capables de démontrer que leurs produits répondent à des standards internationaux élevés en matière de qualité, d’efficacité et de sécurité.
Le processus repose notamment sur l’examen des dossiers des produits, des sites de fabrication, des données cliniques ainsi que des éléments relatifs à la bioéquivalence. Il permet à l’OMS d’évaluer si un médicament ou un vaccin répond aux critères requis pour certains programmes et achats internationaux.
Obtenir une préqualification ne signifie toutefois pas qu’un laboratoire accédera automatiquement à de nouveaux marchés. Elle peut néanmoins constituer un avantage important pour gagner en crédibilité auprès des autorités sanitaires, des acheteurs institutionnels et des partenaires internationaux.
Un accès potentiellement facilité aux marchés étrangers
L’un des principaux enjeux concerne l’enregistrement des médicaments algériens dans les pays importateurs. Selon les autorités, la préqualification pourrait faciliter ou accélérer certaines procédures réglementaires, notamment sur les marchés où les standards internationaux jouent un rôle important dans les décisions d’achat.
Cette perspective intéresse particulièrement les industriels algériens qui cherchent à développer leurs exportations au-delà du marché national. L’objectif est de transformer progressivement les capacités de production existantes en une présence commerciale plus importante à l’étranger.
Le continent africain constitue l’un des principaux marchés ciblés, dans un contexte où les besoins en médicaments, en vaccins et en produits de santé restent importants dans de nombreux pays.
La ZLECAf ouvre de nouvelles perspectives en Afrique
La dynamique créée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) peut également offrir de nouvelles opportunités aux fabricants algériens.
En améliorant leur conformité aux standards internationaux, les laboratoires nationaux pourraient être mieux positionnés pour répondre aux exigences des marchés africains et développer des partenariats commerciaux à l’échelle continentale.
L’enjeu ne se limite donc pas à exporter davantage. Il s’agit également de renforcer la capacité des entreprises algériennes à s’intégrer dans des chaînes de valeur pharmaceutiques régionales et à participer à des appels d’offres ou à des programmes d’approvisionnement internationaux.
Le « Made in Algeria » comme argument commercial
Le gouvernement souhaite également renforcer la perception du Made in Algeria dans le secteur pharmaceutique.
La certification et la conformité aux standards internationaux peuvent contribuer à rassurer les acheteurs et les autorités sanitaires sur la qualité des produits fabriqués localement. Dans un secteur fortement réglementé, la réputation industrielle et la traçabilité constituent des éléments déterminants dans l’accès aux marchés.
Pour les entreprises algériennes, cette montée en gamme peut donc devenir un outil de différenciation commerciale face à la concurrence internationale.
Faire des exportations pharmaceutiques un relais hors hydrocarbures
Le développement des exportations pharmaceutiques s’inscrit également dans la stratégie plus large de diversification de l’économie algérienne.
Les autorités souhaitent faire de l’industrie pharmaceutique l’un des secteurs capables de contribuer davantage aux exportations hors hydrocarbures. L’Algérie dispose déjà d’une base industrielle importante dans la production de médicaments et cherche désormais à valoriser davantage ces capacités sur les marchés internationaux.
Le défi sera de transformer cette capacité de production en volumes exportés de manière régulière et compétitive.
Des exigences techniques et réglementaires plus élevées
L’accès à de nouveaux marchés implique toutefois des exigences importantes pour les industriels.
Les laboratoires doivent renforcer leurs systèmes qualité, leurs procédures de production, leur documentation réglementaire et leur maîtrise des normes internationales. La préqualification de l’OMS suppose également une préparation rigoureuse des dossiers et des sites de fabrication.
La session organisée à Alger vise précisément à accompagner les opérateurs dans ces différentes étapes et à améliorer leurs compétences techniques et réglementaires.
De nouvelles opportunités commerciales pour les fabricants algériens
Le représentant de l’OMS en Algérie, Phanuel Habimana, a estimé que cette démarche pourrait renforcer la crédibilité de l’industrie pharmaceutique algérienne sur les marchés national et international.
Elle pourrait également favoriser le développement des capacités de production, l’amélioration des compétences et l’accès à de nouvelles opportunités commerciales, notamment en Afrique.
Les entreprises algériennes ont par ailleurs été invitées à participer à une réunion conjointe de l’OMS, de l’UNICEF et du Fonds des Nations Unies pour la population, prévue du 9 au 12 novembre à Lyon. Cette rencontre doit réunir plusieurs organisations internationales et fabricants de produits de santé.
L’internationalisation devient un nouvel enjeu pour le secteur
Après plusieurs années consacrées au renforcement de la production locale et à la réduction de la dépendance aux importations, l’industrie pharmaceutique algérienne cherche désormais à renforcer sa présence à l’étranger.
La préqualification de l’OMS peut constituer l’un des outils permettant aux entreprises nationales de franchir cette nouvelle étape. Son impact dépendra toutefois du nombre de produits effectivement préqualifiés, de la capacité des industriels à répondre aux exigences internationales et de leur compétitivité sur les marchés ciblés.
L’enjeu est désormais de transformer les capacités industrielles développées en Algérie en une présence commerciale durable sur les marchés africains et internationaux.
Algerian Business suit de près l’évolution de l’industrie pharmaceutique algérienne, sa montée en gamme et son développement sur les marchés internationaux.
Sources : Ministère de l’Industrie pharmaceutique, OMS, APS, Algérie Eco.



