L’Algérie renforce le contrôle de ses importations après la publication de données jugées préoccupantes sur les programmes prévisionnels d’importation, ou PPI, du second semestre 2026. Une réunion présidée par le chef de l’État a été consacrée à l’examen des dossiers et aux mesures à prendre contre les opérateurs soupçonnés d’avoir transmis de fausses déclarations.
Selon les données rendues publiques par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, 3 961 opérateurs employant entre zéro et cinq salariés ont déclaré des besoins d’importation atteignant au total 130,32 milliards de dollars.
Les importations sous surveillance après 130,32 milliards de dollars de demandes
Le niveau cumulé des demandes a attiré l’attention des autorités, compte tenu du profil des entreprises concernées.
Les dossiers examinés portent sur les programmes prévisionnels d’importation de matières premières et d’intrants de production pour le deuxième semestre 2026.
À ce stade, les autorités évoquent des soupçons de fausses déclarations. Il ne s’agit donc pas d’affirmer que l’ensemble des 3 961 opérateurs ont commis une fraude avérée.
Une réunion au plus haut niveau
La réunion a rassemblé plusieurs responsables directement impliqués dans la gestion du commerce extérieur et des flux financiers.
Étaient notamment présents le Premier ministre Sifi Ghrieb, le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations Kamel Rezig, la ministre du Commerce intérieur Amel Abdellatif, le ministre des Finances Mohamed Lamine Lebbou, le directeur général des Douanes Abdelhafid Bakhouche et le gouverneur de la Banque d’Algérie Mohand Bourai.
La présence conjointe des Douanes, de la Banque d’Algérie et des ministères économiques traduit l’importance accordée au contrôle de ces demandes.
Les fausses déclarations dans le viseur
La Présidence a indiqué que la réunion devait permettre de prendre les mesures nécessaires à l’encontre des auteurs de fausses déclarations.
L’objectif affiché est de protéger l’économie nationale et les ressources publiques face à d’éventuelles demandes artificiellement gonflées ou non justifiées.
Dans ce contexte, les programmes prévisionnels d’importation deviennent un outil central de contrôle et de suivi des besoins déclarés par les opérateurs économiques.
Un enjeu direct pour les réserves et les paiements extérieurs
Le contrôle des importations ne relève pas seulement d’une question administrative.
Les demandes d’importation peuvent avoir un impact direct sur les besoins en devises, sur les paiements internationaux et sur la gestion des flux financiers liés au commerce extérieur.
Des montants déclarés sans rapport avec l’activité réelle d’une entreprise peuvent donc créer des tensions sur les mécanismes de financement et compliquer la planification des importations.
Le profil des opérateurs soulève des interrogations
L’un des éléments les plus marquants concerne la taille des entreprises ayant déposé les demandes.
Les 3 961 opérateurs concernés emploient entre zéro et cinq salariés. Pris ensemble, leurs besoins déclarés atteignent néanmoins 130,32 milliards de dollars.
Ce décalage entre la taille des structures et la valeur cumulée des demandes constitue l’un des principaux éléments ayant déclenché l’examen approfondi des dossiers.
Vers un durcissement des contrôles
La séquence actuelle pourrait conduire à un renforcement des vérifications sur les opérateurs qui sollicitent des autorisations ou validations d’importation.
Les contrôles pourraient notamment porter sur la cohérence entre l’activité réelle de l’entreprise, ses capacités de production, ses besoins en intrants et les montants déclarés.
À ce stade, les mesures précises qui seront appliquées n’ont pas encore été détaillées.
Un sujet central pour le commerce extérieur
La gestion des importations reste un enjeu important pour l’économie algérienne.
Les autorités cherchent à mieux encadrer les flux tout en maintenant l’accès des entreprises aux matières premières et aux équipements nécessaires à leur activité.
L’enjeu consiste donc à éviter les abus sans pénaliser les opérateurs disposant de besoins réels et justifiés.
La transparence devient un enjeu majeur
Cette affaire met également en lumière l’importance de la qualité des données déclarées par les entreprises.
Dans un système davantage numérisé et centralisé, les incohérences peuvent être plus facilement détectées et croisées avec d’autres informations administratives, fiscales ou bancaires.
Le renforcement de la transparence pourrait ainsi devenir un levier important pour améliorer la gouvernance du commerce extérieur.
Une procédure encore en cours
Les autorités ont annoncé des mesures, mais aucune liste détaillée d’opérateurs sanctionnés ni aucune décision individuelle n’a encore été communiquée dans les éléments disponibles.
Il faudra donc suivre les prochaines annonces pour connaître la nature exacte des sanctions ou restrictions qui pourraient être mises en place.
L’affaire pourrait également conduire à une évolution des règles encadrant les programmes prévisionnels d’importation dans les prochains mois.
Algerian Business suit de près l’évolution des règles du commerce extérieur, des importations et des mécanismes de contrôle ayant un impact direct sur les entreprises en Algérie.
Sources : Présidence de la République, ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Algérie Eco.



