Le commerce extérieur de l’Algérie reste fortement orienté vers l’Union européenne. En 2025, les pays de l’UE à 27 ont représenté 68 % des exportations algériennes, selon les données de l’International Trade Centre reprises dans la fiche-pays 2026 de l’ICEX España Exportación e Inversiones.
L’Italie occupe la première place parmi les clients de l’Algérie avec 25 % des exportations, devant l’Espagne avec 15,8 % et la France avec 13 %. Hors Union européenne, la Corée du Sud représente 8,3 %, les États-Unis 5,3 %, le Royaume-Uni 4,9 %, la Turquie 3,3 %, la Chine 3,1 % et le Brésil 2,9 %. Le reste de l’Union européenne représente 10,7 %.
Au total, les exportations algériennes se sont établies à 44,26 milliards de dollars en 2025, soit une baisse de 14,7 % par rapport à l’année précédente.
L’Italie devient le premier client de l’Algérie
La place de l’Italie confirme le poids des relations économiques entre les deux pays. Avec 25 % des exportations algériennes, le marché italien arrive nettement devant l’Espagne et la France.
Cette concentration montre également l’importance de l’Europe dans les débouchés commerciaux de l’Algérie. À eux seuls, les pays de l’Union européenne captent plus des deux tiers des exportations nationales.
Cette structure reste néanmoins très liée au poids des hydrocarbures, qui constituent encore l’essentiel des ventes algériennes à l’étranger.
Les hydrocarbures représentent 39,42 milliards de dollars
Les combustibles et huiles minérales ont représenté 39,42 milliards de dollars d’exportations en 2025. Il s’agit de loin du premier poste du commerce extérieur algérien.
La valeur de ces exportations a toutefois reculé de 18,4 % par rapport à 2024. Cette baisse explique une grande partie du recul global des exportations enregistré sur l’année.
La dépendance aux hydrocarbures reste donc forte, même si plusieurs segments hors hydrocarbures affichent parallèlement des progressions importantes.
Les engrais progressent de 56,4 %
Les exportations d’engrais ont atteint 1,47 milliard de dollars en 2025, en hausse de 56,4 % sur un an. Cette progression place le secteur parmi les principaux moteurs de diversification des ventes extérieures.
Les produits sidérurgiques ont également enregistré une hausse marquée. Leurs exportations ont atteint 988,4 millions de dollars, soit une progression de 40,9 %.
Dans le même temps, les produits chimiques inorganiques ont représenté 876,8 millions de dollars, en hausse de 46,9 %.
Le cuivre bondit de 597,4 %
Certaines catégories affichent des progressions encore plus spectaculaires, même sur des montants plus limités.
Les exportations de cuivre et dérivés ont atteint 142,3 millions de dollars, soit une hausse de 597,4 %. Les ventes de fruits et fruits à coque ont, de leur côté, progressé de 109,3 %, pour atteindre 186,4 millions de dollars.
Ces évolutions montrent que plusieurs filières hors hydrocarbures commencent à prendre davantage de poids dans le commerce extérieur de l’Algérie, même si elles restent encore très loin du niveau des exportations énergétiques.
La Chine reste le premier fournisseur de l’Algérie
Du côté des importations, la Chine occupe la première place avec 28,5 % des achats extérieurs de l’Algérie.
L’Union européenne à 27 représente, pour sa part, 38,6 % des importations algériennes. La France compte pour 9,8 %, l’Italie pour 7,4 %, la Turquie et l’Allemagne pour 5 % chacune, tandis que l’Espagne représente 4,9 %.
Le Brésil pèse 4,8 %, les États-Unis 2,6 %, tandis que l’Égypte et l’Argentine représentent 2,4 % chacun. Le reste du monde compte pour 15,7 %.
Au total, les importations algériennes ont atteint 48,78 milliards de dollars en 2025, en hausse de 3 % sur un an.
Les machines représentent 7,84 milliards de dollars d’importations
Les machines et appareils mécaniques constituent le premier poste d’importation avec 7,84 milliards de dollars, en progression de 18,1 %.
Les véhicules automobiles et tracteurs arrivent ensuite avec 5,92 milliards de dollars, soit une hausse de 100,5 %. Cette évolution traduit une forte progression des achats automobiles sur l’année.
Les appareils et matériels électriques représentent également un volume important, avec 3,73 milliards de dollars d’importations, en hausse de 18 %.
Les importations de céréales reculent de 41,6 %
À l’inverse, les importations de céréales ont diminué de 41,6 %, pour s’établir à 2,69 milliards de dollars.
Les achats de lait, produits laitiers et œufs ont atteint 1,7 milliard de dollars, en hausse de 8,7 %. Les matières plastiques et produits en plastique ont reculé de 17 %, à 2,57 milliards de dollars.
Les importations de produits pharmaceutiques ont également baissé de 26,2 %, pour atteindre 1,45 milliard de dollars.
Les achats de combustibles augmentent de 80,4 %
Malgré son statut de grand producteur et exportateur d’hydrocarbures, l’Algérie a également enregistré une hausse des importations de combustibles et huiles minérales.
Ces achats ont atteint 1,06 milliard de dollars, soit une progression de 80,4 % sur un an.
Ce poste reste toutefois très inférieur aux exportations d’hydrocarbures, qui ont représenté 39,42 milliards de dollars sur la même période.
Un déficit commercial de 4,52 milliards de dollars
Avec 44,26 milliards de dollars d’exportations et 48,78 milliards de dollars d’importations, l’Algérie a enregistré un déficit commercial d’environ 4,52 milliards de dollars en 2025.
Cette situation résulte à la fois du recul de la valeur des exportations et de la progression des importations. La baisse des recettes liées aux hydrocarbures a particulièrement pesé sur l’équilibre extérieur.
Dans le même temps, la croissance de plusieurs filières hors hydrocarbures constitue un signal positif, notamment dans les engrais, la sidérurgie, la chimie, le cuivre et certains produits agricoles.
La diversification reste le principal enjeu
Le commerce extérieur de l’Algérie reste encore très concentré sur les hydrocarbures et sur les marchés européens. L’Union européenne absorbe 68 % des exportations, tandis que les combustibles et huiles minérales représentent l’essentiel des recettes à l’export.
Cependant, la progression de plusieurs secteurs industriels montre que la diversification commence à produire des résultats sur certaines filières.
L’enjeu pour l’Algérie sera désormais de renforcer ces nouveaux moteurs d’exportation afin de réduire progressivement sa dépendance aux hydrocarbures et d’améliorer l’équilibre de sa balance commerciale.
Algerian Business suit de près l’évolution du commerce extérieur algérien, la diversification des exportations et le positionnement des entreprises nationales sur les marchés internationaux.
Sources : International Trade Centre, ICEX España Exportación e Inversiones, Office économique et commercial d’Espagne à Alger, Algérie Eco.



