Le constructeur automobile malaisien Proton franchit une nouvelle étape dans son projet d’implantation industrielle en Algérie. Son propriétaire, le groupe DRB-Hicom, étudie désormais la possibilité d’utiliser une usine existante à Oran pour lancer localement l’assemblage de véhicules, dans le cadre d’une éventuelle coentreprise avec Automotive Plant Algeria.
DRB-Hicom approfondit ses discussions en Algérie
Une délégation malaisienne conduite par l’ambassadeur de Malaisie en Algérie, Datuk Rizany Irwan Muhamad Mazlan, a tenu plusieurs rencontres avec des représentants du secteur industriel algérien.
Les échanges ont notamment réuni des responsables de DRB-Hicom, de Proton et du constructeur de motos Modenas, ainsi que des représentants du ministère de l’Industrie et de la Société de maintenance de l’Est, filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie.
Ces discussions ont porté sur les conditions techniques et industrielles nécessaires à la réalisation d’un projet automobile en Algérie. Les parties auraient déjà commencé à échanger des plans techniques, tandis que DRB-Hicom procède à l’évaluation du montant de l’investissement et des technologies nécessaires à sa concrétisation.
Le groupe malaisien avait précédemment confirmé le lancement d’une étude de faisabilité portant sur une unité locale d’assemblage. Proton s’était également déclaré disposé à accompagner un éventuel transfert de technologie et la formation de personnel algérien.
Une usine de 20 000 véhicules par an proposée à Oran
La principale avancée concerne l’identification d’un partenaire industriel et d’une infrastructure susceptible d’accueillir le projet.
Les représentants de DRB-Hicom, Proton et Modenas ont rencontré Noura Mohamed, responsable d’Automotive Plant Algeria, une entreprise spécialisée dans l’assemblage SKD, CKD et KD, l’ingénierie automobile ainsi que la production de véhicules thermiques et électriques.
Au cours de cette rencontre, Automotive Plant Algeria a proposé la mise à disposition d’une usine existante située à Oran. L’infrastructure disposerait d’une capacité de production annuelle de 20 000 véhicules et pourrait accueillir les futures opérations d’assemblage de Proton.
La proposition porte sur la constitution éventuelle d’une coentreprise entre les parties. À ce stade, aucune création définitive de société commune ni aucun lancement de production n’ont encore été annoncés. Les discussions restent donc inscrites dans une phase d’évaluation industrielle, technique et financière.
Un objectif de 30 % d’intégration locale
Le projet envisagé devrait s’inscrire dans la stratégie algérienne visant à développer une industrie automobile reposant sur la production locale, la création de valeur ajoutée et l’intégration progressive de composants fabriqués en Algérie.
DRB-Hicom et Proton affichent ainsi l’objectif d’atteindre un taux d’intégration locale de 30 %. L’utilisation d’une infrastructure déjà opérationnelle pourrait permettre au groupe malaisien de réduire le temps nécessaire au lancement du projet tout en accélérant la mise en place de ses futures activités industrielles.
Les autorités algériennes ont également présenté à la délégation malaisienne les dispositifs d’accompagnement et les avantages accordés aux investissements industriels. Selon l’agence malaisienne Bernama, ces mesures sont notamment conditionnées à l’atteinte d’un taux d’intégration locale de 30 %.
Au-delà de l’assemblage, le projet pourrait comprendre un transfert de technologie, la formation de compétences locales et le développement progressif d’un réseau de fournisseurs algériens.
Modenas envisage également une production locale
La coopération étudiée ne concerne pas uniquement les véhicules Proton. Modenas, autre marque appartenant au groupe DRB-Hicom, examine également les possibilités d’investissement dans l’industrie algérienne du motocycle.
Le groupe malaisien envisage notamment la fabrication locale de châssis de motos. L’objectif serait de répondre aux besoins du marché algérien, mais également de faire de l’Algérie une plateforme de production et d’exportation vers d’autres marchés africains.
Plusieurs entreprises algériennes ont manifesté leur intérêt pour ce volet du projet. Des discussions ont notamment été engagées autour d’éventuels partenariats industriels et commerciaux pour la production et la distribution des motos Modenas.
L’Algérie au centre de la stratégie africaine du groupe
L’intérêt de DRB-Hicom pour l’Algérie s’inscrit dans une stratégie plus large d’expansion internationale de Proton et Modenas.
Le marché algérien présente pour le groupe malaisien un double intérêt : une demande automobile importante et une position géographique permettant d’accéder aux marchés d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne.
Le projet d’Oran constituerait ainsi une base industrielle pour répondre aux besoins locaux tout en développant, à terme, des activités d’exportation vers le continent africain.
L’implantation de Proton en Algérie n’est toutefois pas encore définitivement actée. La concrétisation du projet dépendra des conclusions des études en cours, de la validation du montage financier et technologique ainsi que de la conclusion d’un partenariat avec les entreprises algériennes concernées.
Source : L’Algérie Aujourd’hui, ambassade de Malaisie en Algérie et Bernama.
Algerian Business suit de près les investissements industriels, les projets automobiles et les partenariats internationaux qui participent au développement d’une industrie locale créatrice de valeur en Algérie.



