JAC-Emin Auto lance la production à Aïn Témouchent
Le projet industriel porté par Emin Auto et JAC Motors entre dans une nouvelle phase en Algérie. L’usine implantée à Tamazoura, dans la wilaya d’Aïn Témouchent, a commencé l’assemblage de camions après plusieurs années consacrées au développement du complexe et à l’obtention des autorisations nécessaires.
Selon les informations communiquées par Elyas Ferroukhi, conseiller du PDG d’Emin Auto, la production avait démarré depuis plus d’une dizaine de jours au moment de son intervention. L’usine fonctionne actuellement à une cadence de 60 camions par jour, qui devrait progressivement atteindre 80 à 90 unités quotidiennes.
Les premières livraisons sont annoncées prochainement. Cette phase marque ainsi le passage du projet industriel à une production régulière destinée au marché.
Le démarrage intervient après le dédouanement de conteneurs restés en zone sous douane et représentant, selon Elyas Ferroukhi, « l’équivalent de 3 500 camions en kits ».
Le JAC 1040 S ouvre le programme de production
Le premier modèle destiné au marché est le JAC 1040 S, un véhicule utilitaire qui doit être proposé dans plusieurs configurations adaptées aux besoins professionnels.
La gamme prévoit notamment des versions plateau, benne, frigorifique et conteneur. Environ 400 pièces sont assemblées au niveau du complexe par des équipes comprenant des techniciens algériens et chinois.
Le programme industriel ne doit cependant pas se limiter à ce modèle. Quinze modèles sont prévus, avec notamment l’intégration de bus à la gamme produite localement.
Emin Auto avait déjà présenté en janvier 2026 un premier JAC 1040 S assemblé dans son complexe de Tamazoura. L’entreprise avait alors montré différentes étapes du processus, de l’installation du groupe motopropulseur à l’assemblage de la cabine et aux contrôles de qualité.
Une capacité visée de 100 000 véhicules par an
À terme, le projet JAC-Emin Auto est dimensionné pour atteindre une capacité annoncée pouvant aller jusqu’à 100 000 véhicules par an, tous modèles confondus. Cette capacité constitue toutefois un objectif industriel à terme et ne correspond pas au niveau de production actuel du site.
La montée en puissance doit donc s’effectuer progressivement. Dans l’immédiat, la cadence communiquée est de 60 camions par jour, avec une première progression attendue vers 80 à 90 unités quotidiennes.
Le développement du site prévoit également une diversification des opérations réalisées localement. Après la phase d’assemblage, Emin Auto envisage de renforcer les activités industrielles effectuées directement à Tamazoura.
Le passage vers une production en CKD doit notamment s’accompagner d’opérations d’emboutissage, de soudage et de peinture réalisées sur le site.
L’intégration locale au cœur du projet JAC-Emin Auto
L’un des principaux enjeux concerne désormais le niveau d’intégration locale.
Le projet prévoit de dépasser progressivement une logique reposant principalement sur l’assemblage de kits. Selon les objectifs communiqués, plusieurs composants doivent à terme être produits ou transformés directement en Algérie.
Une unité dédiée à la fabrication de moteurs fait notamment partie du projet industriel. Algérie Eco rapporte une capacité annoncée de 40 000 moteurs JAC par an au démarrage, avec un objectif de 80 000 unités à moyen terme.
Les plans prévoient également la fabrication ou la transformation locale des châssis et des cabines, ainsi que des installations consacrées à l’emboutissage et à la peinture.
Cette évolution doit contribuer à augmenter progressivement le taux d’intégration nationale. Le projet vise un niveau supérieur à 30 %, selon les objectifs rapportés par Algérie Eco.
Un complexe industriel implanté sur plus de 30 hectares
Le complexe JAC-Emin Auto s’étend sur environ 32 à 33 hectares dans la zone industrielle de Tamazoura. Emin Auto indique que le site comprend plusieurs lignes dédiées à la production de véhicules utilitaires légers et différentes structures destinées à l’assemblage, au stockage et au contrôle qualité.
Une structure spécifique a également été aménagée pour la fabrication de superstructures destinées aux véhicules professionnels. Elle doit permettre de répondre à différentes applications liées notamment au transport de marchandises, aux chantiers, aux activités artisanales ou encore aux collectivités locales.
D’autres équipements doivent accompagner la transition vers la phase CKD, notamment pour la soudure, l’emboutissage et la peinture.
Le projet industriel a été engagé plusieurs années avant son entrée en production. Emin Auto et JAC Motors travaillent sur cette implantation depuis la seconde moitié des années 2010.
L’emploi doit progresser avec la montée en puissance
Le développement du complexe doit également s’accompagner d’une augmentation des effectifs.
Selon les données rapportées par Algérie Eco, le démarrage mobilise environ 380 emplois directs, tandis que le projet prévoit d’atteindre environ 1 700 emplois à terme.
Ces objectifs restent liés à la montée en puissance du site et au développement des différentes étapes de production. Ils ne correspondent donc pas au nombre actuel d’emplois déjà créés dans leur totalité.
Au-delà des emplois directs, le développement d’une production automobile locale peut également créer des débouchés pour les entreprises de sous-traitance, les fournisseurs de composants et les prestataires industriels.
Emin Auto a notamment indiqué par le passé vouloir développer autour du complexe un tissu de sous-traitance local.
Une partie de la production destinée à l’exportation
Le projet ne vise pas uniquement le marché algérien. Emin Auto prévoit également d’utiliser son implantation de Tamazoura comme base de production destinée à certains marchés étrangers.
Les différentes communications autour du projet évoquent une part importante de la production destinée à l’exportation. Les annonces ont varié selon les périodes : Emin Auto évoquait officiellement au moins 30 % de la production, principalement vers des marchés africains, tandis que d’autres communications liées au projet ont avancé un objectif pouvant atteindre 40 % à moyen terme.
Il convient donc de considérer ces proportions comme des objectifs de développement et non comme la part actuellement exportée par l’usine.
JAC Motors doit accompagner cette stratégie grâce à son partenariat industriel avec Emin Auto, qui comprend également le transfert de technologie et la formation des équipes algériennes.
De l’assemblage vers une véritable chaîne industrielle
Le démarrage à 60 camions par jour constitue une première étape opérationnelle pour JAC-Emin Auto. L’enjeu sera désormais de transformer progressivement le complexe en une chaîne industrielle intégrant davantage d’opérations réalisées en Algérie.
La fabrication locale de moteurs, l’emboutissage des éléments de carrosserie, la peinture, la montée du taux d’intégration et le développement de fournisseurs nationaux constituent les prochaines étapes annoncées.
Cette évolution intervient alors que l’Algérie cherche plus largement à reconstruire une filière automobile reposant davantage sur la production et l’intégration locales que sur le seul assemblage.
Pour JAC-Emin Auto, la concrétisation des objectifs de 100 000 véhicules par an, d’intégration supérieure à 30 % et d’exportation dépendra désormais de la montée en capacité effective du complexe et du déploiement des différentes unités industrielles prévues.
Algerian Business suit de près le développement de l’industrie automobile en Algérie, la montée en puissance de la production locale et l’émergence d’une chaîne nationale de sous-traitance.
Sources : Emin Auto, JAC-Emin Auto, Algérie Eco, Algeria Invest



