Béjaïa prévoit une production de 16 millions de litres d’huile d’olive pour 2026/2027
La filière oléicole de Béjaïa aborde la campagne agricole 2026/2027 avec des perspectives de production importantes. Selon les prévisions communiquées le 2 novembre 2026 par la Direction des services agricoles (DSA), la wilaya pourrait produire près de 16 millions de litres d’huile d’olive durant cette saison. Cette estimation confirme le poids de l’oléiculture dans l’économie agricole de la région, où la culture de l’olivier occupe une place centrale.
Le directeur des services agricoles de Béjaïa, Mohamed Boutiba Benkelaouz, a présenté ces prévisions à l’Algérie Presse Service (APS), quelques jours après le lancement officiel de la campagne de récolte. Celle-ci a débuté le 29 octobre 2026 dans la commune de Bouhamza, marquant le démarrage des opérations de cueillette et de transformation des olives dans la wilaya.
Les 16 millions de litres annoncés correspondent à une estimation pour l’ensemble de la campagne, et non à une production déjà réalisée. Les volumes effectivement obtenus dépendront notamment des quantités d’olives récoltées et des rendements enregistrés dans les huileries. Le bilan définitif permettra de mesurer les résultats de cette saison et leur contribution à l’approvisionnement du marché national.
Au-delà des prévisions de récolte, les autorités agricoles mettent l’accent sur la modernisation des installations de transformation, le renouvellement des vergers et le développement de l’irrigation. Ces orientations visent à renforcer la productivité de la filière et à accompagner son développement économique.
Un patrimoine oléicole de 57 000 hectares, représentant 12 % du verger national
Béjaïa dispose d’une superficie oléicole estimée à 57 000 hectares, selon les données présentées par la DSA. Cette surface représente environ 12 % du verger oléicole national et près de 45 % de la superficie agricole de la wilaya. Ces proportions illustrent l’importance de l’olivier dans l’utilisation des terres agricoles et dans l’organisation de l’activité rurale locale.
La culture de l’olivier contribue à structurer toute une chaîne économique, depuis l’entretien des plantations jusqu’à la commercialisation de l’huile. Elle mobilise les exploitants agricoles, les travailleurs saisonniers, les propriétaires d’huileries et les entreprises intervenant dans le transport ou le conditionnement. L’activité ne se limite donc pas à la récolte, mais s’étend à plusieurs métiers liés à la valorisation de la production agricole.
Le poids de cette superficie constitue également un enjeu pour la gestion des exploitations. Le renouvellement des arbres, l’entretien des parcelles et l’accès à l’eau figurent parmi les paramètres qui influencent les rendements. Une superficie importante ne garantit pas, à elle seule, une production régulière d’une année à l’autre, d’où l’intérêt des programmes de modernisation engagés dans la wilaya.
Pour les acteurs économiques, le développement du verger oléicole peut contribuer à renforcer l’approvisionnement des unités de transformation. La régularité de la production représente notamment un facteur important pour les huileries qui souhaitent améliorer leur organisation et développer leurs débouchés commerciaux.
Un programme de 470 millions de dinars pour planter 100 000 oliviers
Le développement de la filière s’accompagne d’investissements destinés à renforcer les plantations. Durant la saison agricole 2025/2026, un programme de plantation de 100 000 oliviers a été réalisé sur une superficie de 230 hectares, pour un montant annoncé de 470 millions de dinars. Ces chiffres ont été communiqués par le directeur des services agricoles de Béjaïa dans le cadre du bilan présenté au début de la nouvelle campagne.
Cet investissement s’inscrit dans les efforts visant à renouveler et à développer le patrimoine oléicole de la région. La plantation de nouveaux arbres constitue une démarche de long terme, car la mise en production et l’augmentation progressive des rendements nécessitent plusieurs années. Les effets du programme ne doivent donc pas être assimilés à une hausse immédiate de la production pour la campagne 2026/2027.
Sur le plan économique, le renouvellement des vergers vise à soutenir la continuité de l’activité agricole et à préserver les capacités de production. Il peut également accompagner l’amélioration des pratiques culturales et la gestion des exploitations existantes. Les résultats dépendront toutefois de l’entretien des plantations, des conditions climatiques et des moyens mobilisés pour assurer leur développement.
La DSA souhaite poursuivre cette dynamique à travers l’intensification des vergers et le renforcement des dispositifs d’irrigation. Ces mesures figurent parmi les priorités identifiées pour améliorer la productivité des oliviers et accompagner le développement de la filière à moyen et long terme.
Béjaïa dispose de 393 huileries pour transformer sa production
La wilaya de Béjaïa compte 393 huileries, représentant une infrastructure de transformation importante pour le secteur oléicole local. Selon la Direction des services agricoles, ce parc comprend 133 huileries semi-automatiques, 100 unités à chaîne continue et 160 huileries traditionnelles. Cette diversité reflète la coexistence de plusieurs modes de transformation des olives dans la région.
La capacité globale de trituration des installations est estimée à 2 260 quintaux d’olives par heure. Cet indicateur mesure la capacité technique annoncée de traitement des olives, mais ne correspond pas à la quantité d’huile effectivement produite. Le volume final dépend notamment des apports de récolte, du fonctionnement des installations et du rendement en huile des olives traitées.
Les huileries occupent une place essentielle dans la chaîne de valeur de l’huile d’olive. Elles assurent la transformation de la matière première agricole en un produit destiné à la consommation et à la commercialisation. Leur activité peut également générer des besoins en équipements, en maintenance, en services techniques et en logistique.
La présence de 160 unités traditionnelles montre toutefois que la modernisation du parc reste un enjeu important. Les différences d’équipements et d’organisation peuvent influencer les performances de transformation. Pour cette raison, les autorités agricoles souhaitent encourager le développement de nouvelles installations et l’amélioration des structures existantes.
La modernisation des huileries au cœur des investissements agricoles
Le développement des huileries modernes constitue l’une des orientations annoncées par la Direction des services agricoles de Béjaïa. Les pouvoirs publics poursuivent leur accompagnement à travers les crédits agricoles destinés à soutenir l’ouverture et la modernisation des unités de transformation. Plusieurs demandes de financement sont actuellement en cours d’examen auprès des services concernés, selon les informations communiquées le 2 novembre.
Ces financements peuvent contribuer à l’acquisition d’équipements et au développement des capacités de transformation, sous réserve de l’éligibilité des projets et des conditions de crédit. L’objectif est d’accompagner les opérateurs souhaitant améliorer leurs installations ou créer de nouvelles unités. Aucun montant global de financement accordé à ces projets n’a toutefois été précisé dans le bilan de la DSA.
La modernisation des huileries présente plusieurs enjeux pour l’économie locale. Elle peut notamment favoriser une meilleure organisation de la production, renforcer la maîtrise des procédés de transformation et accompagner les exigences de qualité. Elle peut également soutenir l’activité des entreprises spécialisées dans les équipements industriels et les services destinés au secteur agroalimentaire.
Pour les professionnels, les investissements doivent néanmoins être adaptés aux volumes d’olives disponibles et aux perspectives commerciales. La capacité technique des huileries ne garantit pas, à elle seule, une rentabilité économique. Les coûts d’exploitation, la qualité des produits et les conditions de commercialisation restent des éléments déterminants pour la pérennité des entreprises.
L’irrigation et le renouvellement des vergers pour améliorer les rendements
Au-delà des infrastructures de transformation, la DSA de Béjaïa souhaite agir sur la productivité des exploitations agricoles. Les priorités annoncées concernent notamment le renouvellement des vergers, l’intensification des plantations et le développement de l’irrigation. Ces orientations visent à améliorer les conditions de production des olives et à renforcer les performances de la filière.
L’accès à l’eau constitue un facteur important pour les exploitations agricoles, particulièrement lorsque les conditions climatiques influencent le développement des arbres. Des dispositifs d’irrigation adaptés peuvent contribuer à mieux gérer les besoins hydriques des plantations. Leur efficacité dépend toutefois des ressources disponibles, des équipements utilisés et des pratiques agricoles.
Le renouvellement des vergers représente également un enjeu de long terme. Le remplacement ou l’entretien d’arbres vieillissants peut accompagner l’amélioration de la productivité, à condition que les interventions soient adaptées aux caractéristiques des exploitations. Ces démarches nécessitent des investissements ainsi qu’un suivi technique régulier.
La stratégie présentée par les services agricoles repose ainsi sur une approche combinant production et transformation. Le développement des huileries doit pouvoir s’appuyer sur une disponibilité suffisante d’olives, tandis que les exploitants doivent disposer de débouchés pour leur récolte. Cet équilibre constitue l’un des éléments nécessaires à la structuration durable de la filière oléicole.
La réhabilitation des vergers touchés par les incendies se poursuit
La protection et la reconstitution du patrimoine oléicole constituent une autre priorité pour la wilaya de Béjaïa. Selon le directeur des services agricoles, les superficies touchées par les incendies doivent bénéficier de programmes de plantation et de réhabilitation. Ces interventions s’inscrivent dans le cadre des mesures d’indemnisation prévues pour les exploitations concernées.
Les incendies peuvent fragiliser les exploitations agricoles en endommageant les arbres et en réduisant leurs capacités de production. Ils peuvent également entraîner des dépenses supplémentaires pour les agriculteurs, notamment lorsqu’il devient nécessaire de reconstituer une partie des plantations. La restauration des vergers représente donc un enjeu économique autant qu’agricole.
Les programmes annoncés visent à accompagner le rétablissement des parcelles concernées et à préserver les capacités productives de la région. Leur mise en œuvre dépendra des évaluations réalisées sur le terrain et des mesures effectivement accordées aux exploitants. Aucun bilan chiffré des superficies à réhabiliter n’a été précisé dans les informations publiées.
À plus long terme, la reconstitution des plantations peut contribuer à maintenir l’activité des producteurs et l’approvisionnement des huileries. Cependant, les nouveaux oliviers nécessiteront du temps avant d’atteindre une production significative. Les retombées devront donc être appréciées sur plusieurs campagnes agricoles.
Le développement de l’huile d’olive sur les marchés internationaux
La commercialisation représente un autre axe de développement de la filière oléicole de Béjaïa. La Direction des services agricoles souhaite renforcer la promotion de l’huile d’olive locale sur les marchés national et international. Cette orientation vise à accompagner les efforts réalisés dans la production agricole et la modernisation des capacités de transformation.
Pour les producteurs et les entreprises agroalimentaires, l’accès à de nouveaux marchés nécessite une organisation commerciale adaptée. La qualité du produit, les conditions de conservation, le conditionnement et la régularité de l’approvisionnement constituent notamment des facteurs importants. Les exigences d’étiquetage et les normes applicables peuvent également varier selon les destinations commerciales.
La valorisation de l’huile d’olive algérienne peut aussi passer par le développement de marques et de circuits de distribution structurés. Les entreprises doivent pouvoir présenter leurs produits dans des formats adaptés aux attentes des consommateurs et des acheteurs professionnels. Ces démarches peuvent contribuer à renforcer la valeur commerciale de l’huile produite localement.
Cependant, les annonces de la DSA ne mentionnent pas de nouveaux contrats d’exportation ni de volumes supplémentaires déjà commercialisés à l’étranger. La promotion internationale reste donc un objectif de développement. Les résultats dépendront des initiatives engagées par les producteurs, les transformateurs et les opérateurs commerciaux.
Une rencontre avec les professionnels pour accompagner la filière
La Direction des services agricoles a également annoncé la préparation d’une rencontre avec les professionnels de l’oléiculture dans la wilaya de Béjaïa. Cette réunion doit permettre d’aborder plusieurs questions liées au développement de la filière et aux besoins des différents acteurs. Aucune date précise n’avait été communiquée dans l’annonce du 2 novembre 2026.
Ce type d’échange peut contribuer à identifier les difficultés rencontrées par les exploitants et les propriétaires d’huileries. Les besoins de financement, la modernisation des équipements et les conditions de commercialisation figurent notamment parmi les enjeux évoqués dans les orientations de la DSA. La coordination entre producteurs, transformateurs et organismes d’accompagnement constitue un élément important pour faire progresser ces sujets.
Les discussions pourraient également contribuer à mieux articuler les investissements agricoles avec les besoins de transformation. Le renouvellement des vergers et le développement des capacités industrielles doivent en effet évoluer de manière cohérente. Les décisions prises à l’issue de cette rencontre permettront d’apprécier les nouvelles mesures éventuellement engagées pour la filière.
Une filière agroalimentaire stratégique pour l’économie de Béjaïa
Avec une prévision de 16 millions de litres d’huile d’olive pour la saison 2026/2027, Béjaïa confirme l’importance de son activité oléicole dans l’économie agricole régionale. Ses 57 000 hectares de vergers et ses 393 huileries constituent une base productive significative, tandis que le programme de plantation de 100 000 oliviers réalisé durant la saison précédente témoigne de la poursuite des investissements.
Les perspectives de développement concernent désormais plusieurs maillons de la filière. Les autorités agricoles souhaitent améliorer les rendements, développer l’irrigation, moderniser les huileries et accompagner les exploitants touchés par les incendies. Ces initiatives doivent soutenir la production tout en renforçant les capacités locales de transformation.
Pour les entreprises, les enjeux portent également sur la qualité, le conditionnement et la commercialisation de l’huile d’olive. La valorisation sur les marchés nationaux et internationaux pourrait accompagner la croissance des activités agroalimentaires, à condition de concrétiser les investissements et les débouchés commerciaux annoncés.
Le bilan définitif de la campagne 2026/2027 permettra de mesurer les volumes réellement produits. Il offrira également un premier indicateur de la dynamique engagée dans la région, alors que Béjaïa poursuit ses efforts pour renforcer sa filière oléicole et développer sa contribution à la diversification de l’économie algérienne.
Sources : Direction des services agricoles de Béjaïa, Algérie Presse Service (APS) et Algérie Éco, 2 novembre 2026.
Algerian Business suit de près les investissements agricoles, le développement des filières agroalimentaires et les entreprises qui contribuent à la valorisation des productions algériennes.



