L’OPEP prévoit une demande pétrolière en hausse jusqu’en 2050
La consommation mondiale de pétrole devrait continuer à progresser au cours des prochaines décennies, selon les perspectives de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.
À l’occasion de sa visite en Algérie, le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a indiqué que la demande mondiale pourrait atteindre 124 millions de barils par jour en 2050. Elle se situe actuellement autour de 105 millions de barils par jour, selon les chiffres qu’il a présentés.
Cette projection représente donc une progression d’environ 19 millions de barils par jour par rapport au niveau actuel cité par le responsable.
L’estimation correspond aux perspectives publiées par l’OPEP dans son World Oil Outlook 2026. L’organisation prévoit également une hausse de 23 % de la demande énergétique mondiale d’ici 2050.
La croissance des économies émergentes soutiendrait la demande
Pour Haitham Al Ghais, plusieurs tendances structurelles expliquent cette évolution attendue. La croissance démographique mondiale constitue l’un des principaux facteurs.
Le développement économique devrait également jouer un rôle important. Selon le secrétaire général de l’OPEP, l’économie mondiale pourrait doubler de taille par rapport à son niveau actuel. Les économies des pays en développement contribueraient particulièrement à cette progression.
Dans ce scénario, les besoins énergétiques augmenteraient parallèlement à la croissance économique et démographique.
L’OPEP ne prévoit donc pas, dans son scénario de référence, une disparition de la demande pétrolière au cours des prochaines décennies. Elle anticipe au contraire une progression jusqu’en 2050.
Il s’agit toutefois d’une projection de l’OPEP et non d’un niveau de consommation garanti. Les trajectoires à long terme restent dépendantes de nombreux facteurs économiques, technologiques, réglementaires et énergétiques.
17 700 milliards de dollars d’investissements pétroliers estimés nécessaires
La hausse anticipée de la demande pose également la question des investissements nécessaires pour maintenir l’offre.
Dans son World Oil Outlook 2026, l’OPEP estime que l’industrie pétrolière mondiale nécessitera environ 17 700 milliards de dollars d’investissements entre 2026 et 2050. Cela représente plus de 700 milliards de dollars par an.
Haitham Al Ghais défend ainsi la nécessité de maintenir des investissements suffisants dans le secteur énergétique afin de répondre aux besoins futurs.
L’organisation met parallèlement en avant trois enjeux : la sécurité énergétique, l’accessibilité de l’énergie et la réduction des émissions.
Pour les pays producteurs, dont l’Algérie, ces perspectives placent les investissements dans les hydrocarbures au cœur des discussions sur l’évolution du marché énergétique mondial.
L’OPEP+ veut maintenir la coopération entre producteurs
À Alger, Haitham Al Ghais a également insisté sur la nécessité de poursuivre la coopération entre les pays producteurs.
Selon lui, cette coordination reste nécessaire face aux transformations rapides du marché mondial de l’énergie. Les fluctuations économiques, les tensions géopolitiques et la sécurité des approvisionnements figurent parmi les principaux défis identifiés.
Le secrétaire général considère l’OPEP+ comme un mécanisme central de cette coopération. L’alliance permet aux membres de l’OPEP et à plusieurs producteurs non membres de coordonner leurs positions sur le marché.
Haitham Al Ghais a également indiqué que la coopération dépasse désormais la seule coordination pétrolière. Elle couvre notamment l’échange d’expertises, le transfert de technologies, les études, la recherche et le dialogue sur les questions énergétiques et climatiques.
L’Accord d’Alger à l’origine du cadre OPEP+
Cette visite intervient dix ans après l’Accord d’Alger, adopté en 2016 dans un contexte de forte instabilité du marché pétrolier.
Haitham Al Ghais a souligné le rôle joué par l’Algérie dans ce processus. Il a notamment déclaré que « l’Algérie a joué un rôle déterminant et historique » dans le rééquilibrage du marché pétrolier mondial.
L’accord adopté à Alger avait constitué une étape préalable à la Déclaration de coopération conclue ensuite entre les pays membres de l’OPEP et plusieurs producteurs extérieurs à l’organisation.
Ce cadre a progressivement donné naissance au mécanisme aujourd’hui connu sous le nom d’OPEP+.
Le secrétaire général de l’organisation considère ainsi l’Accord d’Alger comme un point important dans la construction de la coopération actuelle entre producteurs.
L’Algérie reste impliquée dans les mécanismes de l’OPEP+
L’Algérie continue de participer aux différents mécanismes de coordination de l’alliance.
Haitham Al Ghais a notamment évoqué sa participation au suivi des engagements, à l’évaluation de l’évolution du marché et aux ajustements volontaires de production.
Sa visite de travail en Algérie s’est déroulée du 26 au 29 septembre 2026, à l’invitation du ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Elle coïncidait précisément avec le dixième anniversaire de l’Accord d’Alger.
Lors d’une rencontre entre les deux responsables, les discussions ont porté sur l’évolution du marché pétrolier mondial, ses perspectives ainsi que les principaux défis auxquels l’industrie fait face.
Le secrétaire général de l’OPEP a également été reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accompagné d’une délégation de l’organisation.
Le marché pétrolier face aux besoins énergétiques futurs
Les perspectives présentées par l’OPEP dessinent un marché énergétique mondial dans lequel le pétrole conserverait une place importante à l’horizon 2050.
L’organisation anticipe simultanément une croissance de la demande énergétique mondiale et une progression de la consommation pétrolière. Son scénario porte cette dernière à 124 millions de barils par jour à cette échéance.
Cette trajectoire implique, selon l’OPEP, de maintenir des investissements importants dans l’industrie. Elle renforce également l’enjeu de coordination entre les pays producteurs afin de répondre à l’évolution de la demande et de préserver la sécurité des approvisionnements.
Pour l’Algérie, ces transformations concernent directement un secteur qui reste stratégique pour son économie. Elles interviennent également dix ans après un Accord d’Alger qui a contribué à structurer la coopération entre l’OPEP et les producteurs non membres.
Algerian Business suit de près l’évolution du marché pétrolier mondial, les perspectives de la demande énergétique et les enjeux qui concernent directement l’industrie algérienne des hydrocarbures.
Sources : Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Algérie Presse Service (APS), Algérie Eco



