Le partenariat énergétique Algérie-Allemagne entre dans une nouvelle phase. En visite à Alger, le ministre fédéral allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a rencontré le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, accompagné d’une délégation comprenant plusieurs acteurs industriels allemands.
Les échanges interviennent alors que Berlin cherche à diversifier davantage ses approvisionnements énergétiques et à sécuriser ses besoins en gaz avant l’hiver. Dans le même temps, Alger souhaite élargir cette relation à des secteurs comme l’hydrogène vert, la pétrochimie, les technologies bas carbone et la fabrication locale d’équipements.
Le partenariat énergétique Algérie-Allemagne se renforce autour du gaz
La sécurité d’approvisionnement allemande constitue désormais l’un des principaux enjeux de cette coopération. Avant sa rencontre avec Mohamed Arkab, Johann Wadephul a déclaré que son pays avait « besoin de contrats de livraison de gaz à long terme », qualifiant l’Algérie de « partenaire fiable ».
Selon les données de l’Aggregated Gas Storage Inventory reprises par l’AFP, les réserves allemandes de gaz étaient remplies à 53 %, contre une moyenne de 65 % dans l’Union européenne. Pour la plupart des installations allemandes, l’objectif réglementaire est d’atteindre 80 % au 1er novembre, même si certaines règles de stockage ont été assouplies depuis 2025.
Berlin cherche ainsi à renforcer la diversification de ses fournisseurs dans un contexte international toujours marqué par des tensions sur les marchés énergétiques.
Berlin veut sécuriser une partie supplémentaire de ses approvisionnements en Algérie
Johann Wadephul a expliqué que l’Allemagne s’était largement détachée de ses anciennes livraisons énergétiques russes, notamment dans le gaz. Cette évolution oblige la première économie européenne à multiplier ses sources d’approvisionnement.
Le responsable allemand a indiqué espérer que son pays puisse désormais sécuriser en Algérie une partie de son approvisionnement en gaz. Il a également insisté sur la nécessité de disposer de partenaires fiables et de chaînes d’approvisionnement résilientes.
Pour l’Algérie, cette recherche de contrats à long terme peut offrir de nouvelles perspectives commerciales sur le marché allemand, en complément de ses débouchés européens historiques.
Sonatrach et VNG ont déjà renforcé leur relation commerciale
Le rapprochement gazier entre les deux pays ne repose pas uniquement sur de nouvelles discussions. Selon L’Algérie Aujourd’hui, Sonatrach et le groupe allemand VNG ont signé en juillet 2026 un contrat d’approvisionnement du marché allemand en GNL à partir de janvier prochain.
Le média indique également que les deux entreprises sont déjà liées par un contrat de livraison de gaz par gazoduc depuis la fin de l’année 2024. Ces accords donnent une dimension commerciale concrète au partenariat énergétique Algérie-Allemagne.
Ils permettent également à Sonatrach de poursuivre la diversification de son portefeuille de clients sur le marché européen.
Le GNL prend une place croissante dans les discussions
La commercialisation du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié figurait parmi les principaux sujets abordés lors de la rencontre entre Mohamed Arkab et Johann Wadephul.
Pour l’Allemagne, le développement de terminaux GNL a constitué l’un des leviers utilisés pour diversifier ses approvisionnements après la crise énergétique européenne de 2022. L’Algérie peut ainsi se positionner à la fois comme fournisseur de gaz et comme partenaire à plus long terme dans les nouvelles filières énergétiques.
Cette double dimension donne davantage de profondeur à la coopération entre Alger et Berlin.
Siemens Energy, Thyssenkrupp Uhde et VNG présents dans la délégation
La délégation allemande comprenait plusieurs groupes directement concernés par les enjeux énergétiques et industriels. Bosch Energy, Thyssenkrupp Uhde, VNG, Siemens Energy et VDA figuraient parmi les entreprises représentées lors des échanges.
Leur présence illustre la volonté de Berlin d’associer le secteur privé au développement de nouvelles coopérations avec l’Algérie. Les discussions ne se sont d’ailleurs pas limitées au commerce du gaz.
Elles ont également porté sur l’ingénierie, les infrastructures, les équipements industriels et les technologies appliquées au secteur énergétique.
L’hydrogène vert reste un axe majeur du partenariat
À plus long terme, l’hydrogène vert constitue l’un des principaux axes stratégiques de la coopération entre l’Algérie et l’Allemagne.
Les discussions ont porté sur les projets développés par Sonatrach, en coordination avec le ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, pour produire et commercialiser de l’hydrogène vert et de l’ammoniac vert.
La coopération pourrait aussi concerner la fabrication d’équipements nécessaires à ces nouvelles filières, notamment les électrolyseurs, ainsi que la formation, l’assistance technique et le transfert de savoir-faire.
Le SoutH2 Corridor intéresse directement Berlin
Le projet SoutH2 Corridor figure également parmi les dossiers stratégiques évoqués par la partie allemande.
Ce corridor doit permettre, à terme, d’acheminer de l’hydrogène renouvelable produit en Algérie vers l’Allemagne en passant par l’Italie et l’Autriche. Johann Wadephul a confirmé l’intérêt des entreprises allemandes pour participer aux projets stratégiques liés à cette nouvelle chaîne énergétique.
Pour Alger, le projet représente une opportunité de prolonger son rôle de fournisseur énergétique de l’Europe au-delà des hydrocarbures traditionnels.
Des perspectives dans les équipements et le contenu local
La fabrication locale d’équipements constitue un autre volet important des échanges. Les discussions ont notamment porté sur les équipements industriels destinés aux hydrocarbures, aux projets de dessalement de l’eau de mer et aux nouvelles filières énergétiques.
L’Algérie souhaite également développer davantage de contenu local et bénéficier du savoir-faire industriel allemand. La coopération envisagée comprend donc la formation, l’assistance technique, le transfert d’expertise et le renforcement des capacités.
À ce stade, aucun nouveau projet industriel précis ni montant d’investissement n’a été annoncé dans ces domaines.
La pétrochimie fait partie des priorités algériennes
Mohamed Arkab a également mis en avant la volonté de développer la filière pétrochimique en Algérie.
Le ministre a souligné l’intérêt de l’expertise allemande pour accompagner des projets à plus forte valeur ajoutée et a assuré que le secteur des hydrocarbures était disposé à faciliter l’installation et l’investissement des entreprises allemandes.
L’objectif affiché consiste à dépasser progressivement une relation basée uniquement sur les échanges énergétiques pour développer davantage de partenariats industriels.
Les entreprises allemandes invitées à l’Algeria Bid Round 2026
Dans cette logique, Mohamed Arkab a invité les entreprises allemandes à participer à l’Algeria Bid Round 2026.
Cette campagne d’appels d’offres doit permettre à l’Algérie d’attirer de nouveaux partenaires et de nouvelles expertises dans le secteur des hydrocarbures. Elle représente donc l’une des opportunités proposées aux entreprises allemandes souhaitant renforcer leur présence sur le marché algérien.
Il ne s’agit toutefois que d’un volet parmi les différents axes de coopération évoqués lors de la rencontre.
Le méthane et les technologies bas carbone également concernés
Alger et Berlin veulent aussi renforcer leurs échanges autour de la réduction, de la gestion et de la récupération des émissions de méthane.
Les discussions ont porté sur l’intégration de technologies bas carbone dans l’industrie pétrolière et gazière, ainsi que sur le développement de solutions industrielles destinées à réduire l’empreinte environnementale du secteur.
Ces technologies peuvent ouvrir de nouvelles perspectives de coopération pour les entreprises allemandes spécialisées dans l’ingénierie et les solutions énergétiques.
Une relation qui associe besoins immédiats et stratégie de long terme
Le partenariat entre les deux pays repose désormais sur deux temporalités. À court terme, l’Allemagne veut renforcer et sécuriser ses approvisionnements en gaz, notamment à travers des contrats de plus longue durée.
À moyen et long terme, les deux pays cherchent à développer l’hydrogène vert, les équipements, la pétrochimie, les technologies bas carbone et les transferts de compétences. Cette combinaison donne au partenariat énergétique Algérie-Allemagne une dimension à la fois commerciale, industrielle et stratégique.
Les prochaines étapes permettront de mesurer quels nouveaux contrats et investissements découleront des discussions engagées à Alger.
Algerian Business suit de près l’évolution du partenariat énergétique entre l’Algérie et l’Allemagne, ainsi que les contrats et investissements susceptibles de renforcer la position de l’Algérie sur le marché énergétique européen.
Sources : Ministère des Hydrocarbures, AFP, AGSI, L’Algérie Aujourd’hui, Algérie Eco.



