Les échanges Algérie-Tunisie progressent de 166 % en cinq ans
Les relations commerciales entre l’Algérie et la Tunisie ont fortement progressé ces dernières années. Selon les données de la représentation commerciale du Centre de promotion des exportations (CEPEX) en Algérie, les échanges ont augmenté de 166 % en cinq ans. Leur volume atteint désormais environ 2,76 milliards de dollars.
Ces données ont été présentées à l’occasion d’une mission d’affaires organisée du 22 au 24 septembre 2026 à Alger et Blida. CONECT International a organisé cette mission en partenariat avec la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), avec l’appui de l’Ambassade de Tunisie à Alger et du CEPEX.
La délégation tunisienne réunissait des entreprises issues de plusieurs secteurs. L’industrie, l’agroalimentaire, l’énergie, les matériaux de construction, les services et le digital figuraient notamment parmi les activités représentées. Markdown collé
L’Algérie devient le quatrième fournisseur de la Tunisie
La progression des échanges renforce la place de l’Algérie parmi les partenaires commerciaux de la Tunisie. Le pays occupe désormais le quatrième rang parmi les fournisseurs tunisiens et le septième rang parmi ses clients.
La structure des échanges diffère toutefois selon le sens des flux. Les importations tunisiennes provenant d’Algérie comprennent notamment des produits liés à l’industrie et à l’énergie.
Dans l’autre sens, les industries mécaniques et électriques dominent largement les exportations tunisiennes vers l’Algérie. Elles représentent 56,53 % des ventes tunisiennes sur le marché algérien.
Les industries manufacturières diverses arrivent ensuite avec 31,53 %, tandis que l’agroalimentaire représente 7,05 %.
43 entreprises tunisiennes sont actives en Algérie
Les relations économiques entre les deux pays ne se limitent pas aux échanges de marchandises. Selon les données présentées lors des rencontres, 43 entreprises tunisiennes sont actuellement actives en Algérie.
Les activités mécaniques et électriques représentent 30 % de ces implantations. Les services arrivent ensuite avec 23 %, tandis que le textile et l’agriculture représentent chacun 16 %.
Cette présence pourrait encore évoluer. Lors de la mission, une délégation d’hommes d’affaires tunisiens a rencontré le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache.
La rencontre a porté sur les opportunités d’investissement et de partenariat disponibles en Algérie, notamment dans les secteurs à valeur ajoutée.
Omar Rekkache veut accompagner les investisseurs tunisiens
L’AAPI a réaffirmé sa disponibilité pour accompagner les entreprises tunisiennes souhaitant développer des projets en Algérie.
Selon l’agence, Omar Rekkache a assuré les opérateurs tunisiens des facilitations et de l’accompagnement nécessaires à la concrétisation de leurs investissements. Il a également réaffirmé l’ouverture de l’Algérie aux investissements tunisiens.
Les membres de la délégation ont présenté plusieurs projets couvrant différents secteurs jugés prioritaires pour l’économie nationale. Les discussions ont également porté sur les possibilités de partenariat entre entreprises algériennes et tunisiennes.
À ce stade, ces échanges constituent toutefois des discussions et des pistes d’investissement. Les sources consultées ne précisent pas de montants ni de nouveaux projets définitivement conclus à l’issue de la mission.
L’automobile parmi les pistes de coopération
L’industrie automobile apparaît également parmi les secteurs susceptibles de renforcer les échanges Algérie-Tunisie.
Les participants ont notamment proposé de faciliter l’entrée en Algérie de composants et pièces automobiles fabriqués en Tunisie. En parallèle, ils souhaitent améliorer l’accès au marché tunisien pour les véhicules assemblés en Algérie.
Cette orientation pourrait favoriser une plus grande complémentarité entre les chaînes industrielles des deux pays. Elle reste néanmoins, à ce stade, une proposition discutée par les opérateurs économiques et non un nouveau dispositif commercial déjà appliqué.
D’autres secteurs ont été explorés pendant la mission. Le CEPEX cite notamment l’énergie, les solutions photovoltaïques, l’agroalimentaire, le bois et le plastique parmi les domaines dans lesquels les entreprises ont identifié des possibilités de coopération.
Les entreprises veulent fluidifier le commerce transfrontalier
Les entreprises des deux pays ont également abordé les obstacles qui peuvent ralentir la circulation des marchandises.
Plusieurs recommandations concernent ainsi le développement des postes-frontaliers et des capacités de stockage. Les participants ont également évoqué l’accélération de la création de zones franches aux frontières et une meilleure harmonisation des normes techniques et réglementaires.
Les échanges bénéficient déjà de mécanismes commerciaux préférentiels. L’accord commercial préférentiel entre les deux pays prévoit notamment des réductions douanières pouvant atteindre 40 %. D’autres exonérations existent dans le cadre de la Grande Zone arabe de libre-échange.
L’amélioration des infrastructures et des procédures pourrait donc devenir un levier supplémentaire pour développer les flux commerciaux.
Des chaînes de production communes pour viser l’Afrique
La coopération économique entre l’Algérie et la Tunisie pourrait également dépasser leurs marchés nationaux.
Les discussions ont porté sur la possibilité de développer des exportations communes vers d’autres marchés africains. Dans cette perspective, la route transsaharienne pourrait jouer un rôle logistique important.
La proximité géographique des deux pays constitue un autre avantage. Leur frontière terrestre peut faciliter les échanges de composants, de produits intermédiaires et de marchandises entre entreprises implantées de part et d’autre.
À terme, cette proximité pourrait favoriser des chaînes de production associant des entreprises algériennes et tunisiennes. L’industrie mécanique et électrique, l’agriculture, le textile et les services figurent parmi les secteurs concernés par les discussions actuelles.
Toutefois, ces projets restent à concrétiser. Aucun accord industriel global créant de telles chaînes de valeur n’a été annoncé à l’issue de la mission.
Un partenariat économique qui cherche à changer d’échelle
Le niveau atteint par les échanges Algérie-Tunisie illustre la progression des relations économiques entre les deux marchés. La hausse de 166 % en cinq ans constitue l’indicateur le plus visible de cette évolution.
Désormais, les acteurs économiques cherchent à aller au-delà des échanges commerciaux traditionnels. Les investissements croisés, la sous-traitance industrielle, les infrastructures frontalières et les partenariats destinés aux marchés africains figurent parmi les principaux axes évoqués.
La présence de 43 entreprises tunisiennes en Algérie fournit déjà une base à cette coopération. La concrétisation des projets discutés lors de la mission de septembre permettra cependant de mesurer si cette dynamique commerciale se transforme en véritable intégration industrielle entre les deux économies.
Algerian Business suit de près l’évolution des échanges commerciaux, des investissements et des partenariats industriels entre l’Algérie et ses principaux partenaires économiques.
Sources : Centre de promotion des exportations (CEPEX), AAPI, APS, Algérie Eco



