Un Haut Conseil pour mobiliser les compétences scientifiques de la diaspora
L’Algérie structure davantage ses relations avec sa diaspora scientifique. Le Haut conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger rassemble des chercheurs et experts algériens reconnus dans plusieurs domaines scientifiques et technologiques.
Le 27 septembre, ses membres ont été reçus par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, après la tenue de la première réunion de travail de l’instance à Alger. Plusieurs membres du gouvernement ont également participé à la rencontre.
Le Haut Conseil exerce un rôle consultatif. Son objectif consiste notamment à permettre aux compétences scientifiques établies à l’étranger d’apporter leur expertise aux différents secteurs concernés en Algérie.
Cette démarche doit aussi rapprocher les scientifiques de la diaspora des universités et centres de recherche algériens. Le transfert de technologies et la veille scientifique et technologique figurent également parmi les orientations associées à cette nouvelle structure.
Des compétences dans l’IA, les matériaux et l’ingénierie
La composition du Haut Conseil couvre un large éventail de disciplines. Plusieurs d’entre elles présentent un lien direct avec les transformations technologiques et industrielles.
Dans l’intelligence artificielle, le Conseil compte notamment Karim Djouani et Abdelhamid Mellouk. L’informatique et le génie informatique sont représentés par Athman Bouguettaya, Mohammed Bennamoun, Boualem Benatallah et Mohamed Benaoumeur Senouci.
Les sciences des matériaux occupent également une place importante avec Belgacem Haba, Karim Zaghib et Azzedine Bousseksou.
D’autres spécialités stratégiques apparaissent dans la composition du Conseil. Kamal Youcef-Toumi représente le génie mécanique, Abdelaziz Hamzaoui le génie automatique et Abdelhak Zoubir le génie électrique.
Cette diversité permet à l’instance de réunir des compétences couvrant plusieurs domaines utiles à l’industrie, à la recherche et à l’innovation.
Elias Zerhouni au cœur de la coordination du Conseil
Parmi les membres figure Elias Zerhouni, spécialiste du génie biomédical et coordinateur du Haut Conseil.
À l’occasion de la première réunion, il a indiqué que l’instance préparera une feuille de route en concertation avec les secteurs concernés. Celle-ci doit ensuite être soumise au président de la République.
Le Conseil souhaite notamment identifier les programmes dans lesquels l’expertise de ses membres peut apporter une valeur ajoutée. Pour cela, Elias Zerhouni a mis en avant une première phase consacrée à l’écoute et à la compréhension des besoins scientifiques, économiques et institutionnels du pays.
La démarche doit donc partir des besoins identifiés en Algérie avant de déterminer les programmes auxquels les scientifiques de la diaspora pourront contribuer.
Créer des passerelles avec les compétences présentes en Algérie
Le Haut Conseil ne doit pas fonctionner séparément de l’écosystème scientifique national. L’un de ses objectifs consiste justement à développer des collaborations avec les chercheurs, universités et centres de recherche présents en Algérie.
Lors de la réunion constitutive organisée en juin, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, avait expliqué que la nouvelle instance devait favoriser le transfert des technologies modernes et créer des passerelles avec les établissements algériens.
L’objectif est donc davantage de connecter les compétences que d’organiser un retour systématique des scientifiques établis à l’étranger.
Cette approche peut permettre à des experts travaillant dans différents pays de participer à des projets algériens tout en poursuivant leurs activités internationales.
Une attention portée aux secteurs prioritaires
Les premières orientations évoquées par le Conseil montrent également une volonté de travailler sur des problématiques concrètes.
Elias Zerhouni a notamment cité la sécurité alimentaire parmi les domaines dans lesquels une coopération avec les compétences scientifiques présentes en Algérie pourrait être développée. D’autres secteurs prioritaires doivent être déterminés avec les ministères et institutions concernés.La composition du Haut Conseil permet potentiellement de couvrir plusieurs enjeux. Mohammed Gagaoua intervient dans le domaine de la production animale, tandis que Noreddine Ghaffour est spécialisé dans les sciences de l’environnement.
Touhami Mokrani représente la chimie et Smaine Zeroug la géophysique. Le Conseil comprend également plusieurs spécialistes de la biologie et des sciences médicales.
Toutefois, les projets précis auxquels ces différents experts participeront n’ont pas encore été détaillés. La feuille de route attendue devra apporter davantage de visibilité sur les priorités opérationnelles.
De la médecine aux biotechnologies
La santé et les sciences du vivant occupent également une place significative.
Outre Elias Zerhouni dans le génie biomédical, le Conseil compte Yasmine Belkaid, spécialiste en immunologie, ainsi que Yahia Chebloune et Malika Aid-Boudries dans le domaine de la biologie.
Bachir Taouli et Fayçal Djeridane représentent la médecine. Ces profils complètent une composition qui dépasse largement les seules technologies numériques.
Cette diversité pourrait favoriser des échanges entre différentes disciplines, notamment lorsque les enjeux scientifiques nécessitent de croiser recherche fondamentale, technologies et applications industrielles.
Logistique, génie civil et environnement également représentés
Les secteurs liés aux infrastructures et à l’organisation économique disposent également de représentants.
Laoucine Kerbache apporte une expertise en logistique, tandis que Mohamed Lachemi intervient dans le génie civil. Les sciences de l’environnement sont représentées par Noreddine Ghaffour.
Le Conseil comprend aussi Lydia Bourouiba, dans les mathématiques et la physique, ainsi que Mohamed Bourennane dans le domaine de la physique.
Enfin, Karim Chelli, président d’université, complète cette diversité de profils.
Cette composition donne au Haut Conseil une dimension multidisciplinaire. Elle permet de réunir des expertises scientifiques, technologiques et académiques autour d’une même structure.
Les 27 scientifiques et experts annoncés
La liste publiée le 27 septembre comprend les membres suivants :
- Elias Zerhouni — génie biomédical
- Kamal Youcef-Toumi — génie mécanique
- Belgacem Haba — science des matériaux
- Karim Zaghib — science des matériaux
- Mohamed Lachemi — génie civil
- Lydia Bourouiba — mathématiques et physique
- Malika Aid-Boudries — biologie
- Smaine Zeroug — géophysique
- Bachir Taouli — médecine
- Laoucine Kerbache — logistique
- Noreddine Ghaffour — sciences de l’environnement
- Athman Bouguettaya — informatique
- Karim Djouani — intelligence artificielle
- Mohammed Bennamoun — informatique
- Touhami Mokrani — chimie
- Karim Chelli — président d’université
- Yasmine Belkaid — immunologie
- Mohamed Bourennane — physique
- Azzedine Bousseksou — science des matériaux
- Abdelaziz Hamzaoui — génie automatique
- Boualem Benatallah — informatique
- Mohamed Benaoumeur Senouci — génie informatique
- Abdelhamid Mellouk — intelligence artificielle
- Abdelhak Zoubir — génie électrique
- Mohammed Gagaoua — production animale
- Yahia Chebloune — biologie
- Fayçal Djeridane — médecine.
Une feuille de route désormais attendue
La création du Haut Conseil constitue la première étape. L’enjeu sera désormais de transformer ce réseau de compétences en collaborations concrètes avec l’écosystème scientifique et économique algérien.
Elias Zerhouni a indiqué que le Conseil souhaite également élargir son réseau afin de mobiliser davantage de scientifiques et d’experts algériens établis à l’étranger.
La prochaine étape importante sera donc la présentation de la feuille de route. Elle permettra d’identifier les programmes prioritaires et les modalités de coopération avec les secteurs concernés.
Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse ainsi la constitution d’un réseau de scientifiques de haut niveau. Il s’agit de créer des passerelles capables de faciliter la circulation des connaissances, l’expertise scientifique et le transfert technologique entre la diaspora et les acteurs présents dans le pays.
Algerian Business suit de près les initiatives liées à l’innovation, au transfert de technologies et à la mobilisation des compétences scientifiques algériennes au service du développement économique.
Sources : Algérie Presse Service (APS), Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Algérie Eco



