Mobilis va équiper 201 nouveaux sites en 4G
L’Algérie poursuit l’extension de ses infrastructures de télécommunications. Un nouveau programme prévoit la couverture de 201 sites par un réseau public de télécommunications mobiles de quatrième génération.
L’État a confié la réalisation du projet à ATM Mobilis SPA. Un arrêté du ministère de la Poste et des Télécommunications encadre l’opération et approuve le cahier des charges correspondant.
Le ministère confirme par ailleurs que le service universel vise à garantir l’accès aux réseaux de communications électroniques sur l’ensemble du territoire. Il concerne notamment les zones non couvertes ou insuffisamment desservies.
Le projet doit démarrer à compter de la notification de l’opérateur, conformément aux dispositions rapportées dans l’arrêté.
Plus de 27,3 milliards de dinars pour le programme
Le financement prévu dépasse 27,3 milliards de dinars, soit environ 204 millions de dollars selon Algérie Eco, pour l’ensemble des 201 sites.
Cette enveloppe ne constitue toutefois pas un investissement propre de Mobilis. L’État prend en charge le financement à travers le fonds d’appui du service universel de la poste et du service universel des communications électroniques.
Le coût varie également fortement selon les sites et les contraintes techniques rencontrées. Selon les montants détaillés dans le cahier des charges et rapportés par Algérie Eco, il se situe généralement entre 60 et 100 millions de dinars par site. Dans certains cas, il peut atteindre 500 millions, voire dépasser 700 millions de dinars.
Le service universel constitue précisément l’un des instruments utilisés par l’État pour financer l’accès aux communications électroniques dans les territoires insuffisamment couverts. Le ministère place la généralisation de cet accès parmi les axes de sa stratégie numérique.
Des équipements 4G neufs pour les zones moins couvertes
Les 201 sites 4G de Mobilis doivent principalement renforcer la couverture dans les territoires où l’accès au réseau mobile reste limité.
Le programme concerne notamment certaines zones à faible densité de population et plusieurs axes routiers. Le cahier des charges prévoit l’installation d’équipements neufs intégrant les technologies les plus récentes.
L’objectif consiste à donner accès à la téléphonie et à l’internet mobiles tout en améliorant la disponibilité et la continuité du service.
Cette orientation correspond aux missions du service universel des communications électroniques. Celui-ci couvre notamment l’accès à la téléphonie et à l’internet dans les zones non couvertes, ainsi que l’acheminement des appels d’urgence.
L’itinérance des données prévue entre les opérateurs
Le programme comprend également une dimension importante pour la continuité de la couverture : l’itinérance des données entre les différents opérateurs mobiles présents en Algérie.
Le dispositif doit ainsi permettre aux infrastructures installées dans le cadre du service universel de contribuer plus largement à l’accès aux communications mobiles.
Cette logique répond à l’objectif d’universalité du service. Le ministère définit celui-ci comme un ensemble minimal de services qui doit rester accessible à l’ensemble de la population, sur tout le territoire et à des tarifs abordables.
L’extension de la couverture ne se limite donc pas à l’installation de nouvelles antennes. Elle doit également améliorer l’accès effectif aux services numériques dans les territoires concernés.
Mobilis dispose de 18 à 24 mois pour réaliser les travaux
Le calendrier dépendra des contraintes rencontrées sur chaque site. La réalisation des différentes installations doit prendre entre 18 et 24 mois.
Selon le calendrier prévu, l’ensemble du programme doit être finalisé au plus tard à l’automne 2028.
Le dispositif prévoit également des sanctions en cas de non-respect des obligations contractuelles. Hors cas de force majeure, les retards peuvent entraîner une pénalité allant jusqu’à 10 % du financement attribué au site concerné.
Des dispositions s’appliquent également en cas d’interruption du service. Après mise en demeure, Mobilis pourrait devoir rembourser les montants versés par le fonds pour le site concerné si le service n’est pas rétabli dans les délais prévus.
Ces mécanismes doivent garantir la disponibilité et la continuité du réseau après son déploiement.
Le Cell Broadcast intégré au développement du réseau
Le programme doit également contribuer au déploiement du système Cell Broadcast en Algérie.
Cette technologie permet d’envoyer rapidement des messages d’alerte aux téléphones présents dans une zone géographique déterminée. Elle peut notamment être utilisée lors de catastrophes ou de risques majeurs.
Cette fonction rejoint les missions du service universel. Le cadre réglementaire algérien prévoit en effet la disponibilité de moyens de télécommunications pour la prise en charge des catastrophes et l’acheminement des appels d’urgence.
Le développement du réseau mobile participe ainsi à la fois à l’amélioration de la connectivité et au renforcement des dispositifs d’alerte.
Un programme qui s’inscrit dans l’extension des réseaux mobiles
Les 201 sites confiés à Mobilis s’inscrivent dans une stratégie plus large d’amélioration des infrastructures numériques en Algérie.
Le ministère de la Poste et des Télécommunications fait de la couverture des zones faiblement peuplées l’un des axes du service universel. Un autre programme porte déjà sur 1 400 localités à faible densité de population, réparties à travers les 58 wilayas.
Le secteur accompagne parallèlement les investissements réalisés directement par les opérateurs. Le ministère cite notamment un programme de 5 000 nouveaux sites de téléphonie mobile porté par Mobilis, destiné à étendre la couverture et à améliorer les débits internet.
Il faut toutefois distinguer ce programme d’investissement de Mobilis du nouveau projet des 201 sites. Ce dernier relève du service universel et bénéficie d’un financement public spécifique.
La couverture mobile au cœur de la transformation numérique
Avec plus de 27 milliards de dinars mobilisés, le programme des 201 sites représente un nouveau chantier d’infrastructure numérique.
L’enjeu dépasse la seule couverture téléphonique. Une meilleure connectivité mobile peut faciliter l’accès aux services numériques dans les territoires moins desservis et améliorer les communications sur certains axes routiers.
Le ministère associe d’ailleurs le renforcement des infrastructures de télécommunications au développement de l’économie numérique, à l’innovation et à l’amélioration de l’accès aux services numériques.
Mobilis devra désormais déployer les infrastructures prévues dans les délais fixés. La progression des travaux permettra de mesurer concrètement l’impact des 27,3 milliards de dinars mobilisés par l’État sur la couverture mobile des zones concernées.
Algerian Business suit de près les investissements dans les infrastructures numériques et le développement des télécommunications en Algérie.
Sources : Ministère de la Poste et des Télécommunications, Journal officiel de la République algérienne, Algérie Eco



