L’Algérie poursuit la structuration de sa stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle. Lors d’une réunion interministérielle de coordination, présidée par Kamel Baddari, les principaux axes de la feuille de route nationale ont été présentés afin d’accompagner le développement d’une administration publique intelligente et de renforcer la souveraineté technologique du pays.
Cette stratégie s’appuie sur les travaux de 150 experts nationaux et membres de la diaspora. Elle ambitionne de faire de l’intelligence artificielle un levier de modernisation des services publics, de soutien à l’innovation et de développement économique.
Une gouvernance dédiée à la stratégie nationale en intelligence artificielle
La réunion a permis d’officialiser la création d’une commission de suivi conjointe chargée de veiller à la mise en œuvre des objectifs fixés selon un calendrier défini.
Cette instance aura notamment pour mission de coordonner les actions entre les différents secteurs concernés afin d’assurer le déploiement progressif de la stratégie nationale en intelligence artificielle.
Selon le ministère, cette gouvernance doit accompagner la transformation numérique de l’administration tout en garantissant une meilleure coordination des projets liés à l’IA.
L’Algérie mise sur une IA souveraine et des infrastructures nationales
La feuille de route prévoit le développement de modèles d’intelligence artificielle souverains et open source.
Elle comprend également le renforcement des capacités nationales de calcul grâce à des centres de données haute performance, destinés à permettre aux chercheurs et aux start-up de développer et d’entraîner localement leurs modèles d’intelligence artificielle.
La stratégie prévoit aussi que le stockage et le traitement des données administratives et publiques soient assurés au sein de data centers nationaux hautement sécurisés, dans une logique de souveraineté numérique.
L’innovation et les start-up au cœur de la stratégie
Au-delà des infrastructures, la stratégie nationale repose également sur le développement de l’innovation.
Le ministère rappelle que l’arrêté ministériel 1275 permet désormais aux étudiants de transformer leur projet de fin d’études en start-up ou en brevet.
Entre 2022 et juillet 2026, cette politique a permis la création de 673 start-up, l’enregistrement de 3 949 brevets d’invention ainsi que la délivrance de 2 339 labels « Projet innovant ».
À l’horizon 2030, l’objectif affiché est de commercialiser 5 000 produits innovants labellisés « Made in Algeria », avec l’appui de dispositifs dédiés au financement des prototypes ainsi que d’un fonds de capital-risque lancé à l’Université Alger 3.
Former les talents et rapprocher la recherche de l’industrie
La stratégie prévoit également la création d’un centre de recherche scientifique et de plusieurs unités spécialisées afin d’accélérer le transfert des résultats de la recherche vers des applications industrielles.
L’Algérie dispose aujourd’hui de plus de 57 000 étudiants spécialisés en intelligence artificielle, répartis dans 74 programmes de master. L’École nationale supérieure de l’intelligence artificielle (ENSIA) constitue l’un des principaux établissements dédiés à cette filière.
Par ailleurs, le ministère prévoit l’introduction d’un assistant intelligent destiné à personnaliser le parcours des étudiants ainsi que le développement d’un grand modèle de langage destiné à accompagner les enseignants dès la rentrée universitaire 2026.
Des défis à relever pour accompagner cette transformation
Malgré cette dynamique, plusieurs défis restent à relever.
Le ministère souligne notamment que 90 % des enseignants n’ont pas encore bénéficié d’une formation spécifique à l’intelligence artificielle.
La stratégie insiste également sur la nécessité de mettre en place un cadre éthique afin d’encadrer les usages de ces technologies, notamment face aux risques liés à la fraude intellectuelle et à l’utilisation responsable de l’IA.
L’intelligence artificielle comme levier de compétitivité
Pour Kamel Baddari, la maîtrise des données, des infrastructures numériques et des algorithmes constitue désormais un enjeu majeur de souveraineté technologique.
Selon le ministre, l’intelligence artificielle représente un levier destiné à améliorer la compétitivité de l’économie, à moderniser les services publics et à accompagner les transformations liées à la quatrième révolution industrielle.
La stratégie nationale en intelligence artificielle en Algérie vise à structurer un écosystème associant recherche, innovation, entrepreneuriat et infrastructures numériques.
Algerian Business suit de près les initiatives en matière d’intelligence artificielle, d’innovation et de transformation numérique qui contribuent au développement de l’économie algérienne.
Sources : Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, El Watan.



