Le naphta algérien en Europe a enregistré une forte progression en juillet 2026. Selon les données rapportées par la plateforme spécialisée Attaqa, l’Algérie s’est hissée au premier rang des fournisseurs du marché européen au cours du mois, avec un volume de 397 400 tonnes.
Les livraisons algériennes ont atteint 397 400 tonnes, soit leur niveau mensuel le plus élevé sur le marché européen depuis 14 mois.
Cette progression intervient alors que les importations européennes de naphta ont fortement augmenté. Elles sont passées de 1,25 million de tonnes en juin à 1,74 million de tonnes en juillet, soit près de 490 000 tonnes supplémentaires en un mois.
L’Algérie fournit 397 400 tonnes de naphta à l’Europe
Avec 397 400 tonnes livrées en juillet, l’Algérie devance les autres principaux fournisseurs du marché européen sur la période.
L’Italie arrive en deuxième position avec 264 700 tonnes, suivie de l’Espagne avec 212 300 tonnes. Les États-Unis ont, pour leur part, expédié 160 800 tonnes vers l’Europe.
L’Algérie représente ainsi près de 23 % des 1,74 million de tonnes importées par l’Europe en juillet, sur la base des volumes communiqués. Cette proportion permet de mesurer le poids pris par les livraisons algériennes durant le mois, sans toutefois présager de leur évolution sur les prochains mois.
Le naphta est un produit issu d’hydrocarbures légers utilisé notamment dans le raffinage et la pétrochimie. Il intervient entre autres dans la production de carburants, de plastiques et de solvants.
Les importations européennes progressent de 39,2 %
La première place occupée par l’Algérie intervient dans un contexte de forte progression de la demande européenne à l’importation.
Entre juin et juillet, les volumes importés par l’Europe ont augmenté de 39,2 %, passant de 1,25 à 1,74 million de tonnes.
Cette évolution ne repose pas sur un seul facteur. Les données rapportées mettent notamment en avant les perturbations du transport maritime liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont contribué à modifier les routes commerciales et la répartition des approvisionnements.
La hausse des besoins du secteur européen du raffinage a également soutenu les importations de naphta au cours de la période.
Les tensions au Moyen-Orient modifient les flux algériens
La recomposition des routes maritimes constitue un élément important pour comprendre l’évolution observée en juillet.
Selon les données de Kpler reprises par Argus Media, aucune cargaison algérienne de naphta destinée à l’Asie n’a emprunté le détroit de Bab el-Mandeb en juillet. Un mois auparavant, 132 000 tonnes avaient utilisé cette route située entre la mer Rouge et le golfe d’Aden.
Les expéditions algériennes destinées au marché asiatique ont donc été redirigées vers le cap de Bonne-Espérance, ce qui rallonge les distances parcourues.
Pour autant, les exportations algériennes vers l’Asie n’ont pas reculé sur le mois. Elles ont atteint 441 000 tonnes en juillet, contre 292 000 tonnes en juin.
Ces chiffres montrent ainsi une évolution simultanée des flux algériens vers plusieurs marchés : l’Europe a absorbé un volume important de naphta algérien, tandis que les expéditions vers l’Asie ont également progressé malgré le changement d’itinéraire.
La demande du raffinage européen soutient le marché du naphta
La hausse des importations européennes s’explique également par les conditions observées dans le secteur du raffinage.
En juillet, l’écart de prix entre l’essence et le naphta a atteint 341,8 dollars par tonne, son niveau le plus élevé depuis trois ans selon les données rapportées.
Dans ce contexte, le naphta a joué un rôle dans la production d’essence destinée notamment aux marchés internationaux.
Les exportations européennes d’essence contenant du naphta vers le Brésil ont ainsi atteint 420 000 tonnes en juillet, soit leur niveau le plus élevé depuis octobre 2022. Les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne figurent parmi les principaux pays à l’origine de ces expéditions.
Le marché brésilien pourrait continuer à soutenir la demande
Les évolutions du marché brésilien constituent un autre facteur susceptible d’influencer les besoins européens.
En juin, la Russie représentait 38 % des importations d’essence du Brésil. Or, selon les informations rapportées, Moscou a prolongé son interdiction d’exportation d’essence jusqu’à la fin de l’année.
Le Brésil pourrait donc chercher d’autres sources d’approvisionnement. Une telle évolution pourrait contribuer à maintenir la demande pour les exportations européennes d’essence et, indirectement, les besoins en naphta nécessaires à certaines opérations de raffinage et de mélange.
Il convient néanmoins de rester prudent : les données disponibles permettent d’identifier les facteurs qui soutiennent actuellement le marché, mais pas de conclure que les volumes enregistrés en juillet se maintiendront au même niveau dans les prochains mois.
Une première place à replacer dans le contexte du marché
La position de premier fournisseur de naphta de l’Europe constitue une performance notable pour l’Algérie en juillet 2026. Elle intervient cependant dans une configuration particulière du marché international.
Les perturbations des routes maritimes au Moyen-Orient, la hausse des importations européennes et les besoins du raffinage ont contribué à modifier les flux durant le mois.
Le niveau de 397 400 tonnes doit donc être analysé comme une performance mensuelle, et non comme une position durablement acquise sur le marché européen.
Il illustre néanmoins la capacité de l’Algérie à occuper une place importante dans les approvisionnements européens en produits énergétiques et pétrochimiques, dans un environnement international marqué par une recomposition rapide des flux commerciaux.
Algerian Business suit de près l’évolution des exportations énergétiques algériennes et le positionnement du pays sur les marchés internationaux.
Sources : Attaqa, Kpler, Argus Media, Algérie Eco.



