Les voyageurs qui entrent en Algérie ou quittent le territoire devront suivre de nouvelles modalités pour déclarer les monnaies et les objets de valeur qu’ils transportent.
Un arrêté signé le 12 mai 2026 par le ministre des Finances modifie le dispositif adopté en juillet 2024. Le texte a été publié dans le Journal officiel n° 51 du 19 juillet 2026. Il précise les procédures déclaratives, les justificatifs exigés et les pouvoirs de contrôle des services douaniers.
La déclaration de la monnaie en Algérie passe principalement par voie électronique
La déclaration doit toujours être effectuée par écrit auprès du bureau des douanes lors de l’entrée ou de la sortie du territoire.
Cependant, le nouvel arrêté prévoit que les voyageurs souscrivent cette déclaration essentiellement par voie électronique, avant leur arrivée au bureau des douanes. Le texte ne rend donc pas explicitement la procédure numérique exclusive, mais il en fait le canal principal.
Le voyageur doit utiliser le formulaire fixé par l’arrêté. Il doit le renseigner intégralement, puis le signer. Les services douaniers enregistrent ensuite la déclaration et assurent son suivi.
Cette évolution doit permettre de centraliser les informations en amont du passage en douane et de faciliter les contrôles aux frontières.
Quels biens sont concernés par la déclaration de la monnaie en Algérie ?
Le nouveau texte élargit et précise la liste des biens soumis à la déclaration.
L’obligation concerne les billets de banque et les pièces de monnaie. Elle couvre également les moyens de paiement au porteur, les effets de commerce et les titres de créance négociables.
Les métaux précieux et les pierres précieuses détenus par les voyageurs entrent aussi dans le périmètre de la déclaration. L’obligation reste toutefois liée au seuil prévu par la législation et la réglementation en vigueur. L’arrêté modificatif ne fixe pas lui-même un nouveau montant dans les dispositions publiées.
Les voyageurs doivent donc distinguer la nature des biens concernés des seuils applicables. Ces derniers continuent de dépendre des textes réglementaires en vigueur.
De nouveaux justificatifs pour les voyageurs non-résidents
Le texte apporte également des précisions pour les voyageurs non-résidents qui quittent l’Algérie avec des montants importés mais non dépensés pendant leur séjour.
À leur départ, ils doivent présenter la déclaration établie lors de leur entrée sur le territoire. Cette déclaration doit porter le visa d’un guichet de la Banque d’Algérie, d’une banque intermédiaire agréée ou d’un bureau de change.
Le document doit aussi permettre de constater les opérations de change réalisées pendant le séjour. Cette formalité vise à assurer la traçabilité entre les sommes déclarées à l’arrivée, les opérations effectuées en Algérie et les montants réexportés.
Les douanes peuvent demander l’origine et la destination des fonds
Les agents des douanes disposent désormais d’un cadre plus précis pour demander des informations complémentaires aux voyageurs.
Ils peuvent exiger tout document jugé utile concernant l’origine des montants et des valeurs transportés. Ils peuvent également demander des informations sur leur destination.
Ces contrôles peuvent notamment porter sur le bénéficiaire réel des fonds, leur destinataire ou la justification économique du transport des sommes déclarées.
Cette disposition peut concerner les particuliers, mais aussi les dirigeants, les investisseurs et les voyageurs d’affaires qui transportent des moyens de paiement ou des valeurs lors de leurs déplacements.
Une base de données dédiée aux déclarations
Les services douaniers constitueront des bases de données consacrées aux déclarations de monnaies nationale et étrangères.
Ces bases pourront contenir l’identité et l’adresse du voyageur, ses documents de voyage, les montants déclarés, sa provenance et sa destination. Elles intégreront également l’origine des fonds, leur destination ainsi que l’identité des bénéficiaires effectifs.
Les fausses déclarations, les montants non déclarés et les manquements aux obligations réglementaires seront également enregistrés.
Le texte prévoit enfin l’échange et l’exploitation de ces informations dans le cadre de la coopération nationale et internationale. Les données relatives aux infractions pourront notamment être transmises à l’organisme spécialisé dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
La déclaration de la monnaie en Algérie entre dans une nouvelle phase avec la numérisation des procédures, le renforcement de la traçabilité des flux financiers et une coordination accrue entre les administrations concernées.
Algerian Business suit de près l’évolution de la réglementation financière et des procédures applicables aux opérateurs économiques en Algérie.
Sources : Journal officiel de la République algérienne n° 51 du 19 juillet 2026 ; Algérie Eco.



