Les pièces plastiques automobiles produites localement privilégiées dès 2027
L’Algérie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de développement d’une industrie automobile davantage intégrée localement. Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a fixé au 31 décembre 2026 la date limite pour l’importation des pièces plastiques automobiles lorsqu’elles peuvent être fabriquées localement.
À compter de 2027, les opérateurs agréés dans la fabrication et le montage automobile devront ainsi s’appuyer sur la production nationale pour les composants concernés.
Cette décision a été annoncée à Tissemsilt à l’occasion de l’inauguration de l’unité General Plastic Injection (GPI), spécialisée dans la fabrication de composants et accessoires plastiques. L’entreprise relève du groupe public Algeria Chemical Specialities (ACS).
La mesure ne signifie donc pas l’arrêt de toutes les importations de pièces plastiques automobiles. Elle vise spécifiquement les composants qui peuvent être produits localement, notamment par la nouvelle unité de Tissemsilt.
GPI au cœur de la nouvelle chaîne d’approvisionnement
La nouvelle usine doit occuper une place centrale dans l’approvisionnement des constructeurs automobiles installés en Algérie.
Sifi Ghrieb a indiqué que les opérateurs agréés seront tenus de recourir à la production de l’usine de Tissemsilt pour les composants pouvant être fabriqués localement. Les relations entre GPI et les constructeurs devront être organisées dans le cadre d’un cahier des charges clairement défini.
Quelques jours avant l’inauguration, le ministère de l’Industrie avait déjà réuni les représentants des entreprises algériennes agréées dans la fabrication automobile afin de préparer cette localisation.
Les constructeurs doivent notamment fournir les moules nécessaires à GPI pour permettre la fabrication des composants correspondant aux besoins de leurs différentes usines. Les opérateurs concernés se sont engagés à les mettre à disposition afin d’accélérer le lancement des productions.
Sifi Ghrieb veut mettre fin aux importations pouvant être remplacées localement
L’objectif affiché est de substituer progressivement la production nationale aux composants actuellement importés lorsque les capacités industrielles existent en Algérie.
Sifi Ghrieb, Premier ministre, a ainsi déclaré : « Plus aucune pièce plastique entrant dans l’industrie automobile qui pourrait être fabriquée chez GPI ne sera importée à partir du début de l’année prochaine ».
Le Premier ministre a également demandé que les moules nécessaires à la fabrication des différents composants soient disponibles au niveau de l’usine avant la fin de l’année 2026.
Cette étape est essentielle. Une usine d’injection plastique doit disposer des moules correspondant aux spécifications des pièces utilisées par chaque constructeur. La coordination entre les fabricants automobiles et GPI devient donc l’une des conditions de mise en œuvre du nouveau dispositif.
L’Algérie veut augmenter le taux d’intégration automobile
Au-delà de la substitution aux importations, cette orientation répond à un objectif plus large : augmenter la part de valeur ajoutée créée en Algérie dans la fabrication automobile.
Sifi Ghrieb a insisté sur la nécessité d’atteindre un « taux d’intégration effectif » et de développer une véritable industrie automobile reposant sur une production locale à plus forte valeur ajoutée.
La stratégie gouvernementale repose notamment sur le développement d’un tissu de sous-traitants capables de fournir directement les constructeurs. Les composants plastiques constituent l’une des premières familles de pièces concernées par cette démarche.
Le ministère de l’Industrie avait d’ailleurs présenté la localisation de ces composants comme un moyen de renforcer simultanément l’intégration nationale, la sous-traitance et la base locale de production de pièces automobiles.
L’enjeu est donc de faire évoluer progressivement le modèle automobile vers une chaîne de valeur comprenant davantage d’équipementiers et de fournisseurs implantés dans le pays.
Une usine dimensionnée pour près de 200 000 véhicules
Selon les données communiquées lors de l’inauguration et rapportées par Algérie Eco, l’unité de Tissemsilt doit produire 251 000 pièces par an, destinées à équiper près de 200 000 véhicules.
Le taux d’intégration nationale annoncé pour l’usine est de 40 % dans une première phase, avec l’objectif de le porter progressivement à 70 %.
Ces chiffres correspondent aux capacités et objectifs annoncés pour le projet. Ils ne doivent donc pas être assimilés à des volumes de production déjà réalisés.
L’unité doit également monter progressivement en charge, avec des investissements supplémentaires prévus afin de lui permettre d’atteindre sa capacité de production et de fonctionner en continu.
300 emplois directs et 500 emplois indirects annoncés
L’impact économique du projet doit également se mesurer en matière d’emploi. Selon les informations communiquées lors de l’inauguration, l’usine devrait générer 300 emplois directs et 500 emplois indirects.
Au-delà des postes créés directement par l’activité industrielle, le projet doit stimuler plusieurs activités connexes, notamment la logistique, le transport, les services et la sous-traitance.
Les autorités mettent également en avant les opportunités susceptibles d’être créées pour les PME et les entreprises spécialisées dans la plasturgie.
La constitution d’un réseau de fournisseurs constitue un enjeu important pour le développement d’une industrie automobile intégrée. Plus la production locale de composants progresse, plus la chaîne de valeur peut s’étendre au-delà des seules usines d’assemblage ou de fabrication de véhicules.
GPI pourra également fournir d’autres industries
L’activité de General Plastic Injection ne doit pas se limiter au secteur automobile.
L’usine est conçue pour fabriquer des composants plastiques pouvant également répondre aux besoins d’autres branches industrielles. Les informations communiquées lors de son inauguration mentionnent notamment l’électroménager, l’industrie du câble et les équipements frigorifiques.
Cette diversification peut permettre à GPI de répartir ses capacités entre plusieurs marchés industriels et d’élargir progressivement son portefeuille de clients.
Elle pourrait également favoriser le développement d’une filière locale de plasturgie industrielle dont les débouchés dépassent le seul marché automobile.
Un enjeu de substitution aux importations
La décision annoncée à Tissemsilt illustre une orientation industrielle plus large : remplacer certaines importations par une production locale lorsque les capacités nécessaires sont disponibles.
Dans l’automobile, cette stratégie peut avoir un impact direct sur la chaîne d’approvisionnement des constructeurs. Ceux-ci devront progressivement intégrer davantage de fournisseurs locaux pour les catégories de composants concernées.
La réussite de cette politique dépendra néanmoins de plusieurs paramètres : capacité de GPI à répondre aux volumes demandés, conformité des composants aux exigences techniques des constructeurs, disponibilité des moules, maîtrise des coûts et respect des calendriers industriels.
Le cahier des charges annoncé devra justement encadrer les relations entre l’équipementier et les constructeurs.
Vers une filière automobile davantage intégrée localement
L’inauguration de GPI et la décision annoncée pour 2027 donnent une dimension concrète à la stratégie de localisation des composants automobiles.
L’objectif n’est plus seulement d’attirer des constructeurs, mais également de développer autour d’eux une chaîne de fournisseurs capable de produire une part croissante des pièces nécessaires à la fabrication des véhicules.
Les composants plastiques constituent une première étape. Le ministère de l’Industrie travaille déjà avec les constructeurs sur la localisation de cette production et sur la fourniture des moules nécessaires à GPI.
À partir de 2027, la mise en œuvre effective de cette obligation permettra de mesurer la capacité de la filière à substituer une production locale aux importations tout en répondant aux exigences industrielles des constructeurs présents en Algérie.
Algerian Business suit de près le développement de l’industrie automobile en Algérie, la montée de l’intégration locale et l’émergence d’un tissu national de sous-traitants et d’équipementiers.
Sources : Algérie Presse Service (APS), Ministère de l’Industrie, General Plastic Injection, Algérie Eco



