Djezzy Payment Services autorisée à se constituer en PSP
Djezzy franchit une première étape dans sa diversification vers les services financiers numériques. Le Conseil monétaire et bancaire de la Banque d’Algérie a autorisé Djezzy Payment Services, filiale d’Optimum Telecom Algérie, à se constituer en Prestataire de services de paiement.
La décision a été prise lors d’une session ordinaire du Conseil monétaire et bancaire, présidée par Mohand Bouraï, gouverneur de la Banque d’Algérie.
Cette autorisation permet à Djezzy d’avancer dans la création de sa structure dédiée aux services de paiement. Elle marque ainsi une diversification de l’opérateur au-delà de son activité historique dans les télécommunications.
Dans son communiqué, Djezzy estime que cette décision ouvre la voie au développement de solutions de paiement digital et à sa contribution à la diversification des moyens de paiement en Algérie. L’entreprise indique également qu’elle poursuivra les démarches réglementaires nécessaires pour obtenir son agrément.
Les PSP, de nouveaux acteurs du système financier algérien
Le statut de Prestataire de services de paiement fait partie des évolutions introduites par la loi n°23-09 portant loi monétaire et bancaire.
La Banque d’Algérie présente les PSP comme de nouveaux intermédiaires financiers créés afin de contribuer à deux objectifs : diversifier les moyens de paiement et renforcer l’inclusion financière.
L’arrivée de ces nouveaux acteurs ouvre ainsi le marché des paiements à des entreprises spécialisées qui ne relèvent pas nécessairement du modèle bancaire traditionnel. Leur activité reste néanmoins encadrée par la Banque d’Algérie et soumise à une procédure réglementaire spécifique.
Pour Djezzy, cette évolution réglementaire crée donc une possibilité de développer une nouvelle activité autour des transactions financières numériques, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires.
Djezzy doit encore obtenir l’agrément de la Banque d’Algérie
La distinction entre autorisation de constitution et agrément est essentielle. La décision annoncée le 23 septembre ne signifie pas que Djezzy Payment Services peut immédiatement commencer à exercer comme PSP.
L’autorisation a été accordée conformément au règlement n°25-02, qui fixe les conditions d’autorisation de constitution, d’agrément et d’exercice des activités des Prestataires de services de paiement.
Djezzy Payment Services devra désormais déposer une demande d’agrément auprès de la Banque d’Algérie. Cette démarche devra intervenir dans un délai maximal de 12 mois à compter de la notification de la décision d’autorisation de constitution.
L’entreprise a confirmé qu’elle poursuivrait les procédures nécessaires. À ce stade, il convient donc de parler d’une préparation à l’entrée sur le marché des paiements plutôt que d’un lancement effectif des services.
Le paiement digital devient un nouvel axe de diversification pour Djezzy
L’obtention de cette autorisation constitue une évolution stratégique pour Djezzy. À travers une filiale spécifiquement consacrée aux paiements, l’opérateur prépare son positionnement sur un marché différent de son cœur d’activité télécom.
Dans son communiqué, Djezzy souligne que la décision « ouvre la voie au développement, par Djezzy, de solutions de paiement digital » et à sa contribution à la diversification des moyens de paiement en Algérie.
L’entreprise n’a cependant pas encore détaillé les solutions commerciales que Djezzy Payment Services compte proposer. Aucun calendrier de lancement, nombre d’utilisateurs ciblé ou objectif financier n’a été communiqué dans les annonces disponibles.
Il faudra donc attendre les prochaines étapes réglementaires et les communications de l’entreprise pour connaître précisément son offre.
Le paiement digital en Algérie bénéficie d’un nouveau cadre réglementaire
Au-delà du cas de Djezzy, l’autorisation illustre l’évolution du cadre du paiement digital en Algérie. La création du statut de PSP permet l’émergence de nouveaux intermédiaires dans un secteur longtemps organisé principalement autour des banques et des acteurs financiers traditionnels.
Le dispositif réglementaire permet notamment d’encadrer les conditions dans lesquelles ces entreprises peuvent se constituer, obtenir leur agrément puis exercer leurs activités.
Pour la Banque d’Algérie, le développement des PSP doit contribuer à la diversification des moyens de paiement et au renforcement de l’inclusion financière.
L’entrée d’un opérateur télécom sur ce segment est particulièrement notable en raison de son activité historique dans les services numériques et de sa relation directe avec les utilisateurs mobiles. Elle pourrait créer de nouvelles passerelles entre télécommunications et services financiers numériques, même si l’offre exacte de Djezzy Payment Services reste à définir.
Une première étape avant le lancement de Djezzy Payment Services
La décision du Conseil monétaire et bancaire représente donc une première étape réglementaire, et non l’autorisation définitive d’exercer.
Djezzy Payment Services dispose désormais d’un cadre lui permettant de poursuivre sa constitution en tant que PSP. La prochaine étape déterminante sera l’obtention de l’agrément de la Banque d’Algérie dans le cadre prévu par le règlement n°25-02.
L’évolution du dossier sera particulièrement suivie dans un contexte où la modernisation des paiements constitue l’un des axes de transformation du secteur financier algérien.
Pour Djezzy, l’enjeu est également stratégique : le groupe prépare son entrée dans les services de paiement à travers une filiale dédiée, ouvrant ainsi un nouveau relais potentiel de diversification au-delà des télécommunications.
Algerian Business suit de près l’évolution des services financiers numériques et les nouveaux acteurs qui participent à la transformation de l’écosystème des paiements en Algérie.
Sources : Banque d’Algérie, Djezzy, APS, Algérie Eco



