La fabrication d’ascenseurs en Algérie s’organise autour d’un programme de 7 000 unités
L’industrie algérienne des équipements de levage veut renforcer ses capacités de production locale. L’ENCC, filiale de la Société nationale de sidérurgie (SNS Holding), et l’ENASC ont conclu une convention-cadre destinée à développer leur coopération industrielle et commerciale dans la fabrication d’ascenseurs.
L’accord intervient dans le cadre de la première phase d’un programme portant sur 7 000 ascenseurs résidentiels. Selon SNS Holding, l’objectif est notamment de renforcer l’outil national de production, d’accroître l’intégration industrielle et de contribuer progressivement à la structuration d’une filière nationale consacrée aux équipements de levage.
Le chiffre de 7 000 constitue ainsi l’un des principaux enjeux industriels du partenariat. Il correspond au programme dans lequel s’inscrit cette première phase de coopération et ne signifie pas que ces équipements ont déjà été produits ou livrés. Aucun calendrier détaillé de réalisation ni montant d’investissement n’a été communiqué.
ENCC et ENASC veulent développer la fabrication locale
Au-delà de la production d’ascenseurs, la convention porte sur la localisation de plusieurs composants et activités industriels. Les deux entreprises veulent notamment développer en Algérie la fabrication des structures métalliques, des pièces mécaniques et des accessoires destinés aux ascenseurs et aux monte-charges.
Le partenariat repose sur la complémentarité des capacités industrielles des deux entreprises publiques. L’ENCC doit mobiliser son savoir-faire dans la conception, la fabrication et le montage de structures métalliques, tandis que l’ENASC intervient sur différentes étapes de la chaîne de valeur, depuis l’ingénierie jusqu’à l’installation et la maintenance des équipements.
Cette organisation doit permettre aux deux groupes de mutualiser leurs compétences plutôt que de limiter la coopération à la fourniture d’un produit fini. Elle ouvre ainsi la voie à une intégration plus large des opérations nécessaires à la réalisation et à l’exploitation des ascenseurs.
Une chaîne de valeur qui va de l’ingénierie à la maintenance
L’intérêt industriel de l’accord réside également dans l’étendue des activités concernées. La chaîne de valeur ne s’arrête pas à l’assemblage des ascenseurs : elle comprend la conception et l’ingénierie, la fabrication de composants, le montage, l’installation puis la maintenance.
SNS Holding présente cette coopération comme une alliance « stratégique » devant également répondre à plusieurs impératifs : qualité et sécurité des équipements, maîtrise des coûts et respect des délais de réalisation.
Le développement de capacités locales sur ces différents métiers pourrait permettre de renforcer progressivement l’écosystème national autour des équipements de levage. Toutefois, la communication officielle ne précise pas à ce stade la proportion des composants qui seront effectivement fabriqués en Algérie. Aucun taux d’intégration locale n’a notamment été annoncé.
Une coopération entre deux entreprises publiques algériennes
La convention a été signée par Abdelhalim Arouche, PDG de l’ENCC, et Said Brahmi, présenté dans la communication officielle comme dirigeant de l’entreprise partenaire. Elle s’inscrit plus largement dans une politique de développement des partenariats entre entreprises publiques et de renforcement de l’intégration industrielle nationale.
L’ENCC dispose de compétences directement mobilisables pour la fabrication des éléments métalliques nécessaires aux équipements. L’ENASC apporte pour sa part son expertise spécialisée dans le domaine des ascenseurs et des différentes opérations associées à leur déploiement.
En rapprochant ces capacités, les deux entreprises cherchent ainsi à construire une offre davantage intégrée sur le marché national, depuis la production de certaines pièces jusqu’à l’installation et au suivi des équipements.
Vers une filière algérienne des équipements de levage
L’un des objectifs affichés par SNS Holding est précisément de contribuer à la constitution d’une filière nationale intégrée d’équipements de levage. L’enjeu dépasse donc la réalisation du programme de 7 000 ascenseurs et concerne la construction de capacités industrielles susceptibles d’être mobilisées sur d’autres besoins à l’avenir.
La fabrication locale de structures et de pièces mécaniques peut notamment permettre aux industriels concernés de développer leur maîtrise technique sur une partie plus importante de la chaîne de valeur. La maintenance représente également une activité importante sur la durée de vie des équipements, au-delà de leur production et de leur installation initiales.
La portée réelle de cette intégration dépendra néanmoins des modalités de mise en œuvre de la convention. Les entreprises n’ont pas communiqué, pour l’instant, le volume d’investissement prévu, les sites industriels concernés, le calendrier de production ou encore la part précise des composants qui seront produits localement.
La production locale au centre du partenariat
Avec cette convention, l’ENCC et l’ENASC inscrivent leur coopération dans une logique de production locale et de complémentarité industrielle. Le programme des 7 000 ascenseurs résidentiels doit constituer un premier terrain d’application pour cette collaboration.
La prochaine étape sera donc celle de la mise en œuvre industrielle : organisation de la production, répartition des composants, volumes réalisés localement et calendrier de livraison permettront de mesurer concrètement la portée du partenariat.
À ce stade, l’accord établit le cadre de coopération entre les deux entreprises. Il constitue une étape vers le développement d’une filière nationale des ascenseurs, mais les informations disponibles ne permettent pas encore de quantifier son impact en matière d’investissement, de capacités supplémentaires ou de substitution aux importations.
Algerian Business suit de près le développement de la production locale et les partenariats industriels contribuant à la structuration de nouvelles chaînes de valeur en Algérie.
Sources : APS, Algérie Eco



