L’entreprise algérienne Anacard’Or franchit une nouvelle étape dans son développement international. Spécialisée dans la transformation de noix de cajou, la société prévoit d’installer trois usines en Tanzanie, l’un des principaux producteurs mondiaux de cette matière première.
Le projet a été présenté par son propriétaire et directeur général, Walid Dib, à l’ambassadeur de Tanzanie en Algérie, Mobhare Matinyi, lors d’une visite de l’usine d’Anacard’Or à Oran. Cette implantation doit permettre à l’entreprise de se rapprocher directement des zones de production tout en développant davantage de transformation locale.
Anacard’Or prépare trois usines de transformation en Tanzanie
La première unité doit être implantée à Masasi, dans la région de Mtwara. Anacard’Or travaille déjà avec un partenaire local pour finaliser l’enregistrement d’une société qui devrait porter le nom de Kilimanjaro Nuts Limited.
L’entreprise prévoit d’équiper cette première usine avec des machines modernes en provenance du Vietnam. Les commandes d’équipements doivent intervenir en septembre, tandis que des experts vietnamiens sont attendus pour accompagner l’installation et la formation des équipes locales.
La formation des collaborateurs tanzaniens doit débuter à partir de janvier 2027. Le projet associe ainsi investissement industriel, transfert de compétences et développement d’un savoir-faire local.
Une stratégie d’implantation au plus près de la matière première
Le choix de la Tanzanie repose en grande partie sur la qualité et le volume de sa production de noix de cajou. Le pays dispose d’une filière agricole importante et cherche désormais à augmenter la part de la récolte transformée localement avant exportation.
Pour Anacard’Or, l’implantation industrielle permet aussi de sécuriser une partie de ses approvisionnements. L’entreprise importe déjà des noix de cajou tanzaniennes qu’elle transforme dans son usine d’Oran.
Walid Dib a indiqué avoir récemment reçu plusieurs cargaisons et avoir d’autres conteneurs actuellement en transit entre la Tanzanie et l’Algérie. Chaque conteneur mentionné transporte 27 tonnes de noix de cajou, ce qui représente déjà plusieurs centaines de tonnes à différents stades d’acheminement.
La Tanzanie veut transformer davantage sa production localement
Le projet d’Anacard’Or s’inscrit directement dans les priorités industrielles de la Tanzanie. Les autorités cherchent à développer les activités de décorticage et de transformation afin de conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays.
Aujourd’hui, une grande partie de la récolte est encore exportée sous forme brute. Selon les données citées, plus de 90 % de la production annuelle de noix de cajou tanzanienne serait encore expédiée sans transformation importante.
Le Tanzania Cashew Board vise donc une montée en capacité rapide. L’objectif affiché est de transformer localement au moins 60 % de la production nationale d’ici 2030.
Une production de 617 683 tonnes en 2025/2026
La Tanzanie a produit 617 683 tonnes de noix de cajou lors de la campagne 2025/2026, selon les chiffres communiqués par son ambassade en Algérie.
Cette production aurait généré environ 1 250 milliards de shillings tanzaniens, soit près de 473 millions de dollars selon les données citées dans l’article.
La progression est particulièrement forte sur la dernière décennie. La production était de 155 244 tonnes en 2015/2016 avant de dépasser 600 000 tonnes dix ans plus tard.
Les autorités tanzaniennes visent désormais 750 000 tonnes lors de la prochaine campagne, puis 1 million de tonnes à l’horizon 2030.
Un marché important pour les industriels de la transformation
Cette croissance de la production crée un besoin important en capacités industrielles locales. Le principal enjeu pour la Tanzanie est désormais d’éviter que l’augmentation des récoltes ne se traduise uniquement par davantage d’exportations de produits bruts.
Pour les investisseurs, le marché de la transformation offre donc un potentiel important. Les entreprises capables d’apporter des équipements, des process industriels et des débouchés commerciaux peuvent trouver un environnement favorable à leur développement.
Anacard’Or cherche précisément à se positionner sur cette partie de la chaîne de valeur.
Une internationalisation industrielle pour une entreprise algérienne
Le projet est également intéressant du point de vue algérien. Il illustre une stratégie d’internationalisation d’une entreprise algérienne par l’investissement industriel direct en Afrique.
Au lieu de se limiter à importer une matière première puis à la transformer en Algérie, Anacard’Or cherche désormais à installer une partie de ses capacités directement dans le pays producteur.
Cette approche peut permettre à l’entreprise de réduire certains coûts logistiques, d’accéder plus facilement aux volumes locaux et de mieux se positionner sur les marchés internationaux.
Un levier pour les échanges Algérie-Tanzanie
L’investissement peut aussi contribuer au développement des relations économiques entre l’Algérie et la Tanzanie.
La présence d’une entreprise algérienne dans l’agro-industrie tanzanienne peut ouvrir la voie à de nouveaux flux commerciaux, à des partenariats locaux et à un développement plus large des relations entre opérateurs privés des deux pays.
Le projet peut également renforcer la visibilité des entreprises algériennes sur le marché est-africain.
Emploi, compétences et valeur ajoutée locale
Les autorités tanzaniennes mettent en avant plusieurs bénéfices attendus : création d’emplois, augmentation des recettes publiques, transfert de compétences et génération de devises.
L’installation de trois unités industrielles peut également stimuler des activités connexes autour de la logistique, du stockage, de l’emballage et du transport.
Anacard’Or prépare déjà des entrepôts à Masasi pour accompagner le développement de sa première implantation.
Une première étape avant deux autres usines
La première unité de Masasi doit servir de point de départ au projet. Deux autres usines sont ensuite prévues, même si leur localisation et leur calendrier n’ont pas encore été détaillés.
L’enjeu pour Anacard’Or sera de réussir le lancement de cette première phase avant de poursuivre son expansion.
Le développement effectif du projet dépendra notamment de l’installation des équipements, de la formation des équipes locales et de la montée en cadence de la transformation.
Une nouvelle illustration de l’expansion des entreprises algériennes en Afrique
Le projet d’Anacard’Or montre qu’une entreprise algérienne peut chercher sa croissance au-delà du marché national en investissant directement dans un autre pays africain.
Cette logique d’implantation peut devenir un modèle pour d’autres entreprises algériennes souhaitant accéder à des matières premières, développer des capacités locales ou conquérir de nouveaux marchés.
Pour Anacard’Or, la Tanzanie pourrait ainsi devenir une base industrielle importante dans son développement régional et international.
Algerian Business suit de près l’internationalisation des entreprises algériennes et les investissements industriels capables de renforcer leur présence sur les marchés africains.
Sources : Ambassade de Tanzanie en Algérie, Algérie Eco, Agence Ecofin.



