L’industrie du smartphone en Algérie franchit une nouvelle étape avec l’entrée en production d’une unité portée par Smart Technologic Innovation (STI) en partenariat avec le constructeur chinois Vivo.
Implantée dans la zone industrielle d’Es Sénia, à Oran, l’usine a été inaugurée en août 2026 et s’étend sur 7 000 m².
Le site dispose actuellement de deux lignes opérationnelles et affiche une capacité initiale de 2 000 smartphones par jour.
À terme, l’objectif est de porter la production à 6 000 appareils quotidiens, soit près de 1,8 million de smartphones par an.
L’industrie du smartphone en Algérie change d’échelle
Le projet STI-Vivo vise à renforcer les capacités locales de production dans un secteur qui avait connu une première phase de développement avant de ralentir à la fin des années 2010.
La nouvelle unité d’Oran s’inscrit dans une logique différente de celle du simple assemblage de kits importés.
Les promoteurs du projet mettent en avant une ambition de production locale à 100 %, avec une montée progressive de l’intégration industrielle et un transfert de technologie.
À ce stade, les informations disponibles ne détaillent toutefois pas précisément le calendrier permettant d’atteindre ce niveau d’intégration ni la part de composants qui seront effectivement produits localement à chaque étape.
Il s’agit donc d’un objectif industriel affiché, dont la concrétisation devra être observée au fil de la montée en puissance du site.
Jusqu’à 6 000 smartphones produits chaque jour
La nouvelle usine dispose pour l’instant d’une capacité de 2 000 smartphones par jour.
Le site doit progressivement atteindre 6 000 unités quotidiennes.
Rapporté à une année complète, cet objectif correspond à près de 1,8 million de smartphones par an.
Même si ces volumes restent inférieurs à ceux des principaux hubs asiatiques, ils constituent une capacité significative à l’échelle du marché algérien.
L’enjeu pour STI et Vivo sera désormais d’accompagner cette montée en cadence par une augmentation du niveau d’intégration locale et par la structuration d’un écosystème de fournisseurs.
600 emplois directs visés à terme
Le projet présente également un enjeu important en matière d’emploi.
Environ 200 personnes travaillent déjà sur le site d’Es Sénia.
La montée en puissance de l’usine doit porter les effectifs à 600 emplois directs.
Les promoteurs du projet évoquent également plus de 1 200 emplois indirects attendus.
Cette progression dépendra notamment de l’évolution de la production, du développement de la sous-traitance et de la capacité à intégrer davantage d’activités localement.
Vivo apporte un partenaire industriel de dimension internationale
Fondé en 2009, Vivo s’est imposé parmi les principaux fabricants mondiaux de smartphones.
Selon les données citées dans la source, la marque occupait la quatrième place mondiale en 2025, avec 103,9 millions d’appareils expédiés et une part de marché de 8,2 %.
La présence d’un acteur de cette dimension peut renforcer la portée industrielle du projet d’Oran, notamment en matière de transfert de technologie, de standards de production et de montée en compétence.
Pour STI, ce partenariat permet de s’appuyer sur l’expérience d’un constructeur présent sur plusieurs marchés en Asie, en Europe et en Afrique.
Une relance après une première vague d’industrialisation
L’industrie du smartphone en Algérie n’en est pas à sa première phase de développement.
Condor avait lancé dès 2013 un smartphone fabriqué en Algérie, faisant de Bordj Bou Arréridj l’un des premiers pôles de cette activité.
D’autres opérateurs avaient ensuite suivi, avec un modèle largement fondé sur l’assemblage de kits SKD ou CKD.
Cette première phase avait cependant montré ses limites, en raison d’une forte dépendance aux composants importés et d’un niveau d’intégration locale jugé insuffisant.
À partir de 2019, la remise en cause des avantages liés à l’importation de kits avait entraîné l’arrêt de plusieurs unités.
L’intégration locale devient le principal enjeu
Depuis 2023-2024, l’orientation affichée par les autorités vise davantage l’intégration industrielle.
En avril 2024, le Conseil des ministres avait demandé l’élaboration d’un cahier des charges destiné à encadrer les projets de montage et d’assemblage de téléphones mobiles.
L’objectif est de favoriser les partenariats industriels, le transfert de savoir-faire et la fabrication locale de certains sous-ensembles.
Dans ce nouveau cadre, l’industrie du smartphone en Algérie doit progressivement évoluer d’un modèle d’assemblage vers une logique de production intégrée.
Le projet STI-Vivo s’inscrit directement dans cette ambition.
Un potentiel pour la sous-traitance électronique
La montée en intégration peut aussi ouvrir des opportunités pour les entreprises algériennes.
La fabrication de smartphones mobilise une chaîne de valeur large : composants électroniques, câblage, plasturgie, emballage, accessoires, maintenance, logiciels, logistique et contrôle qualité.
Plus le niveau d’intégration locale progresse, plus le projet peut créer des débouchés pour des fournisseurs et sous-traitants nationaux.
C’est précisément sur ce point que se jouera la capacité de l’usine d’Oran à dépasser un simple modèle d’assemblage.
Un nouveau chapitre pour le “Made in Algeria”
Avec un objectif de 1,8 million de smartphones par an, jusqu’à 600 emplois directs et plus de 1 200 emplois indirects, le projet d’Oran constitue l’un des développements les plus visibles de la relance de l’électronique grand public en Algérie.
La présence de Vivo apporte un partenaire international, tandis que STI porte l’ancrage industriel local.
Le véritable enjeu sera désormais de mesurer la progression de l’intégration, la part de valeur ajoutée réalisée localement et la capacité du site à faire émerger un réseau de fournisseurs algériens.
Si ces objectifs se concrétisent, l’usine pourrait contribuer à faire évoluer l’industrie du smartphone en Algérie vers un modèle plus intégré et plus durable.
Algerian Business suit de près le développement des industries technologiques en Algérie et les partenariats susceptibles de renforcer l’intégration locale, l’emploi et le transfert de technologie.
Sources : L’Algérie Aujourd’hui, Smart Technologic Innovation, Vivo.



