L’Algérie et la Russie ont réaffirmé leur volonté de consolider et d’approfondir leurs liens économiques à l’occasion de la 13e session de la Commission intergouvernementale mixte algéro-russe, tenue à Moscou. Coprésidée par le ministre algérien des Hydrocarbures Mohamed Arkab et le vice-Premier ministre de la Fédération de Russie Dmitry Patrushev, cette session s’est conclue par la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente dans des domaines variés, confirmant la densité et la diversité d’une relation bilatérale qui va bien au-delà des seuls hydrocarbures.
Un cadre institutionnel dense, des accords dans des secteurs variés
Les accords signés à l’issue de la session couvrent un large spectre de la coopération bilatérale. La coopération douanière, le tourisme, l’inspection du travail, la promotion de l’emploi, l’inspection pharmaceutique, la métrologie, la recherche scientifique et la conservation du patrimoine culturel figurent parmi les domaines visés par ces engagements formels. Cette diversité thématique illustre la profondeur des relations algéro-russes, qui dépassent largement le seul cadre énergétique pour couvrir des dimensions institutionnelles, sociales et culturelles.
L’énergie au cœur des ambitions communes
Si les accords signés couvrent de nombreux secteurs, c’est bien l’énergie qui constitue l’axe stratégique central de la relation algéro-russe. Mohamed Arkab a souligné que les hydrocarbures, les mines et l’énergie figurent parmi les domaines de coopération les plus prometteurs entre les deux pays. Les discussions ont porté sur les perspectives de développement dans le pétrole, le gaz, les industries de transformation liées aux hydrocarbures, les énergies renouvelables et les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire.
Ce dernier volet est particulièrement notable. L’énergie nucléaire civile, évoquée à la fois par la partie algérienne et la partie russe, ouvre une perspective nouvelle dans la relation bilatérale et s’inscrit dans le cadre de la réflexion algérienne sur la diversification de son mix énergétique à long terme.
Les mines comme nouveau levier d’attractivité
Mohamed Arkab a saisi l’occasion de cette commission pour présenter le programme national de développement du secteur minier algérien et mettre en avant les opportunités d’investissement liées à l’exploitation et à la transformation de ressources stratégiques telles que le fer, le phosphate, le zinc et les minerais critiques. L’Algérie dispose de réserves minières considérables encore largement sous-exploitées, et le gouvernement multiplie les initiatives pour attirer des partenaires industriels capables d’apporter l’expertise, la technologie et les capitaux nécessaires à leur mise en valeur.
Dans ce contexte, l’invitation explicite adressée aux entreprises russes à explorer de nouveaux partenariats avec les acteurs algériens, notamment autour du transfert de technologie, du savoir-faire et du renforcement des capacités industrielles nationale, traduit une stratégie d’attractivité ciblée vers un partenaire historique disposant de compétences reconnues dans l’industrie extractive.
Algeria Bid Round 2026 : une invitation directe aux entreprises russes
Mohamed Arkab a exprimé le souhait de voir des entreprises russes participer à l’appel d’offres international Algeria Bid Round 2026, lancé par l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures. Cette invitation directe, formulée dans le cadre d’une commission intergouvernementale officielle, constitue un signal fort sur la volonté algérienne d’intégrer les opérateurs russes dans les dynamiques de développement de son secteur énergétique, dans un contexte où l’Algérie cherche à diversifier le profil géographique de ses partenaires industriels.
De son côté, Dmitry Patrushev a confirmé l’intérêt des entreprises russes pour un renforcement de leur présence en Algérie, notamment dans l’exploration, la production, le traitement du gaz, les énergies renouvelables et les usages pacifiques et médicaux de l’énergie nucléaire. Un intérêt réciproque qui augure de développements concrets dans les mois à venir.
Une diversification des partenariats comme stratégie affirmée
Pour l’Algérie, cette séquence diplomatique et économique à Moscou s’inscrit dans une stratégie clairement affirmée de diversification de ses partenariats économiques internationaux. En cultivant simultanément ses relations avec l’Europe, les États-Unis, la Chine, la Turquie, la Norvège et la Russie, l’Algérie construit une architecture de partenariats multidirectionnels qui renforce son autonomie stratégique et sa capacité à valoriser ses ressources naturelles aux meilleures conditions.
La commission algéro-russe de Moscou est une pièce supplémentaire dans ce dispositif d’engagement international actif que l’Algérie déploie avec une intensité croissante sur la scène économique mondiale.
Source : El Watan
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