La visite de travail et d’amitié du président du Gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à Alger a été marquée par des échanges consacrés aux relations bilatérales, à la coopération économique ainsi qu’à plusieurs dossiers sécuritaires et internationaux.
À l’issue de leur entretien au siège de la Présidence de la République, Pedro Sanchez et Abdelmadjid Tebboune ont réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération économique Algérie-Espagne.
Pour les opérateurs économiques, les investisseurs et les entreprises, cinq principaux signaux ressortent des déclarations prononcées à l’issue de cette rencontre.
1. La coopération économique Algérie-Espagne se tourne vers l’investissement
Le premier signal concerne la volonté politique de renforcer les partenariats économiques et de mieux valoriser les opportunités d’investissement entre les deux pays.
Abdelmadjid Tebboune a estimé que la dynamique actuelle des relations algéro-espagnoles devait favoriser l’élargissement et l’intensification de la coopération sectorielle. Le président de la République a également présenté ce rapprochement comme un possible levier pour les acteurs privés.
Il a notamment évoqué une dynamique constituant « un stimulant pour les hommes d’affaires et les opérateurs économiques ».
Le chef de l’État a également considéré que la visite de Pedro Sanchez pouvait ouvrir « de nouvelles perspectives pour le renforcement des partenariats et la valorisation des opportunités d’investissement mutuellement bénéfiques ».
Ces déclarations expriment une volonté de donner davantage de place aux investissements et aux entreprises dans les relations bilatérales. Aucun nouveau projet d’investissement précis n’a toutefois été annoncé dans les déclarations rapportées à l’issue de la rencontre.
Abdelmadjid Tebboune a par ailleurs souhaité que l’Espagne, en raison de sa position au sein de l’Union européenne, contribue à un meilleur équilibre des relations économiques entre l’Algérie et l’UE. Il a également appelé à la relance du Conseil d’association Algérie-UE, qui, selon ses déclarations, ne s’est plus réuni depuis 2020.
Ce secteur demeure ainsi l’un des principaux piliers de la coopération économique Algérie-Espagne.
2. L’énergie reste un pilier du partenariat bilatéral
L’énergie demeure l’un des principaux fondements de la relation économique entre Alger et Madrid.
Abdelmadjid Tebboune s’est félicité du partenariat énergétique entre les deux pays. Il a estimé que cette coopération traduisait l’attachement de l’Algérie à ses engagements en faveur de la sécurité énergétique de ses partenaires européens.
De son côté, Pedro Sanchez a qualifié l’Algérie de « partenaire fiable ». Il a également rappelé qu’elle était devenue en 2020 le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne.
Le président du Gouvernement espagnol a toutefois insisté sur le fait que les relations économiques entre les deux pays ne se limitaient pas au gaz.
Cette position traduit la volonté affichée par Madrid et Alger d’élargir progressivement leur coopération à d’autres domaines, sans remettre en cause la place centrale occupée par les échanges énergétiques dans leur partenariat.
3. Les énergies renouvelables s’imposent comme un nouvel axe de coopération
Au-delà du gaz naturel, les énergies renouvelables apparaissent comme l’un des principaux domaines dans lesquels l’Algérie et l’Espagne souhaitent approfondir leur coopération.
Abdelmadjid Tebboune a déclaré que l’Algérie aspirait à une collaboration plus large dans ce secteur. Il a mis en avant les potentialités nationales et la position que le pays pourrait occuper dans la transition énergétique au sein de l’espace euro-méditerranéen.
Pedro Sanchez a également placé la transition énergétique parmi les défis que les deux pays souhaitent aborder conjointement.
Les déclarations des deux dirigeants témoignent ainsi d’un intérêt commun pour l’élargissement du partenariat énergétique. Elles ne précisent cependant ni les projets envisagés, ni les technologies concernées, ni les investissements qui pourraient être mobilisés.
À ce stade, il s’agit donc d’une orientation politique et économique annoncée, dont les modalités concrètes restent à définir.
4. L’industrie, l’innovation et la numérisation gagnent en importance
Le quatrième signal réside dans la volonté de développer une coopération économique allant au-delà des secteurs traditionnels.
Pedro Sanchez a indiqué que l’Espagne souhaitait travailler avec l’Algérie dans les domaines de l’innovation et de la numérisation des infrastructures. Il a également affirmé la volonté de son pays d’accompagner l’Algérie dans son processus de modernisation et dans la projection de son secteur industriel.
« Nous souhaitons collaborer pour affronter ensemble les défis de la transition énergétique, de l’innovation et de la numérisation dans les infrastructures. »
Cette déclaration place l’industrie, les technologies et les infrastructures numériques parmi les axes envisagés pour l’avenir des relations économiques bilatérales.
Le président espagnol a également exprimé le souhait d’édifier une coopération « mutuellement bénéfique » entre les deux pays.
La place accordée à l’industrie est d’autant plus importante que l’Espagne a été choisie comme invitée d’honneur de la Foire internationale d’Alger. Pedro Sanchez a remercié le président Tebboune pour ce choix, qui pourrait offrir une visibilité supplémentaire aux entreprises espagnoles et aux possibilités de coopération avec les opérateurs algériens.
Les déclarations rapportées ne font cependant état d’aucun partenariat industriel ou numérique nouvellement signé dans le cadre de cette visite.
5. La Réunion de haut niveau d’octobre constitue la prochaine étape
La visite de Pedro Sanchez s’inscrit également dans la préparation de la huitième Réunion de haut niveau algéro-espagnole, annoncée pour octobre prochain.
Abdelmadjid Tebboune a présenté cette visite comme l’expression d’une volonté politique de donner l’élan nécessaire au partenariat entre les deux pays.
Pedro Sanchez a, pour sa part, indiqué que les équipes algériennes et espagnoles préparaient activement cette rencontre afin d’en faire « un véritable succès » et de poser les jalons nécessaires au développement de la coopération dans plusieurs domaines.
Cette prochaine Réunion de haut niveau apparaît donc comme une étape importante dans le calendrier bilatéral. Elle pourrait permettre aux deux gouvernements de préciser les domaines de coopération évoqués à Alger et d’examiner les moyens de renforcer les relations économiques.
À ce stade, aucune annonce ne permet toutefois d’affirmer que des contrats, des accords sectoriels ou de nouveaux investissements seront conclus en octobre.
La rencontre du 20 juillet constitue avant tout une étape politique et préparatoire, marquée par une volonté commune de renforcer le dialogue et d’élargir la coopération économique entre les deux pays.
Les cinq orientations évoquées montrent que la coopération économique Algérie-Espagne pourrait progressivement s’étendre au-delà de l’énergie, même si les modalités concrètes des futurs projets restent encore à préciser.
Source : Algérie Eco, sur la base des déclarations conjointes du président Abdelmadjid Tebboune et du président du Gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, à l’issue de leur rencontre à Alger le 20 juillet 2026.
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