Des entreprises allemandes prospectent le marché algérien de l’hydrogène vert
L’Algérie accueillera le 21 septembre à Alger une rencontre d’affaires consacrée à l’hydrogène vert, au Power-to-X et aux technologies de stockage d’énergie. Organisé par la Chambre algéro-allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), l’événement réunira des entreprises, des institutions sectorielles et des représentants des deux pays.
Cette rencontre s’inscrit dans une mission économique plus large programmée du 21 au 25 septembre 2026 en Algérie et en Tunisie, dans le cadre de l’initiative allemande d’exportation dans le domaine de l’énergie. Elle vise notamment à mettre les entreprises allemandes en relation avec les acteurs directement impliqués dans les futurs projets énergétiques de la région.
L’AHK présente d’ailleurs la mission sous un angle explicitement commercial : « Hydrogène le long du corridor SoutH2 : accès aux porteurs de projets ». Des rendez-vous de coopération doivent être organisés en amont avec plusieurs acteurs algériens afin de permettre aux participants d’identifier des projets et des partenaires potentiels.
Électrolyse, stockage et dessalement au cœur des opportunités
La délégation allemande regroupe des entreprises positionnées sur plusieurs maillons nécessaires au développement d’une filière hydrogène. Les domaines concernés comprennent les technologies d’électrolyse et de stockage, le traitement et le dessalement de l’eau, l’ingénierie des installations et des procédés ainsi que les solutions liées aux pipelines et aux infrastructures.
Les services d’ingénierie, de certification et de conseil font également partie des activités ciblées. Cette diversité illustre l’étendue de la chaîne industrielle nécessaire pour passer de projets d’hydrogène vert à des capacités de production, de transport et éventuellement d’exportation à plus grande échelle.
Selon l’APS, les entreprises participantes doivent notamment présenter leurs technologies dans l’électrolyse, le stockage et la compression, les pompes et équipements industriels, la reconversion de canalisations existantes ou encore les études de faisabilité.
Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse donc la seule production d’hydrogène. Le développement de cette filière nécessite également des infrastructures électriques, des capacités renouvelables, de l’eau, des équipements industriels, des réseaux de transport et des compétences d’ingénierie.
Sonatrach, Sonelgaz et AEC parmi les acteurs ciblés
Le programme publié par l’AHK donne une dimension concrète à cette prospection. Des rencontres de coopération préprogrammées sont notamment prévues avec Sonatrach, Sonelgaz, Cosider Canalisation et Algerian Energy Company (AEC).
Un Business Breakfast à Alger doit également réunir des représentants du ministère chargé de l’Énergie et des Énergies renouvelables, de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et du Green Energy Cluster Algeria. Les entreprises allemandes et algériennes auront parallèlement l’occasion de présenter leurs activités et leurs solutions.
La présence de l’AAPI ajoute une dimension liée à l’investissement à cette mission. Pour les entreprises étrangères intéressées par la filière énergétique algérienne, les échanges doivent permettre de mieux appréhender le cadre d’investissement, les acteurs locaux et les projets susceptibles de nécessiter des technologies ou des partenariats internationaux.
À ce stade, ces rencontres doivent toutefois être considérées comme une phase de prospection et d’identification d’opportunités. Aucun nouveau contrat ou investissement issu de cette mission n’a encore été annoncé.
L’Algérie vise 2,5 GW d’électrolyse à l’horizon 2030
Cette mission intervient alors que l’Algérie affiche des ambitions importantes dans le développement de l’hydrogène. Selon les données présentées par l’AHK dans le cadre de la mission, la stratégie nationale prévoit 2,5 GW de capacités d’électrolyse à l’horizon 2030, puis 7 GW à l’horizon 2040.
Le développement de l’hydrogène doit également s’appuyer sur l’expansion des énergies renouvelables. L’AHK rappelle que le programme algérien vise 15 GW de capacités photovoltaïques à l’horizon 2035.
L’approvisionnement en eau constitue un autre élément essentiel pour les futurs électrolyseurs. L’organisation allemande souligne à ce titre le rôle du programme national de dessalement dans la constitution d’une base hydrique susceptible d’accompagner les futurs projets d’électrolyse.
Ces objectifs représentent avant tout des capacités prévues par les stratégies et programmes nationaux. Ils ne doivent donc pas être confondus avec des capacités déjà installées ou opérationnelles.
SoutH2 au centre des discussions entre l’Algérie et l’Allemagne
Le corridor SoutH2 constituera l’un des principaux sujets des échanges organisés à Alger. Le projet doit permettre à terme d’acheminer de l’hydrogène produit en Afrique du Nord vers le marché européen, en s’appuyant notamment sur des infrastructures existantes et à adapter.
Le programme de l’AHK fait état d’environ dix déclarations d’intention liées à différents projets situés le long du corridor, allant de l’électrolyse destinée à l’ammoniac vert à Arzew jusqu’à la conversion du gazoduc Transmed et au développement d’infrastructures hydrogène en Tunisie.
L’Algérie et l’Allemagne coopèrent déjà sur plusieurs dossiers liés à l’hydrogène. En juin 2026, Sonatrach et l’entreprise allemande VNG AG ont notamment signé un mémorandum d’entente destiné à explorer des possibilités de coopération dans plusieurs domaines, dont l’hydrogène vert et la réduction des émissions de méthane.
Sonatrach avait également participé en novembre 2025 à Berlin à une rencontre consacrée à l’avancement des projets ALTEH2A et SoutH2 Corridor, dont l’objectif est notamment de développer la production d’hydrogène en Algérie et son acheminement vers l’Europe.
Des partenariats industriels à construire autour de la filière
La rencontre du 21 septembre constitue ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre entreprises algériennes et allemandes autour de la transition énergétique. L’intérêt économique réside notamment dans les technologies et équipements nécessaires à la construction d’une future chaîne de valeur de l’hydrogène.
Électrolyseurs, stockage, compression, traitement de l’eau, dessalement, équipements industriels, infrastructures de transport, ingénierie et certification représentent autant de segments sur lesquels des coopérations industrielles peuvent être étudiées.
Les rencontres B2B prévues à Alger permettront désormais d’observer si cette prospection débouche sur des partenariats, des études communes ou des projets plus avancés. Pour l’heure, l’événement ouvre des discussions commerciales et industrielles mais aucun accord découlant de ces rencontres ne peut encore être considéré comme conclu.
Algerian Business suit de près le développement de la filière hydrogène en Algérie et les partenariats industriels susceptibles d’accompagner les investissements dans les nouvelles infrastructures énergétiques.
Sources :
AHK Algérie — Mission économique Algérie-Tunisie autour du corridor SoutH2
APS — Rencontre d’affaires algéro-allemande sur l’hydrogène vert et le stockage d’énergie
APS — Mémorandum Sonatrach-VNG AG
APS — Avancement des projets ALTEH2A et SoutH2 Corridor



