22 entreprises autrichiennes en Algérie pour une mission économique
Les relations économiques entre l’Algérie et plusieurs pays européens connaissent une nouvelle dynamique. Après la récente venue d’une délégation d’affaires allemande, l’Autriche prépare à son tour une importante mission économique dans le pays.
Prévue du 30 septembre au 2 octobre 2026, cette visite sera conduite par Wolfgang Hattmannsdorfer, ministre fédéral autrichien de l’Économie, de l’Énergie et du Tourisme. La délégation réunira 22 entreprises autrichiennes et sera également accompagnée par Jochen Danninger, secrétaire général de la Chambre économique fédérale d’Autriche.
Cette mission, qui concernera également la Tunisie, est organisée avec l’appui d’Advantage Austria, l’organisme chargé de la promotion du commerce extérieur de la Chambre économique fédérale autrichienne.
L’objectif affiché est d’aller au-delà de la prospection commerciale et d’identifier des opportunités susceptibles de déboucher sur des partenariats et des projets concrets entre entreprises algériennes et autrichiennes.
Plus de 500 entreprises autrichiennes déjà en relation avec l’Algérie
Cette mission s’appuie sur des relations économiques déjà établies entre les deux pays.
Selon les informations communiquées, plus de 500 entreprises autrichiennes entretiennent actuellement des relations d’affaires avec des opérateurs algériens. Certaines disposent également de filiales dans le pays ou sont engagées dans des joint-ventures.
Leur présence couvre plusieurs domaines, parmi lesquels l’ingénierie, la planification, l’agroalimentaire, le transport ferroviaire, l’industrie pharmaceutique ainsi que la fabrication de matières premières et de produits industriels.
La mission de septembre doit permettre d’élargir cette présence et d’identifier de nouveaux secteurs dans lesquels les entreprises autrichiennes pourraient développer des coopérations avec leurs homologues algériennes.
Pour les acteurs autrichiens, l’Algérie représente à la fois un marché important et une porte d’accès vers de nouvelles opportunités économiques sur le continent africain.
De nouvelles opportunités dans l’industrie et les infrastructures
L’un des principaux enjeux de la mission sera de faire évoluer les relations économiques vers davantage d’investissement productif, de production locale et de transfert de savoir-faire.
Les discussions prévues doivent notamment porter sur les partenariats industriels, la coopération technique, l’investissement, la sous-traitance et les transferts technologiques.
Plusieurs secteurs devraient particulièrement retenir l’attention des deux parties : les infrastructures, les réseaux, les technologies environnementales, les énergies renouvelables et l’hydrogène vert.
Cette orientation intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à renforcer son tissu industriel et à attirer des partenaires capables d’apporter des technologies, des compétences et des capacités de production supplémentaires.
Pour les entreprises autrichiennes, cette évolution peut créer de nouvelles opportunités dans des domaines nécessitant une expertise industrielle et technologique avancée.
Les rencontres B2B au cœur de la mission
La mission économique comprendra également plusieurs forums, événements de réseautage, visites d’entreprises et rencontres B2B ciblées.
Ces échanges doivent permettre aux entreprises algériennes et autrichiennes d’identifier directement des partenaires potentiels, mais aussi d’examiner les possibilités de coopération sur des projets industriels ou commerciaux.
Les rencontres bilatérales devraient ainsi constituer l’un des temps forts de la visite.
Elles offriront aux opérateurs algériens la possibilité de présenter leurs besoins, leurs projets et leurs capacités, tandis que les entreprises autrichiennes pourront identifier les secteurs dans lesquels leur expertise peut répondre aux priorités du marché algérien.
L’enjeu sera ensuite de transformer ces premiers échanges en investissements, contrats, transferts technologiques ou partenariats durables.
Le SoutH2 Corridor renforce l’axe énergétique Algérie–Autriche
La coopération énergétique pourrait prendre une place particulière dans les échanges.
L’Algérie et l’Autriche participent en effet, aux côtés de l’Italie, de l’Allemagne et de la Tunisie, au développement du SoutH2 Corridor, un projet destiné à créer un corridor d’acheminement de l’hydrogène renouvelable entre l’Afrique du Nord et l’Europe.
Le projet prévoit notamment de relier l’Algérie aux marchés européens à travers la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne.
Pour l’Algérie, cette infrastructure représente une possibilité d’intégrer progressivement les nouvelles chaînes de valeur énergétiques européennes tout en valorisant son potentiel dans les énergies renouvelables et la production d’hydrogène.
La dimension industrielle du projet est également importante, puisqu’elle peut entraîner des besoins en infrastructures, équipements, ingénierie et technologies énergétiques.
Les ministres de l’Énergie d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche et de Tunisie doivent par ailleurs se réunir à Alger en septembre afin d’examiner la feuille de route du projet.
Une coopération appelée à devenir plus industrielle
La mission autrichienne intervient donc à la convergence de plusieurs dynamiques.
D’un côté, l’Algérie souhaite attirer davantage d’investissements productifs, développer son industrie et renforcer les transferts de technologie. De l’autre, les entreprises autrichiennes cherchent à consolider leur présence sur un marché considéré comme stratégique en Afrique du Nord.
La présence de 22 entreprises permettra d’évaluer concrètement les possibilités de partenariats dans plusieurs secteurs et de rapprocher les entreprises des deux pays.
La réussite de cette mission dépendra toutefois de la capacité des discussions et rencontres B2B prévues à se traduire, dans les mois suivants, par des projets industriels, des investissements ou de nouvelles collaborations économiques.
Algerian Business suit de près l’évolution des relations économiques entre l’Algérie et l’Autriche, ainsi que les nouveaux projets d’investissement, de coopération industrielle et de transfert technologique susceptibles d’émerger de cette mission.
Sources : L’Algérie Aujourd’hui.



