L’Afrique cherche à mieux capter la valeur générée par ses propres investissements énergétiques. C’est dans cette logique que l’APPO lance une plateforme panafricaine d’appels d’offres destinée à donner davantage de visibilité aux entreprises africaines et à leur permettre d’accéder plus facilement aux projets réalisés sur le continent.
L’objectif est clair : faire en sorte qu’une part plus importante des contrats, des emplois, des compétences et de la valeur créée par les investissements pétroliers, gaziers et énergétiques bénéficie directement aux entreprises locales.
Cette approche s’inspire notamment de l’expérience algérienne en matière de contenu local et de publication des appels d’offres du secteur de l’énergie.
Une plateforme panafricaine d’appels d’offres pour le secteur énergétique
La future plateforme doit fonctionner comme un véritable marché continental des opportunités énergétiques.
Elle doit permettre de recenser les entreprises africaines, d’identifier leurs compétences et de centraliser les appels d’offres publiés dans le secteur.
L’enjeu est particulièrement important pour les PME, les entreprises de sous-traitance, les bureaux d’études, les sociétés d’ingénierie et les fournisseurs de biens et services spécialisés.
Dans de nombreux cas, ces acteurs disposent de compétences mais manquent encore de visibilité à l’échelle régionale ou continentale.
L’APPO veut renforcer le contenu local en Afrique
Le projet s’inscrit dans une logique de développement du contenu local.
L’objectif n’est pas uniquement de réserver certains marchés aux entreprises africaines.
Il s’agit aussi de développer progressivement leurs capacités productives et techniques afin qu’elles puissent répondre à des projets de plus grande taille.
Cela concerne aussi bien la fourniture de biens que les prestations de services, la maintenance, l’ingénierie, la sous-traitance industrielle ou encore le développement technologique.
L’APPO veut ainsi rapprocher la demande des grands projets énergétiques de l’offre industrielle disponible sur le continent.
Le modèle Sonatrach comme référence
L’Algérie est directement mise en avant comme un exemple de cette stratégie.
Sonatrach mène depuis plusieurs années une politique de développement du contenu local et de l’intégration nationale.
Le groupe vise 55 % de contenu local à l’horizon 2030.
En 2024, Sonatrach a signé 1 047 contrats avec des entreprises de droit algérien, pour un montant total de 1 473 milliards de dinars.
Ces chiffres illustrent le poids économique que peut représenter une politique structurée de sous-traitance locale.
Le BAOSEM inspire la future plateforme de l’APPO
Le secrétaire général de l’APPO, Farid Ghezali, a établi un parallèle direct avec le modèle algérien du BAOSEM, le Bulletin des appels d’offres du secteur de l’énergie et des mines.
La future plateforme panafricaine est présentée comme une sorte de “bulletin africain des appels d’offres”.
L’objectif est de transposer à l’échelle continentale un mécanisme déjà utilisé en Algérie pour donner de la visibilité aux opportunités du secteur.
Ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises africaines
La plateforme doit aussi permettre à une entreprise de dépasser son marché national.
Une société algérienne peut ainsi être considérée comme une entreprise nationale sur le marché algérien, mais comme une entreprise africaine lorsqu’elle se positionne sur un projet au Nigeria, en Angola ou dans un autre pays membre de l’APPO.
Cette logique doit contribuer à renforcer l’internationalisation des entreprises du continent.
Pour les PME algériennes, cela peut ouvrir de nouvelles perspectives commerciales dans les marchés énergétiques africains.
Un marché continental des fournisseurs énergétiques
L’ambition de l’APPO dépasse la création d’un simple portail numérique.
À terme, l’organisation souhaite structurer un véritable marché africain des fournisseurs et services énergétiques.
Cela pourrait permettre aux entreprises locales de développer leurs compétences, d’augmenter leur taille critique et d’accéder progressivement à des contrats plus importants.
La plateforme pourrait aussi faciliter l’identification de partenaires locaux pour les grands groupes actifs dans les hydrocarbures et l’énergie.
Un enjeu de sous-traitance et de transfert de technologies
Le développement du contenu local constitue également un levier de transfert de technologies.
Lorsqu’une entreprise locale participe à un projet industriel complexe, elle peut renforcer ses compétences techniques et organisationnelles.
Cela peut créer un effet d’entraînement sur tout l’écosystème.
Sous-traitants, bureaux d’études, sociétés de maintenance, entreprises de logistique et fournisseurs d’équipements peuvent ainsi monter progressivement en gamme.
Une opportunité pour les entreprises algériennes
Pour les entreprises algériennes, cette initiative peut être particulièrement intéressante.
L’expérience développée autour de Sonatrach et du BAOSEM peut leur donner un avantage dans la compréhension des mécanismes d’appels d’offres du secteur énergétique.
Les entreprises déjà positionnées dans la maintenance, la construction, l’ingénierie, les équipements ou les services pétroliers peuvent trouver de nouveaux débouchés à l’échelle africaine.
La plateforme pourrait ainsi devenir un levier d’exportation de services et de savoir-faire algériens.
18 pays membres autour d’une même ambition
Créée en 1987, l’APPO regroupe aujourd’hui 18 États membres.
L’organisation constitue un cadre de coopération entre les pays producteurs de pétrole africains.
Ses missions couvrent notamment l’exploration, la production, le raffinage, le transfert de technologies, la recherche scientifique, la formation et le développement des compétences.
La création d’une plateforme d’appels d’offres s’inscrit donc dans une logique plus large de coopération économique et industrielle.
Faire des investissements énergétiques un moteur de développement local
L’enjeu central est finalement de faire en sorte que les grands investissements énergétiques bénéficient davantage aux économies africaines.
Pour l’APPO, la création de valeur ne doit pas se limiter à l’extraction ou à la production d’énergie.
Elle doit aussi se traduire par des contrats pour les entreprises locales, des emplois, des compétences et un renforcement des capacités industrielles.
L’exemple de Sonatrach montre qu’une politique de contenu local peut représenter des volumes économiques importants.
La future plateforme panafricaine vise désormais à reproduire cette logique à l’échelle du continent.
Algerian Business suit de près le développement du contenu local en Afrique et les initiatives susceptibles d’ouvrir de nouveaux marchés aux entreprises algériennes.
Sources : APPO, Sonatrach, L’Algérie Aujourd’hui.



