Le projet d’usine Hyundai en Algérie revient au centre de l’actualité
Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, s’est entretenu avec Tarek Ismail Mosaad, président de Hyundai Motor pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. La rencontre s’est déroulée à El Alamein, en Égypte, en marge du Forum africain de l’investissement dans le secteur automobile.
Organisé par Afreximbank en partenariat avec le Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’événement réunissait notamment des constructeurs automobiles, des fabricants de composants, des investisseurs et des bailleurs de fonds.
Le ministère de l’Industrie a confirmé la rencontre avec le responsable régional de Hyundai. Cependant, son communiqué ne précise ni le contenu des discussions ni l’existence d’une nouvelle décision concernant le projet industriel du constructeur en Algérie.
Il convient donc de distinguer cette rencontre du projet déjà annoncé par Hyundai. À ce stade, aucun nouvel investissement, calendrier ou engagement supplémentaire n’a été communiqué à l’issue de l’entretien.
Une usine Hyundai en Algérie estimée à 400 millions de dollars
Le projet industriel de Hyundai avait été annoncé en 2023 avec le partenaire omanais Bahwan Saud. L’investissement envisagé est évalué à environ 400 millions de dollars, selon les informations rapportées par Algérie Eco.
L’usine Hyundai en Algérie disposerait d’une capacité initiale annoncée de 50 000 véhicules par an. Le site de Sidi Khettab, dans la wilaya de Relizane, a été cité pour accueillir cette implantation.
Le constructeur sud-coréen a par ailleurs confirmé en août 2026 que l’Algérie faisait partie des marchés retenus dans sa stratégie industrielle à l’horizon 2030. Le projet doit notamment permettre à Hyundai de renforcer sa présence industrielle en Afrique du Nord.
Cette implantation s’inscrit ainsi dans une stratégie régionale plus large. Hyundai prévoit également de renforcer ses capacités de production dans plusieurs marchés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
Un démarrage envisagé entre fin 2026 et début 2027
Lors de la journée consacrée aux investisseurs de Hyundai Motor, organisée le 26 août à Séoul, le PDG du groupe, José Muñoz, avait indiqué que l’usine algérienne devait entrer en production à la fin de 2026 ou au début de 2027.
Ce calendrier reste néanmoins conditionné à la finalisation des procédures et des autorisations nécessaires. Il ne doit donc pas être considéré comme une date définitive de démarrage de la production.
En janvier 2026, l’ancien ministre de l’Industrie Yahia Bachir avait notamment évoqué des difficultés liées à la disponibilité du foncier industriel pour plusieurs projets automobiles. Les projets de Hyundai et de Chery figuraient parmi ceux concernés.
La concrétisation de l’usine Hyundai en Algérie dépendra donc de l’avancement de ces différentes étapes administratives et industrielles.
Des SUV et des véhicules utilitaires légers dans une première phase
Dans sa configuration annoncée, l’usine devrait commencer par produire des SUV et des véhicules utilitaires légers. Hyundai envisage ensuite d’élargir progressivement la gamme assemblée localement.
Le constructeur prévoit notamment la possibilité d’intégrer des citadines et, à terme, des véhicules électriques. Toutefois, ces extensions correspondent encore aux orientations annoncées pour les phases ultérieures du projet.
L’enjeu dépasse ainsi la seule commercialisation de véhicules sur le marché algérien. Hyundai envisage de disposer d’une base de production capable de répondre à la demande locale, mais également de servir plus largement le marché nord-africain.
Cette dimension régionale intervient alors que le développement d’une industrie automobile locale constitue l’un des axes suivis par les autorités algériennes.
Hyundai renforce sa stratégie industrielle dans la région MENA
L’Algérie s’inscrit dans un programme industriel plus large du constructeur sud-coréen. Hyundai développe parallèlement ses capacités de production en Égypte et prépare également une implantation en Arabie saoudite.
À l’échelle mondiale, le groupe vise des ventes annuelles de 5,55 millions de véhicules en 2030. Le constructeur prévoit parallèlement de développer son offre de véhicules électrifiés et d’augmenter ses capacités de production au cours des prochaines années.
L’implantation algérienne pourrait donc devenir l’une des composantes de cette stratégie dans la région MENA. Sa capacité initiale de 50 000 véhicules par an donnerait au constructeur une base industrielle supplémentaire en Afrique du Nord.
Toutefois, plusieurs étapes restent à franchir avant le lancement effectif de la production. Les modalités définitives du projet, son calendrier d’exécution et l’avancement des procédures devront notamment être précisés.
La rencontre en Égypte n’annonce pas encore une nouvelle étape du projet
L’entretien entre Farid Kourtel et le responsable régional de Hyundai constitue un signal de continuité dans les échanges entre le gouvernement algérien et le constructeur. Cependant, les informations disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’une nouvelle étape industrielle a été franchie à cette occasion.
Le ministère n’a annoncé ni signature de contrat, ni nouvelle enveloppe d’investissement, ni modification de la capacité prévue. Il n’a pas non plus communiqué de nouveau calendrier pour le démarrage de l’usine.
Le projet conserve néanmoins une importance particulière pour l’industrie automobile algérienne. Avec un investissement envisagé d’environ 400 millions de dollars et une capacité initiale annoncée de 50 000 véhicules par an, son évolution restera étroitement suivie.
Les prochaines annonces de Hyundai et des autorités algériennes permettront surtout de déterminer si le calendrier visant un démarrage entre fin 2026 et début 2027 pourra être respecté.
Sources : Algérie Eco, ministère de l’Industrie, Hyundai Motor
Algerian Business suit de près le développement de l’industrie automobile en Algérie et l’avancement des projets d’investissement des constructeurs internationaux.



