Le groupe public Saidal renforce sa stratégie de localisation de la production pharmaceutique en Algérie. Le 10 septembre, le groupe a signé à Alger un contrat de partenariat avec Roche Algérie pour produire localement des médicaments destinés au traitement du cancer du sein.
La production doit être implantée au niveau de l’unité Saidal d’El-Harrach, à Alger. La signature s’est déroulée sous la supervision du ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, en présence notamment de Younes Bouarara, directeur général de Saidal, et de Mohamed Ouali Omani, directeur général de Roche Algérie.
Saidal et Roche localisent la production en Algérie
L’objectif principal du partenariat est de transférer en Algérie une partie de la production de médicaments utilisés dans le traitement du cancer du sein.
Cette démarche doit permettre de renforcer la disponibilité locale de ces traitements et de mieux sécuriser leur approvisionnement sur le marché national.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a notamment insisté sur la nécessité de garantir « la disponibilité des médicaments essentiels au profit des patients atteints de cancer », tout en améliorant la qualité et la continuité des soins.
À ce stade, les partenaires n’ont pas communiqué de volume de production, de montant d’investissement ni de date précise de démarrage industriel.
Une production prévue à El-Harrach
La fabrication doit être assurée au sein de l’unité de production de Saidal située à El-Harrach.
Le choix d’un site industriel déjà opérationnel permet au groupe public de s’appuyer sur des infrastructures existantes pour développer cette nouvelle activité.
L’enjeu sera désormais d’adapter les capacités du site aux exigences techniques et réglementaires liées à la production de médicaments innovants.
Le transfert de technologie au cœur du partenariat
Le contrat ne porte pas uniquement sur la fabrication locale.
Les autorités mettent également en avant le transfert de technologies, l’échange d’expertises et le développement des compétences nationales. Ces dimensions doivent contribuer à renforcer les capacités de l’industrie pharmaceutique algérienne sur des segments plus spécialisés.
Ouacim Kouidri a présenté ces partenariats comme un levier pour bâtir une industrie pharmaceutique nationale « plus compétitive et durable », capable de répondre aux besoins locaux et, à terme, de se projeter sur d’autres marchés.
Saidal parle d’un « saut qualitatif »
Pour le groupe public, le partenariat avec Roche marque une nouvelle étape dans sa montée en gamme.
Younes Bouarara, directeur général de Saidal, a qualifié l’accord de « saut qualitatif » pour le groupe et pour l’industrie pharmaceutique nationale dans son ensemble.
Il a également souligné le poids de Roche dans le domaine des médicaments innovants, notamment en oncologie et plus particulièrement dans le traitement du cancer du sein.
Cette coopération doit ainsi permettre à Saidal de bénéficier d’un savoir-faire international sur des traitements à plus forte valeur ajoutée.
Roche inscrit le partenariat dans une démarche de long terme
Du côté de Roche, l’accord est présenté comme une étape dans un processus plus large de localisation industrielle.
Mohamed Ouali Omani, directeur général de Roche Algérie, a souligné que les avancées réalisées dans le domaine du cancer du sein « ne constituent pas une fin en soi », mais une étape dans l’implantation de ces médicaments en Algérie.
Cette déclaration montre que le partenariat pourrait s’inscrire dans une démarche progressive, au-delà de la seule signature du contrat actuel.
Renforcer la disponibilité des traitements
L’un des objectifs affichés est également de sécuriser la disponibilité des médicaments essentiels pour les patients.
La localisation de la production peut réduire la dépendance aux importations et limiter certains risques liés aux chaînes d’approvisionnement internationales.
Elle peut aussi améliorer la continuité des traitements si les capacités locales permettent de répondre plus régulièrement à la demande nationale.
Un nouvel exemple de montée en gamme industrielle
L’accord avec Roche s’inscrit dans une stratégie plus large de développement de l’industrie pharmaceutique algérienne.
Après plusieurs projets consacrés à la production locale de médicaments et de matières premières, les autorités cherchent désormais à attirer davantage de partenariats technologiques avec des groupes internationaux.
L’objectif est de créer davantage de valeur localement, de développer les compétences nationales et de renforcer les capacités industrielles du pays.
Une perspective d’export à plus long terme
Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a également évoqué une orientation future vers les marchés africains et internationaux.
Cette ambition reste encore à concrétiser, car le partenariat concerne d’abord la mise en place de la production locale et la réponse aux besoins du marché algérien.
À terme, si les capacités industrielles et réglementaires le permettent, ce type de production pourrait contribuer au développement des exportations pharmaceutiques et renforcer la présence du Made in Algeria dans des segments à plus forte valeur ajoutée.
Un partenariat qui renforce les relations algéro-suisses
La présence de Marion Waschelt-Kropski, ambassadrice de Suisse en Algérie, lors de la signature souligne également la dimension bilatérale du projet.
Elle a présenté ce partenariat comme une étape importante dans le renforcement des relations entre l’Algérie et la Suisse, notamment dans le domaine pharmaceutique.
Le projet s’inscrit ainsi dans une logique mêlant coopération industrielle, transfert de savoir-faire et développement de capacités locales.
Une étape encore à transformer en production effective
La signature du contrat constitue une étape importante, mais le projet doit encore passer par les phases techniques et opérationnelles nécessaires avant le démarrage de la production.
Les prochaines annonces devront préciser le calendrier, les volumes concernés et l’organisation industrielle retenue.
L’enjeu sera ensuite de mesurer l’impact réel du partenariat sur la disponibilité des traitements, les capacités de Saidal et la réduction des importations.
Algerian Business suit de près les partenariats industriels dans le secteur pharmaceutique, la localisation de la production et la montée en gamme de l’industrie algérienne.
Sources : Saidal, Roche Algérie, APS, Algérie Eco.



