Les machines agricoles italiennes gagnent du terrain en Algérie
Le marché algérien des équipements agricoles attire davantage les industriels italiens. En 2025, les importations de machines et d’équipements agricoles en provenance d’Italie ont atteint 49,45 millions de dollars. Un an auparavant, elles s’établissaient à 34,43 millions de dollars.
La progression atteint ainsi environ 44 % en un an. Ces données ont été présentées à Alger lors d’une rencontre économique consacrée à la mécanisation et à la transformation numérique de l’agriculture.
L’Agence italienne pour le commerce extérieur a organisé cette rencontre avec FederUnacoma. L’événement a réuni 13 entreprises italiennes spécialisées dans les équipements agricoles et environ 90 opérateurs économiques algériens.
Cependant, les discussions ne se sont pas limitées à la commercialisation de machines. Les participants ont également étudié les possibilités de partenariats industriels entre entreprises algériennes et italiennes.
Un marché agricole qui pèse 14 % du PIB algérien
Cette progression des importations intervient dans un secteur majeur de l’économie nationale. Selon les données présentées lors de la rencontre, l’agriculture représente environ 14 % du produit intérieur brut algérien. Sa production était estimée à 38,2 milliards de dollars en 2024.
Le secteur représente également plus de 2,7 millions d’emplois. En parallèle, la production nationale couvrirait actuellement près de 73 % des besoins agricoles du pays.
Toutefois, plusieurs défis continuent de limiter la productivité. Ils concernent notamment les rendements de certaines cultures, la mécanisation, les pertes après récolte et les capacités de stockage.
L’Algérie consacre ainsi entre 2 et 3 millions d’hectares par an aux céréales. Le rendement moyen atteint environ 17 quintaux à l’hectare. Pour améliorer ces performances, les autorités misent notamment sur la mécanisation et une meilleure gestion de l’eau.
L’agriculture de précision ouvre de nouveaux marchés
La modernisation du secteur ne repose pas uniquement sur les tracteurs et les équipements agricoles traditionnels. Les drones, la télédétection et l’intelligence artificielle figurent également parmi les technologies appelées à prendre davantage de place.
Cette évolution élargit donc le marché potentiel pour les fournisseurs de technologies agricoles. Les besoins concernent aussi les systèmes d’irrigation, les solutions numériques et les équipements destinés à la transformation des produits.
L’agriculture de précision constitue également un axe de développement. Elle permet notamment d’exploiter davantage les données pour optimiser certaines opérations agricoles et mieux utiliser les ressources disponibles.
Ainsi, les opportunités pour les entreprises italiennes dépassent progressivement la simple exportation de machines vers l’Algérie. Les discussions engagées à Alger montrent également une volonté de développer des coopérations industrielles entre les deux pays.
L’Algérie veut porter ses capacités de stockage à 9 millions de tonnes
La modernisation agricole passe aussi par le développement des infrastructures. L’Algérie dispose actuellement d’une capacité de stockage d’environ 4 millions de tonnes. Le pays prévoit de la porter à 9 millions de tonnes.
Le programme comprend notamment la réalisation de 36 silos stratégiques. Ensemble, ils doivent offrir une capacité de 3 millions de tonnes. En parallèle, 350 centres locaux doivent ajouter 1,75 million de tonnes de capacités supplémentaires.
Le dispositif prévoit également 16 silos métalliques représentant une capacité globale de 250 000 tonnes. Le premier silo métallique est entré en service en août 2026. La livraison des 36 systèmes stratégiques doit, quant à elle, commencer au deuxième trimestre 2027.
Par ailleurs, les autorités ont présenté Agrodrive, une entreprise publique chargée de constituer et de gérer un parc national de machines agricoles. L’objectif est de faciliter l’accès des agriculteurs et des investisseurs aux équipements sans qu’ils aient à financer seuls leur acquisition.
Le projet de Timimoun illustre la coopération avec l’Italie
Les relations agricoles entre l’Algérie et l’Italie comprennent déjà un projet d’envergure à Timimoun. Porté par le groupe italien BF Spa, il prévoit l’exploitation d’environ 36 000 hectares.
Les activités doivent notamment concerner les céréales, les légumineuses et les oléagineux. Le projet prévoit aussi des unités de transformation, des silos et différentes infrastructures nécessaires à l’activité agricole.
L’accord-cadre signé en juillet 2024 prévoit un investissement de 420 millions d’euros. Le partenariat associe BF au Fonds national d’investissement, avec une participation italienne de 51 % et une participation algérienne de 49 %.
Selon les données présentées lors de la rencontre économique, le projet devrait générer plus de 6 700 emplois, dont plus de 1 560 emplois directs. Il illustre une coopération qui associe investissement, production agricole, transformation et infrastructures.
L’Italie reste un partenaire commercial majeur de l’Algérie
Cette coopération agricole s’inscrit dans une relation commerciale beaucoup plus large. Les échanges entre l’Algérie et l’Italie ont atteint environ 14,9 milliards de dollars en 2025.
Les exportations algériennes vers l’Italie se sont élevées à 10,84 milliards de dollars. Dans l’autre sens, les importations algériennes ont représenté 4,05 milliards de dollars.
L’Italie constitue ainsi le premier client de l’Algérie et son deuxième fournisseur, selon les données rapportées dans la source. Toutefois, les hydrocarbures dominent encore largement les ventes algériennes vers le marché italien. Les combustibles minéraux et les autres produits énergétiques ont représenté 96,7 % des exportations algériennes vers l’Italie en 2025.
À l’inverse, les exportations italiennes vers l’Algérie sont plus diversifiées. Les machines, les équipements et les biens industriels y occupent notamment une place importante.
De l’importation de machines aux partenariats industriels
La progression de près de 44 % des importations de machines agricoles italiennes témoigne d’une demande croissante en équipements. Toutefois, l’enjeu pour l’Algérie dépasse l’augmentation des achats à l’étranger.
Les discussions engagées entre opérateurs algériens et italiens portent également sur le développement de partenariats industriels. Cette orientation accompagne la volonté d’augmenter la production agricole nationale et de réduire la dépendance aux approvisionnements extérieurs.
De nouvelles opportunités apparaissent ainsi dans la mécanisation, l’irrigation, le stockage, la transformation et les technologies numériques. En parallèle, les deux pays identifient aussi des possibilités pour développer les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’Italie, notamment dans les engrais, l’acier et les produits agricoles.
Le développement de cette coopération dépendra désormais de la concrétisation des partenariats évoqués. À ce stade, la rencontre d’Alger met surtout en évidence la croissance du marché des équipements agricoles et les domaines dans lesquels les entreprises des deux pays souhaitent renforcer leurs échanges.
Sources : Algérie Eco, Agenzia Nova
Algerian Business suit de près l’évolution des investissements, des partenariats industriels et des technologies qui accompagnent la modernisation du secteur agricole algérien.



