L’Algérie et le Mali souhaitent structurer une nouvelle étape de leurs relations bilatérales autour de projets et de secteurs considérés comme prioritaires. En visite à Bamako, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb s’est entretenu avec son homologue malien Abdoulaye Maïga, avec pour objectif notamment de relancer les mécanismes de coopération entre les deux pays.
La coopération économique Algérie-Mali figure parmi les dimensions de cette nouvelle dynamique. Lors de la séance de travail entre les deux délégations, Sifi Ghrieb a appelé à identifier les domaines prioritaires et à élaborer une feuille de route commune susceptible de traduire la volonté politique affichée par Alger et Bamako en actions concrètes.
L’Algérie et le Mali veulent définir leurs secteurs prioritaires
La visite intervient quelques semaines après celle effectuée par Abdoulaye Maïga en Algérie, le 24 août 2026. Pour les deux gouvernements, cette succession de rencontres doit permettre de relancer une relation bilatérale qui englobe à la fois les questions politiques, sécuritaires et économiques.
À Bamako, les discussions ont ainsi porté sur les différents axes de coopération et sur la possibilité d’explorer de nouveaux domaines susceptibles de générer des bénéfices mutuels.
L’un des principaux objectifs consiste désormais à identifier les secteurs prioritaires autour desquels les deux pays pourront développer leurs futurs partenariats. La feuille de route évoquée doit permettre d’organiser cette coopération et de préparer les prochaines étapes de la relation algéro-malienne.
À ce stade, les informations disponibles ne précisent toutefois ni les secteurs supplémentaires qui seront retenus, ni les investissements envisagés, ni le calendrier d’adoption de cette feuille de route.
Une feuille de route pour la coopération économique Algérie-Mali
La volonté d’établir une feuille de route marque la recherche d’un cadre plus structuré pour la coopération entre Alger et Bamako. L’objectif est notamment de disposer de priorités communes pouvant ensuite être soumises aux dirigeants des deux pays.
Cette démarche intervient en amont d’une prochaine visite en Algérie du président malien Assimi Goïta, évoquée lors des échanges à Bamako. Les travaux actuels doivent ainsi contribuer à préparer les principaux dossiers qui pourraient être examinés à cette occasion.
Il convient néanmoins de distinguer cette phase préparatoire de la conclusion de nouveaux accords économiques. Aucune nouvelle enveloppe d’investissement ou convention commerciale n’a été annoncée dans les éléments communiqués à ce stade.
La portée économique de la visite dépendra donc des projets qui seront effectivement retenus et des mécanismes mis en place pour assurer leur réalisation.
La Grande Commission mixte de coopération pourrait être réactivée
Parmi les principaux leviers évoqués figure la Grande Commission mixte de coopération algéro-malienne. Sifi Ghrieb a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie à réactiver ce mécanisme institutionnel.
Sa remise en activité pourrait permettre aux deux pays de revoir et de renforcer le cadre juridique encadrant leurs relations bilatérales. Cette étape pourrait également faciliter le suivi des projets et des différents domaines de coopération retenus.
Pour Alger et Bamako, l’enjeu consiste ainsi à disposer d’instruments institutionnels capables d’accompagner la nouvelle phase souhaitée par les deux gouvernements.
Cette dimension est particulièrement importante pour les projets transfrontaliers ou régionaux, qui nécessitent une coordination entre plusieurs administrations et différents acteurs économiques.
La Route transsaharienne parmi les projets stratégiques
Les discussions ont également permis de remettre en avant plusieurs grands projets d’intégration régionale, dont la Route transsaharienne.
Cette infrastructure constitue l’un des axes susceptibles de renforcer les connexions entre l’Algérie et les pays du Sahel. Au-delà de sa dimension routière, elle présente un intérêt économique pour la circulation des marchandises et le développement des échanges entre les marchés d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne.
Le Mali occupe, dans cette perspective, une position stratégique pour les connexions terrestres entre l’Algérie et l’Afrique de l’Ouest.
Le développement de ces infrastructures peut ainsi accompagner une coopération économique plus large, même si aucune nouvelle annonce financière ou opérationnelle concernant la Route transsaharienne n’a été communiquée à l’occasion de cette visite.
La fibre optique transsaharienne au cœur de l’intégration numérique
Autre projet cité par Sifi Ghrieb : la dorsale transsaharienne à fibre optique. Cette infrastructure apporte une dimension numérique aux ambitions d’intégration régionale entre l’Algérie et ses partenaires africains.
Le développement des connexions numériques constitue un enjeu complémentaire aux infrastructures physiques. Une meilleure connectivité peut favoriser les échanges de données, le développement des services numériques et, plus largement, l’intégration économique entre les pays concernés.
La présence de la Route transsaharienne et de la dorsale à fibre optique dans les discussions montre que la coopération envisagée entre Alger et Bamako pourrait notamment s’appuyer sur des infrastructures régionales déjà identifiées.
Vers une coopération économique plus structurée entre Alger et Bamako
La visite de Sifi Ghrieb au Mali constitue donc davantage une étape de préparation qu’une séquence de signature de nouveaux contrats. Les deux gouvernements affichent leur volonté de relancer leur coopération, mais plusieurs éléments devront encore être précisés pour mesurer la portée économique de cette dynamique.
L’identification des secteurs prioritaires, l’élaboration de la feuille de route, la possible réactivation de la Grande Commission mixte et la préparation de la visite d’Assimi Goïta en Algérie constitueront les prochaines étapes à suivre.
Pour Algerian Business, l’enjeu sera notamment d’observer si cette relance politique se traduit par de nouveaux accords commerciaux, projets d’infrastructures, investissements ou partenariats économiques entre les deux pays.
La Route transsaharienne et la dorsale transsaharienne à fibre optique offrent déjà deux axes autour desquels cette coopération peut prendre une dimension régionale plus importante, en reliant davantage l’Algérie aux économies du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Algerian Business suit de près le développement des relations économiques entre l’Algérie et ses partenaires africains ainsi que les projets d’intégration susceptibles de renforcer les échanges sur le continent.
Sources : services du Premier ministre, APS, L’Algérie Aujourd’hui, Algérie Eco.



