L’accès des start-up à la Bourse au cœur des discussions
Le financement des entreprises innovantes était au centre d’une rencontre entre Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, et Youcef Bouzenada, président de la COSOB.
Les discussions ont porté sur les moyens de faciliter l’accès des entreprises innovantes à fort potentiel de croissance au marché financier. Elles ont également concerné la diversification de leurs sources de financement et leur accompagnement au cours des différentes étapes de leur développement.
Dans ce cadre, la COSOB a présenté son mécanisme n°2026/01, consacré à l’accès des entreprises innovantes au compartiment croissance de la Bourse des valeurs mobilières.
Le dispositif vise notamment à répondre à une difficulté particulière rencontrée par les entreprises récemment créées : leur historique financier peut être insuffisant pour satisfaire certaines conditions normalement applicables à une introduction en Bourse.
Une exception pour les entreprises trop récentes
La principale nouveauté concerne les entreprises qui ne sont pas en mesure de présenter deux exercices financiers clôturés et certifiés en raison de leur création récente.
Le mécanisme n°2026/01 fixe le cadre permettant à la COSOB d’accorder l’exception prévue par l’article 46 du règlement n°23-04 du 25 octobre 2023, relatif au règlement général de la Bourse des valeurs mobilières.
Ainsi, certaines jeunes entreprises peuvent envisager un accès au marché financier sans devoir attendre d’avoir constitué l’historique financier normalement requis. Le dispositif cherche donc à mieux prendre en compte les caractéristiques particulières des entreprises innovantes et leur stade de développement.
Cette exception ne signifie cependant pas que toutes les start-up pourront automatiquement entrer en Bourse. Elle concerne des entreprises répondant à plusieurs conditions et reste soumise à l’évaluation de la COSOB.
Les start-up et scale-up labellisées peuvent être éligibles
Les entreprises bénéficiant du label « Start-up » ou « Scale-up » peuvent prétendre au dispositif, sous réserve de remplir les critères établis.
Elles doivent notamment avoir effectivement commencé leur activité ou atteint un niveau de maturité opérationnelle suffisant pour permettre d’évaluer la réalité de leurs activités et leurs perspectives de développement.
La viabilité du modèle économique constitue également un élément déterminant. L’entreprise doit disposer d’un projet de développement justifiant le recours au financement par le marché.
Le mécanisme cible donc davantage les entreprises innovantes ayant déjà franchi certaines étapes de développement que les projets encore à un stade précoce.
La COSOB évaluera la solidité de chaque entreprise
L’octroi de l’exception reposera sur une analyse de plusieurs indicateurs. La COSOB examinera notamment le niveau de maturité de l’activité, la solidité et la viabilité du modèle économique ainsi que les indicateurs de croissance et l’attractivité commerciale.
La qualité de la gouvernance et la situation financière de l’entreprise seront également prises en considération. De plus, le régulateur analysera les besoins de financement, le plan de développement présenté et les risques associés à l’activité.
Cette évaluation doit permettre de déterminer si l’entreprise présente un niveau de développement compatible avec un recours au marché financier malgré l’absence de deux exercices financiers clôturés et certifiés.
La COSOB précise néanmoins que l’octroi de cette exception relève de son pouvoir d’appréciation. Il ne constitue donc pas un droit acquis pour une start-up ou une scale-up répondant aux premières conditions d’éligibilité.
La transparence envers les investisseurs reste obligatoire
L’assouplissement de cette condition ne signifie pas un allègement général des obligations applicables aux entreprises souhaitant accéder au marché financier.
Les exigences relatives à la transparence, à l’information et à la protection des investisseurs restent pleinement applicables. Les entreprises candidates devront donc continuer à répondre aux obligations prévues pour assurer la qualité des informations mises à disposition du marché.
Cette distinction est importante. Le mécanisme ne crée pas une voie d’accès automatique à la Bourse pour les start-up et ne supprime pas l’ensemble des conditions d’admission.
Il introduit une possibilité d’exception ciblée afin que l’ancienneté limitée d’une entreprise innovante ne constitue pas, à elle seule, un obstacle à l’examen de son dossier.
La Bourse comme nouvelle source de financement pour les entreprises innovantes
Au-delà de cette mesure, le dispositif pose la question de la diversification du financement des entreprises innovantes en Algérie.
L’accès au marché financier peut constituer une alternative ou un complément aux autres sources de capitaux mobilisées au cours du développement d’une entreprise. Le compartiment croissance permet ainsi d’envisager le financement par le marché pour des sociétés présentant un potentiel de développement.
La rencontre entre le ministère et la COSOB s’inscrit précisément dans cette volonté d’élargir les solutions disponibles pour accompagner les entreprises innovantes au cours de leur croissance.
Toutefois, aucun montant de financement, nombre de bénéficiaires potentiels ou calendrier d’introduction en Bourse n’est annoncé dans les éléments communiqués. Le mécanisme établit avant tout un nouveau cadre permettant à la COSOB d’étudier certaines demandes d’exception.
Pour les start-up et scale-up algériennes suffisamment matures, cette évolution pourrait néanmoins lever l’un des obstacles liés à leur jeunesse et faciliter l’examen d’un financement via le marché boursier.
Sources : Ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, COSOB, L’Algérie Aujourd’hui
Algerian Business suit de près l’évolution des mécanismes de financement destinés aux start-up et aux entreprises en croissance en Algérie.



