L’Agence algérienne de promotion de l’investissement a enregistré 353 projets d’investissement étranger, selon son directeur général Omar Rekkache. Cette annonce a été faite à Alger en marge de la 57e édition de la Foire internationale d’Alger, lors d’un colloque consacré au potentiel économique, aux réformes et à la compétitivité de l’Algérie. Un chiffre qui, au-delà de la statistique, traduit une dynamique d’attractivité que l’Algérie cherche à consolider et à transformer en investissements opérationnels générateurs de valeur économique.
353 projets, une répartition entre IDE et partenariats
Le portefeuille de projets enregistrés par l’AAPI se décompose en deux catégories distinctes. Les investissements directs étrangers représentent 146 projets, tandis que 207 projets sont réalisés sous forme de partenariats entre opérateurs étrangers et acteurs algériens. Cette répartition reflète une approche équilibrée de l’attractivité, alliant l’attrait des capitaux étrangers autonomes et la logique de co-construction industrielle avec les entreprises nationales, qui reste un levier privilégié par les autorités algériennes pour favoriser le transfert de technologie et le développement des compétences locales.
Omar Rekkache a souligné que le taux de réalisation de plusieurs de ces projets avait atteint des niveaux importants, y voyant un signal de confiance croissante des investisseurs étrangers dans le climat des affaires algérien. Cette nuance est importante : ce qui compte dans la mesure de l’attractivité d’un pays n’est pas seulement le nombre de projets enregistrés, mais la capacité à les concrétiser effectivement sur le terrain.
Des réformes structurelles comme socle de l’attractivité
La dynamique enregistrée par l’AAPI s’inscrit dans le cadre des réformes engagées ces dernières années pour améliorer le climat des affaires algérien. Le renforcement du guichet unique, la simplification des procédures administratives et l’adoption d’un cadre juridique plus stable et plus lisible pour les investisseurs figurent parmi les leviers mis en avant par l’agence pour expliquer cette progression.
Ces réformes répondent à des critiques récurrentes formulées par les investisseurs étrangers sur la complexité bureaucratique et l’instabilité réglementaire qui constituaient historiquement des freins majeurs à l’investissement en Algérie. Leur traduction concrète dans les chiffres d’enregistrement de projets est un signal encourageant, même si le chemin vers une attractivité pleinement compétitive à l’échelle régionale et internationale reste long.
Des secteurs prioritaires à forte valeur ajoutée
L’Algérie ne cherche pas à attirer des investissements de manière indifférenciée. L’AAPI oriente délibérément les projets vers des secteurs identifiés comme stratégiques pour les objectifs de développement national. La valorisation des ressources minières et naturelles, la sécurité alimentaire, les cultures stratégiques et l’industrie pharmaceutique constituent les axes prioritaires de cette politique d’attractivité ciblée.
Cette approche sectorielle est cohérente avec la stratégie de diversification économique algérienne qui cherche à développer des filières productives capables de substituer des importations coûteuses, de générer des exportations hors hydrocarbures et de créer des emplois qualifiés durables.
Une infrastructure au service de l’attractivité
L’AAPI met également en avant le rôle des infrastructures dans le positionnement de l’Algérie comme destination d’investissement. Le pays dispose d’un réseau de 36 aéroports, de 45 ports dont 20 ports commerciaux, ainsi que d’un réseau routier et ferroviaire en développement continu destiné à connecter les zones de production aux marchés d’exportation.
Les corridors stratégiques reliant l’Algérie à l’arrière-pays africain sont présentés comme un levier supplémentaire pour faciliter l’accès aux marchés du continent, dans un contexte où l’intégration économique africaine s’accélère et où l’Algérie cherche à se positionner comme plateforme logistique et industrielle entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne.
De l’enregistrement à la réalisation : le vrai défi
Si les 353 projets enregistrés constituent un indicateur positif, le vrai défi pour l’Algérie reste la transformation de ces intentions d’investissement en réalisations concrètes et opérationnelles. Le chemin entre l’enregistrement d’un projet et sa mise en exploitation effective est jalonné d’obstacles, accès au foncier industriel, disponibilité des financements, délais d’obtention des autorisations, raccordements aux infrastructures, que l’écosystème algérien doit continuer à simplifier et à fluidifier pour tenir les promesses de ses réformes.
L’enjeu est désormais de transformer ces projets en investissements opérationnels, capables de créer de la valeur, soutenir l’emploi, renforcer les exportations et contribuer à l’accélération de la diversification économique nationale.
Sources : El Watan, Algérie Eco
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