La coopération économique entre l’Algérie et les États-Unis pourrait entrer dans une nouvelle phase. En visite à Alger, Massad Boulos, conseiller présidentiel américain pour l’Afrique, a placé les opportunités économiques parmi les principaux axes de la relation bilatérale, aux côtés des questions de sécurité régionale.
Reçu par le président de la République Abdelmadjid Tebboune, le responsable américain a qualifié l’Algérie de « partenaire important » pour Washington. Son déplacement s’est également accompagné de rencontres avec plusieurs responsables algériens afin d’aborder plus précisément les perspectives de coopération entre les deux pays.
Les États-Unis veulent élargir les opportunités économiques avec l’Algérie
À l’issue de son entretien avec le président Tebboune, Massad Boulos a directement associé la relation algéro-américaine aux enjeux économiques.
« L’Algérie est un partenaire important pour les États-Unis », a déclaré le conseiller américain, en évoquant plus largement le rôle du pays dans « la promotion de la sécurité régionale, l’élargissement des opportunités économiques et la réalisation de la prospérité pour les deux pays ».
Cette déclaration intervient alors qu’Alger et Washington cherchent à donner davantage de contenu économique à leur relation. Au-delà du dialogue politique et sécuritaire, les discussions portent désormais sur la présence des entreprises américaines, les investissements, le commerce et plusieurs secteurs stratégiques.
Investissements et entreprises américaines au centre des discussions
La dimension économique a également occupé une place importante lors des échanges entre Massad Boulos et le Premier ministre Sifi Ghrieb.
Selon les éléments communiqués à l’issue de cette rencontre, les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant à la « dynamique positive » du partenariat algéro-américain dans plusieurs domaines, notamment économique.
Les discussions ont porté sur les moyens « d’approfondir et de diversifier » cette coopération. Parmi les objectifs évoqués figurent notamment l’accroissement de la présence des entreprises américaines en Algérie, l’élargissement de leurs investissements et l’augmentation du volume des échanges commerciaux entre les deux pays.
À ce stade, aucune nouvelle enveloppe d’investissement ni aucun objectif chiffré concernant le commerce bilatéral n’ont été annoncés dans les éléments disponibles. Les discussions traduisent néanmoins une volonté affichée des deux gouvernements de renforcer la dimension économique de leur relation.
La coopération économique Algérie–États-Unis s’appuie sur l’énergie
L’énergie constitue l’un des principaux secteurs susceptibles d’accompagner ce rapprochement. Durant son déplacement, Massad Boulos a rencontré Nour Eddine Daoudi, PDG de Sonatrach, pour examiner les possibilités de renforcement de la coopération énergétique.
Cette rencontre intervient dans un contexte où plusieurs groupes américains s’intéressent au potentiel énergétique algérien. Des discussions avec ExxonMobil et Chevron ont notamment été rapportées autour de l’exploration et du développement des ressources pétrolières et gazières du pays, y compris dans le domaine des ressources non conventionnelles.
Il convient toutefois de distinguer ces discussions des investissements effectivement engagés. Aucun accord définitif avec ces deux groupes n’a été annoncé dans les informations disponibles relatives à cette visite.
Les perspectives de coopération énergétique dépassent par ailleurs les hydrocarbures traditionnels. Les échanges entre acteurs algériens et américains concernent également des sujets liés à la réduction des émissions, à la décarbonation, aux nouvelles technologies énergétiques et au transfert de savoir-faire.
Les échanges commerciaux progressent entre les deux pays
La volonté de renforcer les relations économiques intervient alors que les flux commerciaux entre les deux pays montrent déjà des signes de progression.
Selon les données rapportées, les exportations américaines vers l’Algérie ont atteint environ 1,28 milliard de dollars en 2025, soit une progression de 25,9 %. Les hydrocarbures algériens continuent parallèlement d’occuper une place importante dans les échanges entre les deux économies.
L’enjeu pour les deux parties consiste désormais à élargir cette relation à davantage de secteurs et à favoriser une présence plus importante des entreprises de part et d’autre.
Cette diversification pourrait notamment passer par l’énergie, l’agriculture, l’industrie et les technologies, des domaines dans lesquels les besoins d’investissement et de modernisation peuvent créer de nouvelles opportunités pour les opérateurs.
Vers une relation économique plus diversifiée
Le programme de la visite de Massad Boulos montre que les discussions ne se limitent plus aux questions diplomatiques et sécuritaires. La rencontre avec le PDG de Sonatrach, les échanges avec le Premier ministre et les déclarations relatives aux entreprises et aux investissements placent clairement l’économie parmi les priorités de la relation bilatérale.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que les intentions annoncées se sont déjà traduites par une nouvelle vague d’investissements américains. Les prochaines étapes seront déterminantes pour mesurer la capacité des deux pays à transformer les discussions actuelles en contrats, implantations d’entreprises et projets d’investissement concrets.
Pour l’Algérie, une présence accrue d’entreprises américaines pourrait contribuer à diversifier ses partenariats internationaux et à attirer des technologies et des capitaux dans plusieurs secteurs. Pour les entreprises américaines, le marché algérien offre des perspectives dans une économie qui cherche à développer ses capacités industrielles et à attirer davantage d’investissements.
La visite de Massad Boulos constitue donc avant tout un signal de rapprochement économique. Son impact réel dépendra désormais des projets et accords qui pourront émerger des discussions engagées entre Alger et Washington.
Algerian Business suit de près l’évolution des relations économiques entre l’Algérie et les États-Unis, ainsi que les nouveaux investissements et partenariats susceptibles d’en découler.
Sources : Présidence de la République, services du Premier ministre, déclarations de Massad Boulos, Algérie Eco, L’Algérie Aujourd’hui.



