L’Algérie franchit une nouvelle étape dans ses échanges énergétiques avec l’Asie. Au premier semestre 2026, elle est devenue le premier fournisseur de naphta de la Corée du Sud, selon les données de la Korea International Trade Association (KITA) relayées par l’ambassade de la République de Corée en Algérie.
Le naphta algérien en Corée du Sud représente désormais 17,2 % des importations sud-coréennes de ce produit entre janvier et juin 2026. L’Algérie devance ainsi plusieurs fournisseurs majeurs du marché asiatique, dont les Émirats arabes unis et les États-Unis.
Le naphta algérien en Corée du Sud atteint 17,2 % du marché
Avec une part de 17,2 %, l’Algérie se positionne devant les Émirats arabes unis, à 14,5 %, et les États-Unis, à 13 %. L’Inde représente pour sa part 9,7 % des importations sud-coréennes, devant Oman à 9,3 %.
Cette première place marque une évolution importante pour l’Algérie. Les Émirats arabes unis avaient occupé la tête du classement des fournisseurs de naphta de la Corée du Sud en 2024 et en 2025.
Les données disponibles ne précisent toutefois ni les volumes physiques exportés par l’Algérie au premier semestre ni la valeur financière correspondante. La position de premier fournisseur repose donc ici sur la part dans les importations sud-coréennes de naphta communiquée par la KITA.
Une progression continue depuis 2024
La montée en puissance de l’Algérie sur le marché sud-coréen ne s’est pas produite en quelques mois. Sa part dans les importations de naphta du pays est passée de 12,9 % en 2024 à 15,6 % en 2025, avant d’atteindre 17,2 % au premier semestre 2026.
En deux ans, l’Algérie a ainsi gagné 4,3 points de part de marché. Cette progression lui permet désormais de dépasser les fournisseurs qui dominaient jusqu’ici les approvisionnements sud-coréens.
Pour l’Algérie, cette évolution renforce également la place de l’Asie parmi les débouchés potentiels de ses produits énergétiques et issus du raffinage.
Une matière première stratégique pour la pétrochimie sud-coréenne
Le naphta occupe une place importante dans l’industrie pétrochimique. Il est notamment utilisé comme matière première pour produire différents composants entrant ensuite dans de nombreuses chaînes industrielles.
La Corée du Sud dispose d’une industrie pétrochimique développée et dépend en partie des importations pour sécuriser ses approvisionnements. La progression de l’Algérie sur ce marché dépasse donc la seule dimension commerciale : elle lui permet de prendre une place plus importante dans l’approvisionnement d’un secteur industriel stratégique sud-coréen.
Cette position peut également contribuer à renforcer les relations énergétiques entre Alger et Séoul.
L’Algérie dispose de plus de 30 millions de tonnes de capacité de raffinage
Cette progression intervient alors que l’Algérie dispose d’une capacité de raffinage supérieure à 30 millions de tonnes par an, répartie entre cinq complexes, dont celui de Skikda.
Cette infrastructure permet au pays de transformer une partie de ses ressources en hydrocarbures et d’approvisionner aussi bien le marché national que certains marchés internationaux en produits issus du raffinage.
Selon les données présentées par l’ambassade sud-coréenne, le pétrole et le gaz représentent encore environ 90 % des exportations algériennes et près de 65 % des recettes de l’État. Ces chiffres rappellent le poids toujours central du secteur énergétique dans les équilibres économiques du pays.
La sécurité des approvisionnements devient un enjeu majeur
La progression du naphta algérien intervient également dans un contexte international où la sécurité des approvisionnements énergétiques occupe une place croissante dans les stratégies des pays importateurs.
L’ambassade de la République de Corée en Algérie souligne à ce titre l’importance de la diversification des sources d’approvisionnement pour renforcer la sécurité énergétique sud-coréenne. La représentation diplomatique a également indiqué vouloir continuer à soutenir le développement de la coopération économique entre les deux pays, notamment dans le secteur énergétique.
Cette diversification peut favoriser l’émergence de nouvelles relations commerciales avec des fournisseurs capables d’offrir des routes d’approvisionnement alternatives.
La position géographique de l’Algérie constitue un autre atout
La localisation de l’Algérie en Méditerranée constitue également un élément à prendre en compte. Les cargaisons algériennes destinées à la Corée du Sud peuvent rejoindre l’Asie sans passer par le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une partie importante des exportations énergétiques du Golfe.
Cet élément prend davantage d’importance lorsque les tensions géopolitiques affectent les principales routes maritimes énergétiques. Pour les acheteurs asiatiques, diversifier à la fois les fournisseurs et les itinéraires peut contribuer à réduire certains risques logistiques.
L’Algérie bénéficie ainsi d’un positionnement différent de celui des grands producteurs situés dans le Golfe.
Un nouveau débouché stratégique pour les exportations algériennes
La première place obtenue au premier semestre 2026 montre surtout que l’Algérie est capable de gagner des parts sur un marché énergétique asiatique fortement concurrentiel.
Cette évolution reste néanmoins à confirmer sur une période plus longue. Les données du second semestre permettront notamment de déterminer si l’Algérie conserve sa première position sur l’ensemble de l’année 2026.
Au-delà du classement, l’enjeu sera également d’observer si cette progression débouche sur une augmentation durable des volumes exportés et sur un approfondissement des relations commerciales entre les entreprises algériennes et sud-coréennes du secteur énergétique.
Algerian Business suit de près l’évolution des exportations énergétiques algériennes et le positionnement du pays sur les grands marchés internationaux.
Sources : Korea International Trade Association (KITA), Ambassade de la République de Corée en Algérie, Algérie Eco.



