Un rapport spécial publié par le quotidien américain USA Today présente l’Algérie comme un marché en pleine mutation, porté par des réformes économiques, des mégaprojets sectoriels et une volonté de renforcer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.
Publié le 3 juillet 2026, le dossier intitulé “Algérie : la prochaine frontière de l’investissement en Afrique du Nord” met en avant le potentiel économique du pays, encore jugé sous-estimé au regard de sa taille, de sa position géographique et de ses ressources.
Deuxième économie de la région, avec une population majoritairement jeune et un réseau d’infrastructures en expansion, l’Algérie est présentée comme un carrefour d’investissement entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.

L’investissement en Algérie au cœur du rapport USA Today
Le rapport souligne l’évolution des relations entre l’Algérie et les États-Unis, longtemps centrées sur les questions de sécuri
té et désormais davantage orientées vers l’économie, l’investissement et les partenariats sectoriels.
En 2025, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 3,5 milliards de dollars, un niveau qui illustre la volonté de l’Algérie de diversifier ses partenariats économiques extérieurs.
Cette dynamique s’est également traduite par une offensive diplomatique économique vers les États-Unis à la fin de l’année 2025, suivie en mai 2026 par la participation d’une délégation de 24 entreprises publiques et privées algériennes au sommet SelectUSA dans le Maryland.
Cette délégation était conduite par le Conseil du renouveau économique algérien, CREA, dans un contexte de rapprochement économique entre Alger et Washington.
L’énergie au cœur de l’attractivité économique
Le secteur énergétique reste l’un des principaux piliers de l’attractivité économique algérienne.
Selon le rapport, l’Algérie détient les dixièmes réserves mondiales de gaz naturel et les troisièmes réserves de gaz de schiste. Le pays s’appuie notamment sur Sonatrach, première entreprise du continent africain par le chiffre d’affaires, avec 77 milliards de dollars de revenus.
Le groupe public déploie actuellement un plan d’investissement de 50 milliards de dollars sur la période 2026-2030, dont 70 % sont consacrés à l’exploration-production.
Le rapport mentionne également des discussions avancées avec les groupes américains ExxonMobil et Chevron autour des gisements de gaz non conventionnels.
Sur le volet de la transition énergétique, l’Algérie vise 22 gigawatts de capacité renouvelable installée d’ici 2030 et plus d’un million de tonnes d’hydrogène vert exportées chaque année d’ici 2040.
Cette ambition s’inscrit notamment dans le cadre du projet de corridor South H2, un réseau de pipelines de plus de 2 000 miles destiné à relier l’Algérie à l’Europe.
Agriculture et mines parmi les nouveaux relais de croissance
Au-delà des hydrocarbures, USA Today met en avant la montée en puissance de l’agriculture algérienne.
Le secteur représente désormais 15 % du PIB et fait vivre plus de 2,4 millions de personnes. Le rapport cite notamment le mégaprojet laitier algéro-qatari Baladna, doté de 3,5 milliards de dollars et déployé sur 117 000 hectares dans le Sud.
Entré dans sa deuxième phase en avril 2026, ce projet doit couvrir la moitié des besoins nationaux en lait en poudre et générer 15 000 emplois. Il prévoit également l’importation de 240 000 vaches laitières américaines à terme.
Le rapport souligne aussi le rôle croissant des wilayas du Sud dans la production agricole nationale, grâce à l’exploitation des nappes phréatiques et à l’utilisation de nouvelles technologies.
Dans le secteur minier, le gisement de fer de Gara Djebilet est présenté comme l’une des plus grandes réserves non exploitées au monde, avec un potentiel évalué à 3,5 milliards de tonnes.
Son exploitation pilote, menée avec des consortiums chinois, s’accompagne de la construction d’une ligne ferroviaire minière de 590 miles reliant le site à Béchar.
Infrastructures, finance et nouveaux secteurs en développement
Le rapport met également en avant le développement des infrastructures de transport en Algérie.
Le pays dispose de plus de 90 000 miles de routes, 1 000 miles d’autoroutes et a enrichi son réseau ferroviaire de 1 000 miles supplémentaires entre 2020 et 2025. Le port de Djen Djen est également présenté comme une future plateforme logistique méditerranéenne.
Avec 47 millions d’habitants, dont 70 % ont moins de 40 ans, et un PIB de 269,3 milliards de dollars en 2024, l’Algérie dispose selon le rapport d’une base démographique et financière solide pour soutenir son développement économique.
Sur le plan financier, le rapport cite la numérisation des douanes, des impôts et du foncier, le libre transfert des bénéfices, l’introduction en Bourse du Crédit populaire d’Algérie et le développement de la finance islamique.
Le nouveau code de l’investissement est également mentionné pour les avantages fiscaux et douaniers qu’il peut offrir aux grands projets sur une période pouvant aller jusqu’à cinq ans.
Tourisme, pharmacie et start-up complètent le tableau
USA Today présente également le tourisme comme l’un des secteurs à fort potentiel pour l’Algérie.
Le pays est décrit comme l’une des dernières frontières touristiques inexploitées de la Méditerranée, avec 1 000 miles de côtes et plusieurs sites classés à l’UNESCO, dont Timgad, Djemila et le Tassili n’Ajjer.
L’Algérie vise 12 millions de visiteurs annuels d’ici 2030, contre 2,2 millions en 2023. Cette ambition est notamment appuyée par les 2 milliards de dollars investis par Air Algérie dans le renouvellement de sa flotte.
Le rapport cite aussi l’industrie pharmaceutique, qui couvre désormais 80 à 83 % des besoins nationaux en médicaments, contre 54 % avant 2020.
L’écosystème des start-up est également mis en avant, avec une progression de 250 entreprises en 2020 à plus de 10 000 aujourd’hui.
Une économie présentée comme tournée vers l’avenir
À travers ce rapport, USA Today dresse le portrait d’une économie algérienne en phase de transformation, soutenue par de grands projets, des réformes institutionnelles et une diversification progressive des secteurs porteurs.
L’énergie demeure un pilier central, mais l’agriculture, les mines, les infrastructures, la finance, le tourisme, la pharmacie et les start-up apparaissent comme des relais de croissance de plus en plus visibles.
Pour l’Algérie, cette lecture internationale confirme l’intérêt croissant porté à son marché par les médias économiques étrangers et les investisseurs internationaux.
Source : El Watan / USA Today
Algerian Business suit de près les dynamiques d’investissement, les réformes économiques et les secteurs porteurs qui structurent l’avenir de l’économie algérienne.



