L’Algérie pourrait avoir besoin d’environ 25 milliards de dollars d’investissements pour atteindre ses objectifs dans l’hydrogène à l’horizon 2040, selon une analyse de l’agence spécialisée Attaqa, relayée par El Watan.
Cette estimation concerne la construction d’une capacité d’électrolyse de 2,5 gigawatts, soutenue par près de 20 gigawatts d’énergies renouvelables. Ces capacités permettraient, selon les projections citées, de produire entre 0,9 et 1,2 million de tonnes d’hydrogène vert par an, principalement destiné à l’exportation.
L’analyse évoque également la production d’environ 300 000 tonnes d’hydrogène bleu, destinée aux besoins du marché local. Cette approche repose sur deux filières complémentaires : l’hydrogène vert, produit à partir d’énergies renouvelables, et l’hydrogène bleu, produit à partir de gaz naturel avec capture et stockage du carbone.
Pour l’Algérie, l’enjeu est stratégique. Le pays dispose d’importantes ressources gazières, d’un fort potentiel solaire et d’infrastructures énergétiques pouvant être mobilisées dans le développement de cette nouvelle filière. Selon les éléments rapportés, plusieurs projets sont déjà annoncés, dont des projets liés à l’hydrogène vert, à ses dérivés et à des pipelines.
L’objectif évoqué est d’exporter jusqu’à un million de tonnes d’hydrogène par an vers les marchés européens d’ici 2040. Cette perspective s’inscrit dans un contexte où l’Europe cherche à diversifier ses sources d’énergie bas carbone et à accélérer sa transition énergétique.
Une autre étude publiée dans la revue scientifique Applied Energy met également en avant les atouts de l’Algérie dans ce domaine : potentiel solaire, superficies exploitables, proximité géographique avec l’Europe et infrastructures énergétiques existantes.
Selon cette étude, l’Algérie disposerait, sur le plan technique, d’une capacité de production et d’exportation pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de tonnes d’hydrogène vert par an. Les coûts de production seraient estimés entre 4,6 et 5,2 euros par kilogramme, ce qui placerait le pays parmi les producteurs potentiellement compétitifs à l’échelle internationale.
Toutefois, la concrétisation de cette ambition dépendra de plusieurs facteurs : mobilisation des financements, développement des infrastructures, compétitivité des coûts, structuration industrielle et capacité à sécuriser des débouchés à l’export.
Pour l’Algérie, l’hydrogène représente donc une opportunité majeure, mais aussi un chantier industriel de long terme. Le potentiel existe. L’enjeu sera désormais de transformer cette position stratégique en projets concrets, financés et compétitifs.
Source : El Watan, d’après une analyse d’Attaqa citant l’Agence internationale de l’énergie, ainsi qu’une étude publiée dans Applied Energy.



