La formation automobile à Oran se dote d’un centre d’excellence
La formation automobile à Oran franchit une nouvelle étape avec l’inauguration du Centre d’excellence des métiers de l’automobile « Moudjahida Zâanane Yamina », situé à Belgaïd, dans la partie est de la wilaya. L’établissement a été inauguré le 13 octobre 2026 par Nacima Arhab, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, lors d’une visite de travail consacrée au rapprochement entre les organismes de formation et les entreprises industrielles.
La cérémonie s’est déroulée en présence du wali d’Oran, Brahim Ouchene, ainsi que de représentants du secteur industriel et d’opérateurs économiques. Le centre a pour vocation de développer des compétences adaptées aux différentes spécialités de l’industrie automobile.
L’établissement dispose de 20 salles de cours et de six ateliers techniques consacrés notamment à l’électronique, à la mécatronique et à la maintenance des systèmes automobiles. Il comprend également des salles de conférences, un centre dédié à l’entrepreneuriat et des infrastructures d’hébergement offrant une capacité de 120 lits.
Son encadrement pédagogique est assuré par 25 formateurs. Avec une capacité d’accueil actuelle de 300 stagiaires, le centre devrait atteindre 500 places à partir de 2027, selon les filières et les modes de formation proposés.
Ces équipements doivent permettre de combiner enseignements théoriques et apprentissages techniques. Leur développement s’inscrit dans une démarche visant à rapprocher les qualifications professionnelles des compétences recherchées par les entreprises du secteur automobile.
L’usine Fiat de Tafraoui renforce ses liens avec la formation professionnelle

À l’issue de l’inauguration, Nacima Arhab s’est rendue à l’usine Fiat de Tafraoui, exploitée par Stellantis Algérie. Accompagnée du wali d’Oran et de Raoui Beji, président-directeur général de Stellantis Algérie, elle a visité les ateliers de production et rencontré les apprentis ainsi que leurs encadreurs.
Cette visite a permis d’examiner les conditions de formation pratique au sein du site industriel. La ministre s’est également informée des programmes pédagogiques proposés et de l’expérience acquise par les apprentis dans l’environnement de production automobile.
Nacima Arhab a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre les établissements de formation professionnelle et Stellantis Algérie. L’objectif consiste notamment à adapter les programmes aux besoins de l’industrie, dans les métiers liés à la fabrication et à la maintenance des véhicules.
Cette coopération doit contribuer à rapprocher les compétences acquises par les stagiaires des exigences des entreprises. Elle concerne aussi bien les savoir-faire techniques que la préparation à l’intégration dans un environnement industriel.
La ministre a également pris connaissance de la formation dispensée à des stagiaires originaires du Niger, accueillis au sein de l’usine Fiat.
Fiat a intégré 120 apprentis à la rentrée d’octobre
La formation des jeunes constitue l’un des volets de la coopération entre l’usine Fiat et les établissements de formation professionnelle d’Oran. Selon les données présentées par Raoui Beji, le site industriel a accueilli plus de 95 stagiaires issus des établissements de la wilaya au cours de la précédente année de formation.
À la rentrée d’octobre 2026, l’usine a intégré 120 apprentis. Ces données illustrent la place accordée à la formation pratique dans le fonctionnement du site industriel.
L’accueil des apprentis leur permet de découvrir les différentes activités de l’usine et de se familiariser avec les métiers de l’automobile. Il constitue également un cadre de collaboration entre l’entreprise et les structures chargées de la formation professionnelle.
Pour Stellantis Algérie, le développement des compétences représente un enjeu à prendre en compte dans ses perspectives industrielles. L’adaptation des formations aux procédés de fabrication et aux besoins de maintenance accompagne l’évolution des activités du site de Tafraoui.
Cette démarche ne signifie toutefois pas que les apprentis accueillis seront automatiquement recrutés. Les informations communiquées concernent leur intégration dans les dispositifs de formation, sans préciser les débouchés individuels à l’issue de leur parcours.
L’usine Fiat vise une capacité de 135 000 véhicules par an en 2028
La visite ministérielle a également permis de rappeler les perspectives industrielles de l’usine Fiat de Tafraoui. Selon Raoui Beji, le site dispose actuellement d’une capacité de production de 90 000 véhicules par an et emploie 2 500 travailleurs.
Un programme d’extension de l’usine et d’augmentation de ses capacités est prévu. L’objectif annoncé consiste à porter la capacité de production annuelle à 135 000 véhicules à l’horizon 2028.
Cette évolution représenterait une hausse de 45 000 véhicules par an en capacité, soit 50 % par rapport au niveau actuel annoncé. Il s’agit toutefois d’un objectif industriel, et non d’un volume de production déjà réalisé.
Dans cette perspective, la disponibilité de compétences techniques adaptées constitue un enjeu pour l’accompagnement des activités de fabrication. Le rapprochement avec les structures de formation professionnelle répond notamment à la nécessité de préparer des profils aux différents métiers de l’industrie automobile.
La création du centre d’excellence de Belgaïd et l’accueil d’apprentis à Tafraoui s’inscrivent dans cette logique de développement des qualifications. Ces initiatives interviennent parallèlement aux ambitions d’extension annoncées par Stellantis Algérie.
Onze établissements pilotes engagés dans la démarche ISO 21001
En marge de l’inauguration du centre de Belgaïd, Nacima Arhab a également présidé le lancement du projet de mise en œuvre de la norme internationale ISO 21001 au sein des établissements de formation professionnelle.
Cette norme concerne les systèmes de management des organismes d’éducation et de formation. La démarche vise à améliorer l’organisation des établissements, à renforcer leur gouvernance et à développer les mécanismes d’évaluation de la qualité des enseignements.
Lors de son intervention, Nacima Arhab a présenté ce projet comme « une orientation institutionnelle réfléchie en faveur de la modernisation des méthodes de gestion, de la consolidation des principes de gouvernance et de la promotion d’une culture de la qualité et de l’excellence ».
La ministre a également qualifié la qualité de la formation professionnelle d’« un enjeu stratégique ». Selon elle, l’amélioration des pratiques doit permettre aux établissements de mieux répondre aux besoins du marché du travail et de renforcer leurs possibilités de coopération avec des institutions étrangères.
Une première phase de mise en œuvre concernera onze établissements pilotes : sept établissements de formation professionnelle et quatre instituts nationaux spécialisés. Cette expérimentation doit permettre d’évaluer les résultats et de définir les modalités d’une éventuelle généralisation.
L’Institut algérien de normalisation accompagne ce projet en apportant son expertise et son appui technique. Le lancement de cette démarche ne signifie pas que les établissements concernés disposent déjà d’une certification ISO 21001.
Le développement des compétences devient un enjeu industriel
L’inauguration du Centre d’excellence des métiers de l’automobile et la visite de l’usine Fiat mettent en évidence les liens entre la formation professionnelle et les besoins du secteur industriel. À Oran, ces initiatives concernent à la fois les infrastructures pédagogiques, l’apprentissage en entreprise et l’évolution des programmes de formation.
Pour l’industrie automobile, la disponibilité de techniciens qualifiés représente un élément important dans l’organisation des activités de fabrication et de maintenance. La coopération entre établissements de formation et entreprises peut contribuer à mieux préparer les compétences nécessaires à ces métiers.
Les perspectives de développement de l’usine Fiat de Tafraoui donnent une dimension supplémentaire à cette démarche. Alors que Stellantis Algérie prévoit de renforcer ses capacités à l’horizon 2028, le centre de Belgaïd doit également augmenter son offre de formation dès 2027.
La mise en œuvre de la norme ISO 21001 complète ces initiatives en introduisant une démarche d’amélioration de la qualité dans les établissements concernés. L’ensemble de ces projets souligne l’importance accordée à l’adaptation de la formation professionnelle aux besoins de l’économie et de l’industrie algériennes.
Source : Algérie Éco, 13 octobre 2026, sur la visite de Nacima Arhab à Oran, l’inauguration du Centre d’excellence des métiers de l’automobile et les déclarations de Raoui Beji concernant l’usine Fiat de Tafraoui.
Algerian Business suit de près le développement de l’industrie automobile en Algérie, les investissements dans les compétences techniques et les partenariats entre entreprises et établissements de formation qui accompagnent la transformation du tissu industriel national.



