Le SoutH2 Corridor franchit une nouvelle étape à Alger
Les cinq pays partenaires du SoutH2 Corridor renforcent leur coopération autour de ce projet énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Europe. Les représentants de l’Algérie, de la Tunisie, de l’Italie, de l’Autriche et de l’Allemagne ont signé la Déclaration ministérielle d’Alger lors de leur deuxième réunion ministérielle.
Le document prévoit notamment la création d’un Secrétariat consacré au soutien technique du projet. L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) doit accompagner ce dispositif. Les pays partenaires veulent également instaurer un dialogue régulier et structuré afin de poursuivre le développement du corridor.
Cette déclaration constitue avant tout une nouvelle étape politique et institutionnelle. Elle ne signifie donc pas que les infrastructures sont déjà réalisées ou que les volumes annoncés sont actuellement produits et exportés.
Un corridor de 3 000 kilomètres vers l’Europe
Le SoutH2 Corridor doit permettre d’acheminer de l’hydrogène vert depuis l’Algérie vers plusieurs marchés européens. Le projet prévoit une capacité de transport de 4 millions de tonnes par an sur un tracé d’environ 3 000 kilomètres.
Selon les données communiquées autour du projet, ce volume représenterait environ 10 % de la demande européenne attendue en hydrogène vert à l’horizon 2040. L’Italie constitue une porte d’entrée vers le marché européen, avant un prolongement du corridor vers l’Autriche et l’Allemagne.
Une partie du projet doit s’appuyer sur les réseaux existants de transport de gaz naturel. Ces infrastructures devront toutefois être modernisées et adaptées au transport de l’hydrogène. Cette approche permet au projet de s’appuyer sur des réseaux énergétiques déjà présents entre les deux rives de la Méditerranée.
Sonatrach, Sonelgaz et plusieurs groupes européens travaillent sur le projet
Les travaux autour du SoutH2 Corridor ont débuté en octobre 2024 avec une première coopération entre plusieurs entreprises énergétiques. Sonatrach et Sonelgaz avaient alors signé un mémorandum d’entente avec l’allemand VNG, les italiens Snam et SeaCorridor ainsi que l’autrichien Verbund Green Hydrogen.
Ce mémorandum porte sur la réalisation des études nécessaires pour évaluer la faisabilité et la rentabilité d’un projet intégré. Celui-ci doit associer la production d’hydrogène vert en Algérie à son exportation vers les marchés européens.
Le SoutH2 Corridor reste donc à un stade de développement. Les 4 millions de tonnes annoncées correspondent à la capacité envisagée du projet et non à un niveau actuel de production ou d’exportation.
La coopération industrielle autour de l’hydrogène s’élargit
La coopération ne concerne pas uniquement le futur réseau de transport. En juillet 2026, Sonatrach a également signé deux protocoles d’accord avec Robert Bosch et Siemens Energy lors de la visite du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne.
Ces accords visent à renforcer la coopération dans plusieurs domaines liés à la transition énergétique. Ils concernent notamment la fabrication d’électrolyseurs, la production d’hydrogène, la maintenance et la réparation des équipements ainsi que la formation.
Cette dimension industrielle constitue un enjeu important pour l’Algérie. Le développement d’une filière hydrogène ne repose pas uniquement sur la production et l’exportation. Il nécessite également des équipements, des infrastructures, des compétences techniques et des capacités de maintenance.
L’Algérie cherche à renforcer son rôle dans les nouvelles infrastructures énergétiques
Le projet s’inscrit dans le développement des relations énergétiques entre l’Algérie et l’Europe. En février 2026, le SoutH2 Corridor figurait notamment parmi les sujets abordés lors du dialogue politique de haut niveau sur l’énergie entre l’Algérie et l’Union européenne.
La Déclaration d’Alger met désormais l’accent sur la coopération entre les acteurs nécessaires à la réalisation du corridor. Les discussions concernent notamment les gestionnaires de réseaux de transport, les autorités de régulation, les institutions financières, les producteurs et les futurs acheteurs d’hydrogène.
Cette coordination sera déterminante pour passer du soutien politique à la réalisation du projet. Elle devra notamment accompagner les études, la structuration des infrastructures et les futures étapes économiques et financières.
Une coopération engagée depuis la réunion de Rome en 2025
La signature d’Alger intervient après une première réunion ministérielle organisée à Rome en janvier 2025. Les cinq pays avaient alors signé une déclaration commune d’intentions politiques et décidé de renforcer leur coopération autour du SoutH2 Corridor.
La deuxième réunion ministérielle marque donc une étape supplémentaire dans cette coopération. La création annoncée d’un Secrétariat technique vise notamment à donner une structure plus permanente au travail engagé entre les partenaires.
Cependant, plusieurs étapes restent nécessaires avant une éventuelle exploitation commerciale du corridor. Les études de faisabilité et de rentabilité, l’adaptation des infrastructures, le financement et la structuration de la future chaîne de production et d’approvisionnement restent au cœur du développement du projet.
Un projet stratégique, mais encore à concrétiser
Avec une capacité envisagée de 4 millions de tonnes par an, le SoutH2 Corridor affiche une dimension importante pour les futures relations énergétiques entre l’Algérie et l’Europe. Le projet pourrait également créer de nouvelles opportunités industrielles autour de la production, du transport et des technologies liées à l’hydrogène.
La Déclaration ministérielle d’Alger renforce aujourd’hui le cadre de coopération entre les cinq États partenaires. Elle apporte également un dispositif technique supplémentaire avec la création prévue d’un Secrétariat soutenu par l’ONUDI.
La prochaine étape consistera toutefois à transformer ces engagements politiques et ces études en infrastructures et en capacités industrielles opérationnelles. À ce stade, aucun élément contenu dans la déclaration ne permet de présenter les 4 millions de tonnes comme une production déjà disponible ou une exportation déjà contractualisée.
Sources : APS, Algérie Eco
Algerian Business suit de près le développement du SoutH2 Corridor et les investissements susceptibles d’accompagner l’émergence d’une filière algérienne de l’hydrogène vert.



