La production de gaz naturel en Algérie a progressé au premier semestre 2026 pour atteindre 54,01 milliards de mètres cubes, contre 51,81 milliards sur la même période de 2025.
Selon les données rapportées par la plateforme spécialisée Attaqa, il s’agit du niveau le plus élevé observé sur un premier semestre depuis 2023.
La hausse atteint 4,2 % sur un an, confirmant un redressement après le recul enregistré en 2024 et 2025.
En 2023, la production avait atteint 54,72 milliards de mètres cubes sur les six premiers mois de l’année. Elle avait ensuite reculé à 53,61 milliards en 2024, puis à 51,81 milliards en 2025.
La production de gaz naturel en Algérie remonte à 54 milliards de m³
Le niveau atteint au premier semestre 2026 place donc la production algérienne proche du pic observé trois ans plus tôt.
La progression a concerné la majorité des mois du semestre, à l’exception de juin.
Durant ce mois, la production a légèrement diminué de 0,4 %, à 8,17 milliards de mètres cubes, contre 8,20 milliards en juin 2025, selon les données de l’initiative JODI.
Le niveau mensuel le plus élevé reste toutefois celui de mars 2023, avec 13,18 milliards de mètres cubes.
En janvier 2026, la production avait atteint 10,437 milliards de mètres cubes, un niveau élevé mais encore inférieur à ce record.
La consommation intérieure progresse plus vite que la production
La hausse de la production intervient dans un contexte de forte progression de la demande domestique.
La consommation intérieure de gaz a atteint 28,49 milliards de mètres cubes au premier semestre 2026, contre 26,81 milliards un an plus tôt.
Cela représente une hausse de 6,3 %, soit un rythme supérieur à celui de la production.
La consommation locale a ainsi absorbé environ 53 % de la production totale sur les six premiers mois de l’année.
Cette évolution constitue un point important pour l’équilibre du secteur gazier algérien.
Plus la demande intérieure augmente rapidement, plus la capacité disponible pour l’export dépend de la progression parallèle de la production.
L’électricité reste le principal moteur de la demande
La production d’électricité demeure l’un des principaux facteurs de consommation de gaz en Algérie.
Le mix électrique national repose encore largement sur le gaz naturel, ce qui maintient une forte pression sur la demande intérieure.
Pour réduire progressivement cette dépendance, les autorités cherchent à augmenter la part des énergies renouvelables.
Deux nouvelles centrales solaires totalisant 400 MW ont notamment été mises en service en mai 2026.
Ces capacités s’inscrivent dans la première phase d’un programme national qui prévoit l’ajout de 3,2 GW de capacités solaires à l’horizon 2027.
À terme, une augmentation de la part du solaire dans le mix électrique pourrait contribuer à limiter la croissance de la consommation de gaz destinée à la production d’électricité.
Les exportations de gaz progressent de 2,4 %
Les exportations algériennes de gaz ont également augmenté au premier semestre 2026.
En cumulant les ventes par gazoduc et sous forme de GNL, elles ont atteint 23,97 milliards de mètres cubes, contre 23,40 milliards un an auparavant. La hausse s’établit donc à 2,4 %.
Cette progression est principalement portée par les exportations réalisées via les gazoducs.
En juin, les volumes expédiés par pipeline ont atteint 3,06 milliards de mètres cubes, contre 2,95 milliards en juin 2025.
Les gazoducs restent au cœur des exportations
Les exportations par gazoduc représentent toujours la plus grande partie des ventes extérieures de gaz algérien.
Cette configuration souligne l’importance stratégique des infrastructures reliant l’Algérie à ses marchés méditerranéens et européens. La progression des volumes par pipeline au premier semestre contribue à compenser en partie la baisse observée sur le segment du gaz naturel liquéfié.
Pour l’Algérie, ces flux restent déterminants pour maintenir sa position parmi les principaux fournisseurs de gaz de la région.
Le GNL recule de 6,5 % sur le semestre
À l’inverse, les exportations de gaz naturel liquéfié ont diminué.
Sur les six premiers mois de 2026, elles ont reculé de 6,5 %, à 4,47 millions de tonnes, soit environ 6,1 milliards de mètres cubes.
Cette baisse est notamment liée à des opérations de maintenance. Le deuxième trimestre a toutefois enregistré une amélioration, avec 2,43 millions de tonnes de GNL exportées.
Cette reprise n’a pas empêché un nouveau recul en juillet.
Juillet marque un nouveau ralentissement du GNL
En juillet 2026, les exportations algériennes de GNL se sont établies à 495 000 tonnes.
Il s’agit de l’un des niveaux mensuels les plus faibles enregistrés depuis 2013.
Ce volume reste supérieur à celui de janvier 2026, qui avait atteint 440 000 tonnes, mais il confirme la volatilité des exportations de GNL au cours de l’année.
La performance globale du secteur gazier dépend donc de plusieurs dynamiques simultanées : hausse de la production, progression rapide de la consommation intérieure, bonne tenue des exportations par gazoduc et recul du GNL.
Un enjeu d’équilibre entre marché intérieur et exportations
La production de gaz naturel en Algérie retrouve ainsi un niveau élevé, mais la croissance de la demande intérieure constitue un enjeu majeur.
Avec une consommation en hausse de 6,3 %, contre 4,2 % pour la production, l’équilibre entre besoins domestiques et exportations devient de plus en plus stratégique.
L’augmentation des capacités solaires peut contribuer à limiter la pression sur le gaz destiné à la production électrique.
Dans le même temps, le maintien d’un haut niveau de production reste essentiel pour préserver la capacité d’exportation du pays.
Une performance à suivre au second semestre
Le premier semestre 2026 montre donc une amélioration de la production gazière algérienne.
Le niveau de 54,01 milliards de mètres cubes constitue le meilleur résultat sur un premier semestre depuis trois ans.
La suite de l’année permettra de mesurer si cette dynamique se confirme et si la hausse de la production restera suffisante pour accompagner à la fois la demande intérieure et les exportations.
Algerian Business suit de près l’évolution du secteur gazier algérien et les équilibres entre production, consommation intérieure et exportations.
Sources : Attaqa, JODI, Algérie Eco.



